Plusieurs agriculteurs ont pris part aux manifestations en exigeant du gouvernement de faire remonter les prix d'achat des produits agricoles.
La nuit de colère, organisée principalement par deux syndicats d'agriculteurs, a dégénéré avec des incidents et des dérapages enregistrés dans plusieurs villes de la région Bretagne.
Quand le signal fut donné, des centaines d'agriculteurs ont commencé à bloquer les routes avec des tonnes de paille et à brûler des pneus. La police a constaté des cas d'attaques de supermarchés et des voitures des forces de l'ordre. Des manifestants ont également marqué des slogans de protestation contre la politique agricole du gouvernement sur les murs de bâtiments.
Les éleveurs ainsi que les producteurs de lait estiment que les prix actuels de la viande, notamment de proc et de bœuf, et du lait ne leur permettent pas de couvrir leurs coûts de production. Ils dénoncent également la non-application de l'accord adopté en juin par le ministère de l'Agriculture, selon lequel les prix de la viande devaient monter de 5 centimes par semaine.
"Comment ne pas se sentir trahis alors que tous les intermédiaires et les distributeurs, en présence du ministre, ont juré, la main sur le cœur, que les producteurs seraient mieux payés demain", a commenté jeudi auprès de l'AFP Jean-Paul Goutines, président de la FNSEA (syndicat majoritaire des exploitants agricoles) de la région Pays de la Loire.
Selon les syndicats, les revenus moyens des éleveurs sont inférieurs à 12.000 d'euros par an. Plusieurs agriculteurs travaillent sans avoir la possibilité de prendre un congé. Certaines familles éprouvent des problèmes de paiement pour l'éducation de leurs enfants.