Le journaliste français, détenu en Turquie et libéré, met les points sur les «i»

Le journaliste français Olivier Bertrand avait été arrêté en plein reportage en Turquie, le 11 novembre dernier. Finalement libéré et de retour en France, il parle des conditions de son travail dans le pays, ainsi que des problèmes de la presse turque, dans un entretien accordé à Sputnik.

Arrêté le 11 novembre dernier en Turquie, le journaliste français Olivier Bertrand a été ensuite détenu pendant deux jours. Puis, il a été libéré et a pu retourner en France. Pour lui, son arrestation et sa détention ont dévoilé les graves problèmes de la liberté de la presse en Turquie.

« Il est évident que je travaille avec beaucoup de précaution là-bas, notamment quand je rencontre certaines des sources qui pourraient être inquiétées si on savait qu'elles parlent à un journaliste occidental. Donc on est obligé d'être extrêmement prudent. J'ai rencontré certains de mes contacts avec de multiples précautions », raconte Olivier Bertrand dans un entretien accordé à Sputnik.

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Le journaliste français détenu en Turquie enfin libéré
Le journaliste précise qu'une autorisation est théoriquement nécessaire pour travailler dans certaines villes turques dont Gaziantep. Selon lui, de manière générale, les médias vont librement dans cette ville qui est d'ailleurs loin de la frontière syrienne. Alors il considère l'histoire de cette autorisation nécessaire plutôt comme un prétexte pour la police ou l'administration turque.

« Mon travail était sur l'école et sur la façon dont on essaye de scolariser les enfants syriens réfugiés, sur l'écho de la guerre à Alep pour les gens qui reviennent de cette ville et qui vivent à Gaziantep. Je n'étais pas là pour des enjeux géostratégiques essentiels », explique le journaliste français.

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La France réclame la libération de son journaliste détenu en Turquie
L'interlocuteur de Sputnik indique que les autorités turques ne comprennent pas la nécessité pour un journaliste d'interroger toutes les parties pour effectuer son travail. Selon lui, si un journaliste fait parler dans son article un membre ou proche de la confrérie Gülen ou d'une organisation kurde, ce journaliste sera considéré comme complice.

« Il est possible que le gouvernement turc ait voulu tout simplement envoyer un avertissement à la presse internationale : arrêtez de venir fouiller dans nos affaires, on a déjà emprisonné plus de 130 journalistes turcs, on ne va pas laisser la presse étrangère faire le travail qu'eux, ils ne peuvent plus faire », déclare le journaliste.

Par ailleurs, pour l'interlocuteur de Sputnik, ce n'est pas la seule hypothèse. Il n'exclut pas que ses papiers précédents parlant de Gülen soient à l'origine de l'affaire, quand le ministre de l'Intérieur lui a reproché de venir semer l'agitation dans le pays. De manière générale, le journaliste estime qu'il y a une culture de la presse qui disparait actuellement en Turquie.

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