Les deux journalistes, qui étaient soumis à une poursuite judiciaire depuis avril 2015, ne veulent cependant pas céder dans cette série d'attaques effectuée dans leur pays contre la liberté d'expression et les principes de laïcité.
Selon M.Cetinkaya, la décision prononcée par la cour révèle l'importance décisive du problème des violations de la liberté d'expression en Turquie. Il estime que dans cette situation, la reproduction de la caricature en solidarité avec les journalistes français ne représentait aucune menace pour l'ordre social. Par contre, elle a nui à sa propre sécurité, affirme le journaliste.
"Je ne comprends pas ce qu'ils attendaient de moi. Que je dise que je n'avais pas écrit cet article qui était signé en mon nom, que c'était une erreur? Que je vais m'excuser, que je vais promettre de ne plus me comporter comme ça et de me conduire comme un écolier attentif? Jamais dans ma vie, moi, je n'ai rejeté mes principes et je n'ai trahi ma profession", déclare M.Cetinkaya.
Mme Karan estime pour sa part que la décision de la cour a démontré, une fois de plus, que les idées de l'islam politique ne réservent pas de place pour les libertés d'expression et des médias.
"C'est une expression de la tactique de pression, de faire peur aux citoyens qui se prononcent pour la Turquie laïque et pour les valeurs républicaines. Nous n'avons pas peur, nous n'avons pas à en être effrayés, parce que nous n'avons rien fait de honteux", souligne l'interlocutrice de Sputnik.
M.Abakay va encore plus loin dans ses déclarations. Selon lui, le procès actuel montre que le système judiciaire turc et ceux qui ont porté plainte contre les journalistes, saluent l'attaque terroriste contre le journal Charlie Hebdo. Donc, la décision prononcée montre un soutien apporté à cet attentat.
Les caricatures de Charlie Hebdo avaient été reproduites le 14 janvier 2015 dans le quotidien Cumhuriyet, en solidarité avec les journalistes français, victimes de l'attaque terroriste. La publication avait suscité la polémique dans la société turque.