Comment expliquer cette soudaine reconnaissance du rôle clé de la Russie dans la lutte contre le terrorisme, de la part du président de l'Assemblée Parlementaire du Conseil de l'Europe, au sein de laquelle les actions de la Russie sont suspendues? Le député LR Damien Abad, membre de l'Assemblée parlementaire, commente:
"C'est une reconnaissance pour le moins tardive et c'est vrai, assez paradoxale. Je n'ai jamais compris pourquoi on avait suspendu les voix et les actions de la Russie. On ne peut pas avoir une politique diplomatique à la carte: soit on fait de la realpolitik, soit on en fait pas. Mais quand on voit que finalement pour la Russie on est dans la suspension de vote et pour d'autres pays où il y autant de difficultés, voire plus, en terme de droits de l'homme, de droits politiques ou sociaux, on a beaucoup plus de mansuétude et ce n'est pas très compréhensible. Il y a une prise de conscience du rôle clé de la Russie dans le combat contre le terrorisme mais elle est un peu tardive et à contretemps."
En 1996, nous sommes entrés dans le Conseil de l'Europe, parce qu'on avait le désir de souligner notre appartenance au continent européen. Cela faisait partie de nos relations avec l'Union Européenne et avec ses pays-membres en tant que « confirmation » de notre identité européenne. A partir de là, cela nous donne une possibilité de relation plus étroite avec des cercles politique d'Europe. Cela nous offre une certaine plateforme pour avancer nos idées. Ainsi, si nous voulons avoir de bonnes relations avec l'Europe, cette participation au Conseil de l'Europe est assez logique.
"APCE ne peut exclure aucun état de l'Assemblée Parlementaire, cette possibilité n'est pas prévue. Seule chose qu'elle peut faire: c'est ne pas autoriser le travail d'une délégation de tel ou tel pays pour la durée d'un an. D'ailleurs, cette décision n'a pas été prise à notre encontre ni en 2014, ni en 2015, on pouvait continuer à participer aux sessions mais avec certains délimitations des droits. C'était la raison pour laquelle nous-mêmes avions refusé ces conditions de la participation."
La Russie pourrait regagner ses voix et actions au sein de l'Assemblée parlementaire du Conseil de l'Europe en octobre 2016: les législateurs russes pourraient revendiquer leurs droits après les élections au sein de la Duma en septembre. La Russie fait partie des pays dont la contribution financière est la plus importante, parce que calculé au prorata de la population du pays membre. Cet apport correspond à environ 9% du budget de l'APCE: sa délégation parlementaire est donc aussi une des plus importantes.
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