L'exhumation du général Franco au cœur d’une polémique acharnée en Espagne

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En Espagne, un religieux s'oppose à l'exhumation de la dépouille du général Franco de son mausolée à El Valle de los Caídos. Le gouvernement ne jette pas l’éponge et compte faire pression sur l’épiscopat.

Le prieur du monastère bénédictin qui gère le mausolée de Franco en Espagne s'oppose à l'exhumation des restes du dictateur, a indiqué jeudi le gouvernement, assurant que cette obstruction n'empêcherait pas le transfert.

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«L'obstruction du prieur Santiago Cantera n'empêchera pas que le processus suive son cours», assure le gouvernement qui annonce qu'il fera appel aux supérieurs du bénédictin.

Il tente aussi de faire pression sur l'épiscopat en soulignant que «l'opinion publique pourrait considérer que l'église espagnole dans son ensemble cautionne le refus […] de la propre famille Franco».

Le socialiste Pedro Sanchez, arrivé au pouvoir en juin comme chef de gouvernement, a fait de ce transfert des restes de Franco dans un lieu plus discret une de ses priorités.

Mais les descendants du général — ses sept petits-enfants — ont déposé une série de recours en justice pour s'y opposer. Ils proposent de transférer la dépouille dans leur caveau familial dans la cathédrale de l'Almudena, au cœur de Madrid, ce dont le gouvernement ne veut pas entendre parler parce qu'elle y serait encore plus accessible qu'aujourd'hui.

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El Valle de los Caidos (la vallée de ceux qui sont tombés) est un mausolée pharaonique que le dictateur Francisco Franco, mort en 1975, avait fait construire à une cinquantaine de kilomètres de Madrid.

Vainqueur de la guerre civile sanglante et chef de l'Etat de 1939 à 1975, Franco avait décidé — au nom d'une prétendue «réconciliation» nationale — d'y transférer les restes de plus de 33.000 victimes nationalistes et républicaines du conflit, généralement sans même en avertir les familles.

En avril dernier, Santiago Cantera avait déjà refusé l'entrée du site aux techniciens chargés d'étudier si des victimes de la guerre civile pouvaient être exhumées. Une décision de justice l'avait finalement contraint à les laisser entrer.    

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