Créer une armée commune est le destin de l'UE, qui doit garantir elle-même sa sécurité, mais il est peu probable que Washington accepte un tel changement de l'architecture sécuritaire, a déclaré à Sputnik Aleksandar Radic, analyste militaire de Belgrade.
« On peut bien imaginer l'existence d'une armée de l'UE au sein de l'Otan, mais ce projet aura sans doute des ennemis — les Américains et une grande partie des pays de l'Europe de l'Est qui s'appuient sur Washington (…). Il est impossible d'imaginer que Washington accepte l'apparition d'un partenaire européen fort au sein de l'Otan, parce que cela changera l'architecture de la sécurité de la civilisation occidentale », a indiqué M. Radic, commentant le projet européen de création d'une armée commune.
Protégée par une armée commune, l'UE pourra se montrer unie et garantir sa sécurité sans confier cette mission à l'Alliance, d'après l'analyste.
L'Allemagne et la France ont été les premiers pays européens à œuvrer pour la réalisation de ce projet en formant une unité conjointe. Cette coopération peut être considérée comme une Otan parallèle au sein de l'Alliance, estime M. Radic.
« L'Alliance réalise les ambitions européennes de manière efficace, mais elle constitue un obstacle pour la création d'une armée européenne qui entraînerait la révision du rôle politique de l'Otan », a précisé l'analyste.
D'ailleurs, la mise en place de l'armée européenne est une affaire de longue haleine et les pays européens doivent continuer de collaborer avec l'Otan en se préparant à réaliser leur propre projet militaire.
« Il faut des décennies pour formuler une idée claire et nette sur la réunification des forces européennes, la coopération dans le cadre de l'Otan serait la meilleure préparation à la mise en place des futures troupes », a conclu M. Radic.