Les réserves sous-marines en hydrocarbures en Méditerranée orientale sont-elles le nouvel eldorado? Les découvertes récentes ont été faites alors que la demande mondiale en gaz ne fera que croître dans les années à venir. Mais la présence dans le sous-sol du bassin méditerranéen de tels gisements modifient aussi les équilibres géostratégiques: les appétits d'Israël et de la Turquie mais aussi le poids à venir d'un pays comme l'Égypte en dépendent.
Francis Perrin, spécialiste à l'IRIS des questions énergétiques, dresse un état des lieux exhaustif des réserves de gaz de chaque pays côtier: « actuellement, deux pays qui sont producteurs de gaz naturel à partir de champs situés en Méditerranée orientale, au large de leurs côtes. C'est l'Égypte, c'est Israël ». Les autres pays, Chypre, Gaza, le Liban, la Turquie, la Grèce sont encore au stade du développement ou de l'exploration. Puis la Syrie « qui est hors-jeu du fait de la guerre ». Si Francis Perrin relativise l'ampleur des découvertes: « on n'est pas dans les ordres de grandeur de la Russie et du Qatar en matière de gaz », il estime que la Méditerranée orientale est devenue « une nouvelle province gazière».
Comment gérer ces ressources en hydrocarbures? Renaud Bouchard, économiste et doctorant à l'EHESS sur les questions des fonds souverains, affirme qu'Israël a « pris les devants en mettant en place […] son fonds souverain, c'est une mécanique financière qui est déjà parfaitement au point et qui est censée à la fin de l'année 2017 monter en puissance. Ils se sont inspirés en réalité des réussites du fonds norvégien ». M. Bouchard remarque qu'Israël se dirige ainsi vers une « économie entièrement fondée sur le gaz pour l'énergie et financièrement on va peut-être avoir dans le panel des fonds souverains, le deuxième État capable de gérer de manière très intelligente et très prudente. »
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