En Irak, les rescapées de Daech emprisonnées

© AFP 2022 DELIL SOULEIMANA displaced Syrian woman, who fled her hometown due to clashes between regime forces and the Islamic State (IS) group, stands outside a tent in Kharufiyah, 18 kilometres south of Manbij, on March 4, 2017.
A displaced Syrian woman, who fled her hometown due to clashes between regime forces and the Islamic State (IS) group, stands outside a tent in Kharufiyah, 18 kilometres south of Manbij, on March 4, 2017. - Sputnik Afrique
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A mesure que l'armée gouvernementale soutenue par la coalition américaine et les rebelles chiites libèrent de nouveaux territoires irakiens du joug de l’État islamique, des centaines de femmes et d'enfants qui ont échappé à la détention par les extrémistes reviennent chez eux pour retrouver une vie normale.

Les femmes yézidies capturées par Daech libérées par les forces armées irakiennes - Sputnik Afrique
Les femmes yézidies capturées par Daech libérées par les forces armées irakiennes
Mais dans leur ville natale, beaucoup reçoivent un accueil froid. Pendant que certaines, réduites en esclavage sexuel par les terroristes, reçoivent une aide dans les centres spéciaux d'assistance psychologique, d'autres se retrouvent en prison.

"Il faisait très froid dans la cellule, les toilettes ne fonctionnaient pas […]. Je voulais mettre fin à mes jours, je pleurais tout le temps en les suppliant de me laisser sortir", décrit Nadia, 22 ans, détenue dans une prison d'Erbil. Les 17 premiers jours de sa détention, elle a été placé à l'isolement pour lui faire avouer ses liens avec le groupe terroriste État islamique (Daech, interdit en Russie). La détenue n'a pas eu droit à un avocat et on l'empêchait de contacter la famille.

Nadia, qui a fui les terroristes de Daech, a été incarcérée à cause de deux photos retrouvées dans son téléphone par les combattants Peshmergas. Sur l'une d'elles son mari a une longue barbe et une arme à la main, sur l'autre elle a les cheveux détachés, est très maquillée et porte une casquette noire avec le drapeau de Daech. "C'était une plaisanterie, une stupide plaisanterie. La photo a été prise pour se moquer de Daech car ses membres estiment que les femmes ne doivent pas se maquiller mais avoir la tête couverte et cacher leur visage. Si les extrémistes avaient vu cette photo, ils m'auraient tuée immédiatement", explique la femme. Mais on ne l'a pas crue.

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La plus chère esclave sexuelle de Daech parle

Nadia a déjà passé un an derrière les barreaux, accusée d'avoir participé à l'activité du groupe terroriste. La jeune femme risque jusqu'à 15 ans de prison.

Plusieurs autres femmes sont en détention avec Nadia avec des chefs d'inculpation similaires. Selon les détenues, leur seul crime est d'avoir été prises en otages par Daech: les extrémistes les torturaient, les violaient et tuaient leurs proches et amis. L'une d'entre elles affirme qu'elle a été jetée en prison pour avoir vu une seule fois, pendant une fête familiale en 2002, un parent éloigné qui a ensuite adhéré à Daech.

Celles qui ont réussi à prouver leur innocence se retrouvent dans des centres spéciaux pour bénéficier d'une assistance psychologique.

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