Cette déclaration a surpris de nombreux observateurs, car les derniers changements au gouvernement palestinien semblaient indiquer que l'homme politique de 80 ans s'apprêtait à prendre sa retraite.
Le dirigeant palestinien a qualifié son futur voyage de "visite dans un pays fraternel". "Nos relations n'ont pas toujours été très bonnes avec ce pays", a déclaré Abbas, faisant allusion au soutien apporté par l'Iran au Hamas — éternel concurrent de l'OLP. Et d'ajouter: "Cependant, nous avons une ambassade à Téhéran et ils (les Iraniens) nous reconnaissent". L'ambassadeur de Palestine en Russie a déclaré hier que Mahmoud Abbas se rendrait prochainement à Moscou. Néanmoins, les médias relèvent surtout qu'Abbas ne compte pas effectuer ces visites à titre privé.
La nomination de Saïb Arikat à un tel niveau de responsabilité est analysée par les experts arabes et israéliens comme un signe montrant qu'Abbas aurait peut-être choisi la candidature de son successeur et s'apprêtait à démissionner. Certains médias ont même annoncé qu'Arikat était déjà le dirigeant de la Palestine. Cette confusion est due à la terminologie. Dans les médias, Abbas est fréquemment mentionné comme secrétaire général du comité exécutif de l'OLP, bien que sa fonction d'État se traduise correctement comme "président de l'administration de l'Autorité palestinienne" (poste qu'il occupe depuis la mort de Yasser Arafat en 2005), et sa fonction politique comme "président du comité exécutif de l'OLP".
Abbas a donc quitté le poste de président du comité exécutif et avec lui, neuf autres membres de la direction politique ont démissionné. Un tel tournant conduit automatiquement à la réunion d'une session extraordinaire du Conseil national palestinien pour élire le nouveau chef du comité exécutif de l'OLP, avec la participation de 18 personnes. La dernière élection de ce genre remonte à 1996. Après cette élection, on saura enfin si Abbas quittera vraiment la vie politique.