Crash à Kazan : premiers résultats de l’enquête

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Le Comité interétatique d'aviation (MAK) a décrypté et publié les données de l'enregistreur paramétrique du Boeing 737-500 qui s'est écrasé le 17 novembre à Kazan, dans la république russe du Tatarstan, écrit mercredi le quotidien RBC Daily.

Le Comité interétatique d'aviation (MAK) a décrypté et publié les données de l'enregistreur paramétrique du Boeing 737-500 qui s'est écrasé le 17 novembre à Kazan, dans la république russe du Tatarstan, écrit mercredi le quotidien RBC Daily.

D'après ces informations il ressort que les moteurs de l'avion fonctionnaient jusqu'à ce que l’appareil percute le sol. "D'après les résultats préliminaires de l'analyse, aucune commande entraînant un dysfonctionnement des systèmes, des équipements ou des moteurs de l’avion n'a été découverte ", annonce le MAK.

Les experts ont établi qu'au moment d’approcher la piste d’atterrissage l'équipage n'a pas réussi manœuvrer conformément à la procédure réglementaire. Après avoir estimé que la position de l'avion par rapport à la piste d'atterrissage était incorrecte, les pilotes en ont informé le contrôleur aérien avant d'entamer un second tour en régime TOGA (take off / go around). "L'un des deux pilotes automatiques enclenché pendant l'approche a été déconnecté. La suite du vol s’est déroulé en régime manuel", annonce le rapport du MAK.

Les moteurs de l'avion sont ensuite montés en régime, pour atteindre le nombre de tours qu’ils enregistrent normalement au moment d'un décollage. "L'équipage a modifié l'angle des ailerons en les inclinant de 15° au lieu de 30°. L'avion s'est cabré sous l'effet de la poussée des moteurs en commençant à prendre de l'altitude, et le tangage est arrivé jusqu'à 25° environ", explique le rapport. "La vitesse anémométrique a commencé à diminuer et l'équipage a rentré le train d'atterrissage", précise le MAK en ajoutant qu'avant de partir pour leur second tour l'équipage n'avait entrepris aucune des actions nécessaires pour contrôler le volant dirigeant l'avion.

En réduisant la vitesse de l’avion de 150 à 125 nœuds, l'équipage a commencé à mettre l’appareil en piqué, "après quoi l’avion a cessé de prendre de l'altitude, a commencé à descendre et sa vitesse anémométrique s'est mise à augmenter", selon le rapport. Les spécialistes remarquent que les angles d'attaque maximaux pendant le vol n’avaient pas dépassé les limitations réglementaires. A 700 mètres d'altitude, l'avion s'est mis en piqué avec un tangage atteignant 75° à la fin du vol. L'avion a percuté le sol à plus de 450 km/h avec un tangage négatif très important.

Le 17 novembre 2013 à 19h25 heure de Moscou, les 44 passagers et 6 membres d'équipage ont trouvé la mort au Tatarstan dans cet avion Boeing 737-500 en provenance de Moscou (Domodedovo) et à destination de Kazan, pendant l'atterrissage. Une enquête pénale a été ouverte pour violation des règles de sécurité ayant entraîné la mort de deux individus ou plus. A l'heure actuelle, plusieurs versions des faits sont examinées, y compris le dysfonctionnement technique, l'erreur de pilotage ou encore les conditions climatiques défavorables.

Plus tôt aujourd'hui, il a été annoncé qu'en reprenant de l'altitude pour son deuxième tour l'avion avait perdu de la vitesse. "L'avion a percuté le sol pratiquement sans vitesse en translation", a déclaré Alexandre Neradko, directeur de l'Agence fédérale russe des transports aériens Rosaviatsia. Selon lui, les moyens de contrôle objectifs ont déjà confirmé qu'en partant pour un second tour et en reprenant brusquement de l'altitude l'avion avait perdu de la vitesse en translation et s'était écrasé sur le terrain d'envol. D'après Aksan Giniatoullin, directeur général de la compagnie aérienne Tatarstan Airlines, le commandant de bord du Boeing 737-500 n'avait encore jamais effectué la manœuvre de départ pour un second tour en conditions réelles. "Je pense qu'il ne l'avait jamais effectuée", a-t-il répondu aux journalistes lors d'une conférence de presse. Aksan Giniatoullin a également souligné que le commandant de bord avait déjà effectué 1 000 de vol de nuit.

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