Vivre sans les idéaux du juche: quelle est la vie après la fuite de la Corée du Nord?

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Tandis que le monde a retenu son souffle en suivant avec appréhension le déroulement du conflit Washington-Pyongyang, certains Nord-Coréens osent quitter leur patrie à la recherche d’une meilleure vie. Mais que se passe-t-il après le passage de la frontière du sud du pays? Voici les exemples les plus marquants.

Seconde défection en un peu plus d'un mois et la quatrième de l'année: le jeudi 21 décembre a été marqué en Corée du Nord par la fuite d'un nouveau soldat vers le voisin du sud. En fait, c'est un épais brouillard sur la zone démilitarisée qui a aidé le militaire au «grade peu élevé» à faire défection et à échapper à la vigilance des patrouilles.

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Sa défection intervient après une autre, survenue le 13 novembre, celle d'un militaire nord-coréen près du village frontalier de Panmunjom. Cette fuite a fait couler beaucoup d'encre dans les médias du monde, notamment du fait que l'homme était infesté par des vers parasites géants.

D'après Séoul, plus de 880 personnes ont fui la Corée du Nord entre janvier et septembre 2017 pour s'installer dans le pays-voisin. Après toutes les péripéties rencontrées sur le chemin vers le Sud, quelle est la nouvelle vie menée par ce militaire et ses compatriotes qui ont choisi de fuir le régime de Kim Jong-un?

Approvisionné à vie avec ses biscuits préférés

Lors de sa fuite en novembre, le militaire Oh Chong-song, 24 ans, a été blessé par cinq balles de l'armée nord-coréenne. Le jeune homme a d'abord subi plusieurs opérations pour traiter ses blessures, avant d'être transféré dans un hôpital militaire pour se rétablir et guérir de ses infections, raconte l'agence Yonhap. Actuellement, il peut déjà se mettre debout et même marcher avec une aide.

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Selon son chirurgien Lee Cook-jong, l'ex-militaire souhaite devenir avocat. «Il a expliqué qu'au Nord, il ne pouvait pas étudier beaucoup à cause de son engagement militaire, a raconté le praticien. J'espère juste qu'il deviendra un bon citoyen, quel que soit le métier qu'il choisira», a-t-il déclaré, cité par News Today.

Outre les grands espoirs qu'il fonde pour sa nouvelle vie, l'un des rêves de Chong-song est déjà devenu réalité. À son réveil après la chirurgie, la première chose qu'il aurait demandée est un biscuit Choco Pie, allégorie du capitalisme aux yeux de la Corée du Nord. Prévenue de cette demande, l'entreprise productrice Orion a envoyé à l'ex-soldat 100 boîtes de ses friandises préférées et lui a même promis un approvisionnement à vie.

Fuir le régime pour pouvoir rapper

En juillet 2014, un candidat inhabituel a participé à un concours sud-coréen pour les rappeurs. Ce n'était autre qu'un transfuge de la Corée du Nord où la musique d'influence occidentale, en particulier le rap, est strictement interdite.

Kang Chun-hyuk, maintenant âgé de 31 ans, n'avait que 12 ans quand il a quitté la Corée du Nord pour atteindre la Chine en 1998 et la Corée du Sud trois ans plus tard. Selon Yonhap, Chun-huyk n'a pas prévu de devenir un artiste hip-hop. Ce genre musical était «juste un moyen pour faire connaître les terribles conditions des droits de l'homme dans le Nord».

Outre la musique, le jeune homme dénonce le régime nord-coréen à l'aide de fresques murales.

Le visage de la diplomatie nord-coréenne en fuite

Ancien numéro deux de l'ambassade nord-coréenne à Londres, Thae Yong-ho est passé au Sud l'année dernière. C'est l'un des transfuges nord-coréens les plus hauts gradés à avoir fait défection.

«Je ne voulais pas que mes fils mènent la même vie que moi», a déclaré le dissident à CNN.

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La chaîne a parlé à la famille de l'ex-diplomate, qui est restée en Corée du Nord, dans le cadre d'une interview organisée par le gouvernement. Sa sœur Thae Ok-ran a déclaré qu'elle voulait «l'avertir» que «toute la famille ne lui pardonnera pas».

Le frère de Thae, Thae Yong-do, a déclaré que Yong-ho avait fait honte à sa famille et qu'ils le considéraient comme rien de plus qu'un outil de propagande du Sud. «Si je ne lave pas ce péché par moi-même, mes fils et les générations suivantes devront travailler plus dur pour payer cela», avait-il déclaré à l'époque.

Actuellement, l'homme politique réside en Corée du Sud dont le gouvernement a confirmé que M. Thae et sa famille était sous leur protection. Avec le retour au premier plan de la crise nord-coréenne, il prend souvent la parole sur la scène internationale.

Adaptation à la vie en Corée du Sud

Nombreuses sont les sociétés qui aident les transfuges nord-coréens à s'adapter à la Corée du Sud. Créée en 2012, Mulmangcho est l'une des organisations axées sur l'intégration des réfugiés nord-coréens dans la société sud-coréenne. Comme objectif principal la société note l'éducation «pour donner à la prochaine génération de leaders les moyens de faire de la réunification une réalité».

Les participants du projet sont invités à prendre part à diverses activités, que ce soit les cours d'artisanat, les conférences, le chant ou le jardinage. Selon le site de l'organisation, les enfants et adolescents nord-coréens peuvent profiter de formations individualisées pour mieux s'adapter aux écoles sud-coréennes. 

Un programme de l'organisation ouvre même aux Nord-Coréens les portes de l'enseignement à l'étranger.

Les rêves brisés de la vie sans les idéaux du juche

Bien que plusieurs transfuges nord-coréens chantent les louanges de leur nouvelle vie en Corée du Sud, il en existent certain qui souhaiteraient revenir dans leur patrie.

Ayant fui le Nord en 2014, Kwon Chol-nam a déclaré se sentir traité comme un déchet dans le Sud, raconte le New York Times. Dans le Sud capitaliste, selon lui, les transfuges nord-coréens sont traités comme des citoyens de seconde zone.

«Ils m'insultaient, me traitaient comme un idiot, et ne me payaient pas autant que d'autres faisant le même travail, juste parce que je suis du Nord», avait déclaré M. Kwon.

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L'homme a essayé de trouver son propre chemin de retour vers le Nord, mais cet effort l'a mené à l'emprisonnement en Corée du Sud pendant quelques mois. Comme tous les déserteurs, il est devenu un citoyen sud-coréen en arrivant là, et il est illégal pour un Sud-Coréen de visiter le Nord sans la permission du gouvernement.

Pour appuyer sa demande de retour, il a tenu des conférences de presse, présenté des pétitions aux Nations Unies et manifesté avec des pancartes devant les bâtiments du gouvernement à Séoul.

«Dans le Nord, je ne serais peut-être pas riche, mais je comprendrais mieux les gens autour de moi et ne serais pas traité comme un déchet comme je l'ai été dans le Sud», a-t-il souligné.

Ainsi, la Corée du Sud est-elle vraiment un paradis de liberté pour les Nord-Coréens… n'est-elle que la promesse d'une désillusion?

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