Le trépied qui tient les institutions de la Ve République est instable

Le trépied qui tient les institutions de la Ve République est instable
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Suite aux nombreux mouvements de protestation qui touchent les différentes régions françaises, Christian Jacob chef de fil de l’UMP à l’Assemblée nationale a vivement critiqué le président Hollande et son premier ministre Jean-Marc Ayrault.

Le député UMP n’a pas lésiné sur ces propos, traitant le pouvoir en place d’impuissant et d’usé. Christian Jacob député maire de Provins et président du groupe UMP nous a expliqué pourquoi il a tenu ces propos et nous a raconté quelle réaction il espérait de la part du gouvernement.

La Voix de la Russie. Qu’est ce qui vous a poussé à critiquer le gouvernement et notamment Jean-Marc Ayrault de façon si dure et si ouverte ?

« C’est tout simplement la situation politique dans laquelle nous sommes. Le principe de la cinquième république, c’est un président qui définit un cap, un gouvernement qui gouverne et qui gère la France et une majorité qui soutient ce gouvernement, c’est comme ça que marche la cinquième république. Aujourd’hui on a un président de la république qui ne donne plus aucun cap sur rien, ce qui se traduit par un gouvernement fantôme ou aux abonnés absents, qui sont souvent très divisés entre eux, on l’a vu à plusieurs reprises et une majorité qui est en train de se fissurer complètement. Moi je mets au défi le premier ministre de faire un discours de politique générale et de recueillir un vote de confiance au parlement. »

LVdlR. Comment avez vous accueilli sa réaction, est-ce que c’est ce que vous attendiez ?

« Sa réaction n’avait aucun sens, puisqu’il a parlé de légitimité de l’élection du président de la république, mais ce n’est pas ça que l’on remet en cause, ce que l’on remet en cause, c’est que depuis 18 mois la colère monte dans toutes les régions de France, monte dans toutes les catégories socioprofessionnelles, 91 % des Français sont opposés à la politique menée par le gouvernement, le président de la république n’a plus que 20-21 % des Français qui le soutiennent y compris dans les rangs de gauche, il y a une majorité qui conteste son action. On n’est pas en train de discuter la légitimité d’une élection qui s’est faite il y a 18 mois, mais sur le fait qu’il n’y a pas de cap, il y a de la colère qui monte partout, parce que les Français ne supportent plus d’être matraqués d’impôts, d’avoir une augmentation de la dépense publique et comme seul politique de l’assistanat. »

LVdlR. Jean-Marc Ayrault a dit que son vote de confiance serait le vote du budget de 2014, est-ce que vous avez une opinion sur ce budget ?

« Le budget on le conteste complètement parce que c’est un budget de matraquage fiscal sans précédent, en 18 mois ce gouvernement aura mis 55 milliards d’impôts de plus sur la tête des Français. A titre de comparaison c’est comme si l’on doublait l’impôt sur le revenu. Mais un vote de confiance ce n’est pas ça, un vote de confiance c’est qu’il fasse un discours de politique générale, donc aussi bien sur la politique économique, budgétaire, sociale, de défense de sécurité, de justice pour voir si aujourd’hui il est capable d’avoir une majorité au sein du parlement pour le soutenir et je n’en suis pas du tout convaincu. »

LVdlR. Vous pensez que la solution c’est le départ de Jean-Marc Ayrault ?

« Une vraie solution c’est un changement de cap et la création d’un vrai cap par le président de la république, de stopper ce matraquage fiscal et cette augmentation permanente de la dépense publique, c’est cela qu’il faut et ensuite ça se traduit effectivement par un changement du gouvernement. Mais c’est d’abord au président de la république de l’incarner par un changement complet d’orientation politique.»

LVdlR. Vous pensez que la dissolution du gouvernement va vraiment arriver ? Ce changement de cap, c’est une idée que partage beaucoup de partis politiques et pas seulement de la droite, cette idée a été évoquée par le Parti communiste, le Front de Gauche, donc tout le monde demande à ce gouvernement de changer de cap ?

« Ce sont surtout les Français, quand vous avez une politique menée, qui est condamné par 91 % des Français, ça n’est pas rien. Il y a vraiment cette nécessité, mais ça relève d’une décision du président de la république. »

LVdlR. Vous dites qu’il y a une crise institutionnelle, qu’est ce que cela veut dire ?

« Cela veut dire que le trépied sur le quel s’appuient les institutions de la cinquième république : un président qui fixe le cap, un gouvernement qui gouverne et une majorité qui soutient ce gouvernement, aucune de ces trois conditions n’est réunie aujourd’hui. Il faut un président qui indique clairement la direction, un gouvernement qui avance en serré et une majorité, qui le soutient. »

LVdlR. D’un autre coté est ce que ce n’est pas mieux pour vous ? L’instabilité du gouvernement de gauche donne plus de crédit à l’UMP et à la droite non ?

« L’intérêt est de remettre le pays sur les rails, pour que la France puisse bénéficier de la croissance qui est en train de revenir. Aujourd’hui les entreprises sont paralysées, ce qui est en train de se passer avec l’augmentation des charges, des impôts, des dépenses publiques, fait que l’on a des entreprises complètement asphyxiées et qui n’arrivent pas à capter quelques points de croissance. L’essentiel est bien là mais ça on ne peut pas le faire tant que l’on est sur une orientation politique comme nous le sommes. » T

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