Le printemps français : un nouvel éveil anti-soixante-huitard ?

Le printemps français : un nouvel éveil anti-soixante-huitard ?
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Quand l’injustice devient loi, la résistance devient un devoir. Cette phrase était inscrite sur la banderole commune de deux syndicats des enseignants du primaire et du secondaire, DOE et OLME, lors d’une manifestation qui a eu lieu le 12 mai en Grèce. La résistance est un devoir. L’indifférence est synonyme de collaborationnisme.

Cette prise de conscience du peuple grec opprimé par la catastrophe sociale que lui fait subir le PASOK (Parti socialiste panhellénique) depuis 2009 coïncide avec un mouvement de fond profondément résistant que nous connaissons déjà bien, qui est le Printemps Français, et qui, gagnant de l’ampleur, fait bouger les plaques tectoniques du politiquement correct. Les premiers prisonniers politiques de la Hollandie ont accéléré le processus de désintoxication, car il faut bien des gens de l’acabit d’un Nicolas Buss qui assumeraient les premières décharges quitte à en souffrir tant dans leur âme que dans leur corps.

Parlant de Printemps Français, un printemps orageux comme le qualifient certains présentateurs inquiets du succès de l’entreprise, on peut bien se demander si, par effet de boumerang, il ne s’agirait pas d’une réponse très attardée au printemps 68 quand l’avenir semblait bien plus doux derrière les barricades, que le nihilisme ambiant semblait être une puissante alternative aux injonctions rébarbatives de la « vieille » déontologie. L’imagination prend le pouvoir, s’exclamait-on alors, sans bien comprendre que l’imaginaire populaire apparenté au subconscient collectif est bien plus lourd de conséquences que l’imaginaire philosophique de M. Lacan tel qu’il fut décrit dans les cours en amphi de la Sorbonne. Vivre sans temps mort et jouir sans entrave ! Voici un autre mot d’ordre assez abstrait puisque la jouissance sans entrave en tant que réalité abstraite prête à diverses interprétions. Enfin, comment oublier cette fameuse phrase de M. Sartre, extraite d’un discours Rue Bonaparte : il y a cinquante ans que le peuple et les intellectuels sont séparés. Il faut qu’ils ne fassent qu’un. Belle phrase, à la vérité, dont on voit les effets aujourd’hui.

Un peuple zombifié qui a peur de se prononcer. Des organisations dissidentes qui pourtant ne font que dire des choses évidentes mais qui ont tous les médias de la « pensée gauchiste » à leurs trousses. Un peuple divisé, morcelé, avec des Français qui croient « faire bien » en dénonçant toute forme de patriotisme comme ils auraient dénoncé les pires expressions du fascisme. Des Français revêtant cet état d’âme presque incurable qui est le je-m’en-foutisme, préférant payer consciencieusement les impôts qu’ils doivent à la République sans trop se demander qui régit, à l’heure actuelle, cette République. Des Français résistants qui doivent se justifier devant le pouvoir et leurs semblables essayant de se démarquer de tout mouvement dit rebelle, donc, aberrant. Hélas, Sartre avait manqué de lucidité. La cause qu’il avait soutenue en 42-45 n’avait rien à voir avec celle qu’il entendait soutenir peu avant sa mort. En réalité, il n’y avait plus aucune cause. Comme l’avait noté Marcel de Corte, penseur belge ayant si bien adapté le thomisme aux enjeux de la modernité, le mal, c’est le vide. Par conséquent, le vide, le nihilisme et tout ce qu’il sous-entend, c’est la mal.

Le Printemps Français, mouvement républicain rassemblant ceux qui tiennent encore à la France souveraine, judéo-chrétienne et traditionnelle, se présente justement en antidote de ce mal tentateur qui, une fois partagé, fait de nous des suicidaires.

Pour reprendre l’expression de Jacques Philarcheïn (cf. Riposte laïque) d’une façon paradoxale, l’excès de libertés a fait de l’homo sapiens une espèce d’homme-masse. Ce dernier se croit en démocratie et s’en targue. Il n’a pas conscience du fait que l’hyper-démocratie dissimule l’hyper-accomplissement du totalitarisme. Quiconque veut lui prouver le contraire est aussitôt vilipendé, diabolisé, flanqué dans la liste noire des ennemis de la démocratie. Si le Printemps Français a aujourd’hui sa raison d’être, c’est bien qu’il est temps de combattre l’opportunisme cynique d’une certaine fraction élitiste servant une idéologie obscure dont elle est seule détentrice. C’est bien qu’il est temps de remettre les pendules à l’heure en s’en prenant non pas à l’islamisation massive de la France, symptôme du malaise européen, vide civilisationnel dans le contexte de notre civilisation à nous, mais bien aux raisons profondes de ce malaise, à sa personnification qui jouit sans trêve du pouvoir contre le peuple qu’elle est censée représenter. C’est bien, enfin, qu’il est temps de remédier à ce que M. Philarcheïn qualifie d’ « immunodéficience intellectuelle et morale » de l’homme-masse, car le sida social, ça devrait pouvoir se soigner.

Naturellement, comme tout mouvement récent, le Printemps Français (PF) suscite un certain nombre de questions, voire de réactions critiques de la part de celles et ceux qui cependant soutiennent les thèses auxquelles celui-ci fait appel. Je pense notamment à l’article de Mme. Christine Tasin, Présidente de Résistance Républicaine, intitulé « Pourquoi le Printemps français est-il voué à l’échec ? », où elle reproche au PF de trop se focaliser sur des problématiques sociales secondaires telles que le mariage pour tous en se ralliant de la sorte, involontairement, à des mouvances pro-islamistes et antirépublicaines. Des arguments à méditer …

Voici maintenant, ci-dessus, des extraits de l’intervention de M. Louis-Benoît Greffe, historien, journaliste indépendant, qui s’est prononcé la veille sur le PF.

LVdlR. Deux articles sont récemment parus sur la politique menée par le PF. L’un a été publié sur Riposte laïque, l’autre sur Boulevard Voltaire. Selon Christine Tasin, Présidente de Résistance Républicaine, il n’y aura jamais de révolution en France sans Reconquista, le PF sera de toute façon voué à l’échec s’il persiste à ne se focaliser que sur des problèmes sociaux secondaires au lieu de s’en prendre à l’islamisation de la France. En revanche, il y a un certain Jacques Philarcheïn qui ne partage guère cette vision croyant que l’islamisation de la France découle de l’opportunisme irresponsable des dirigeants et, d’une façon plus générale, de la médiocrité civique de ce qu’il appelle l’homme-masse. Selon lui, le PF a beaucoup plus d’avenir qu’on ne pourrait le supposer puisqu’il sous-tend le réveil national qui s’annonce partout dans le pays. Que pensez-vous de ces deux thèses ?

Louis-Benoît Greffe.Pourrépondre à cette question, il faudrait déjà dire ce qu’estlePF. Le PF, c’est simple. Il y a une marque déposée. Il y a un site internet. Il y a une petite équipe restreinte autour de Béatrice Bourges. Il y a des responsables en région. Après, l’activité dépend des gens qui sont sur place. Donc, dans certains départements comme la Vendée, le Morbihan ou la Bretagne en général, le mouvement est hyperactif. Autour de Versailles, pareil. Même dans le Loiret, c’est assez actif. En revanche, dans d’autres départements, on doit constater que l’affaire est carrément morte. Voilà ce qu’il en est de la situation matérielle. En dehors de cela, il y a un nombre de réflexions relativement antagonistes, ça dépend dans quel sens souffle le vent. Les gens qui réfléchissent sont plutôt sur Paris … Ils sont très gentils de réfléchir mais ils sont trop souvent en déconnexion avec ce qui se passe. Je m’explique. Il y a des gens qui disent « Le PF ne va pas réussir parce que, le principal, c’est l’islamisation de la France ». Puis il y en a d’autres qui répliquent : « Le PF va réussir, parce que, le principal, c’est la corruption de nos dirigeants ». De ce côté-là, ils ont tous les deux tort et raison. Je m’explique. Il existe deux grandes questions qui se posent devant le PF. La première est de savoir comment intégrer ces immigrés dont il est question parce qu’ils représentent en France près de 20% de la population en mélangeant la première et la deuxième génération. Les immigrés extra-européens représentent entre 10 et 15 % de la population, ce qui est considérable. La deuxième grande question qui se pose est de savoir comment intégrer des gens qui ne sont pas catholiques militants, qui ne sont pas dans la lutte attendant que la tempête passe. La réponse se révèle à chaque fois difficile mais ce ne sont pas ces deux questions qui devraient se poser en priorité. Le vrai problème, en réalité, auquel se heurte le PF, il est double. D’une part, le PF est essentiellement constitué de gens que l’on pourrait appeler des bourgeois … Il s’agit de cette France tranquille, de cette France qui a l’habitude de payer ses impôts « en se la fermant », de cette France qui n’est pas rompue aux révolutions, loin de là, qui a tendance à renoncer à tout acte révolutionnaire dès qu’il s’agit de passer son BAC ou faire bronzette à la plage, ce qui fait qu’on peut se demander si le PF va survivre à l’été. Bon, il va sûrement survivre à l’été puisqu’il y a plein d’échéances en automne, avec la PMA, la GMA et compagnie, mais il faut bien se dire que c’est le gouvernement qui aide le PF à survivre puisqu’il continue à promouvoir des lois sociales complètement secondaires alors que la France est plongée dans la crise. L’autre problème dont devrait tenir compte le PF, c’est qu’il est extrêmement focalisé sur le mariage homosexuel et les questions sociales. C’est normal, c’est son cœur d’activité. Ceci étant, il ne fait pas de liaison avec d’autres problèmes posés par l’élite dirigeante, totalement déconnectée des réalités et qui aujourd’hui est en train de noyer le pays dans la crise, d’hypothéquer son avenir etc. L’hypersocialisation du PF donne bien des soucis en fissurant déjà le mouvement qui est impulsé par des gens qui, pour une grande majorité, viennent de l’ouest de la France, notamment de la Bretagne, cela pour la simple et bonne raison que nous avons une tradition. Pour nous, ici, la République rime avec les curés qu’on a assassinés sous la Révolution, les colonnes infernales, les brimades culturelles et linguistiques, la filiation républicaine dans l’injustice comme je l’écrivais dans Breizh Journal le 25 mai dans un article qui s’appelle « Printemps français, réveil Breton ». Cette filiation républicaine dans l’injustice, disais-je, est l’imposition de projets qui sont souvent des choix de société révoltants rejetés par la Bretagne et les territoires de l’Ouest, endroits réveillés au sentiment d’injustice, en opposition perpétuelle contre les abus du pouvoir central (…). Cette prégnance bretonne dans la lutte amènera à un moment ou un autre le PF à s’extraire de son centrage sur les problèmes de société, de sortir quelques pièces du puzzle pour s’opposer au puzzle tout entier, car ce n’est pas seulement une société de la PMA-GPA qu’on nous impose, c’est une société qui aliène, une société où l’inversion des valeurs fait partie du quotidien, une société déconnectée des réalités (…).

LVdlR. Sur la page facebook du PF on peut voir, en exergue, cette réflexion d’Alexandre Soljenitsyne : « Lorsque le hommes tournent le dos au mensonge, le mensonge cesse purement et simplement d’exister ». Qui est-ce qui ment, à l’heure qu’il est, en France ?

Louis-Benoît Greffe. Tout le monde ment (…). Oui, il y a un mensonge d’Etat. Mais il y a aussi, au fur et à mesure, grâce à cette nébuleuse qui est autour du PF, des médias qui commencent à donner une alternative aux Français pour tourner le dos au mensonge, parce qu’il n’y a pas de médias indépendants en France. Tous les médias qu’ils soient internet ou pas reçoivent de l’aide de la part de l’Etat qui leur distribue un milliard d’euros en guise de soutien. Même Mediapart en recevait un peu il y a quelques années, ce qui n’est plus le cas cette année, ce qui fait qu’il est redevenu indépendant. Sinon, Le Figaro, par exemple, c’est quinze millions d’euros de subvention par an, c’est énorme ! L’Humanité, journal communiste, c’est 32 centimes de subvention pour 1,40 euros, prix de ce journal. Ce sont donc des publications qui sont soutenues, à bout de souffle, par l’Etat qui ainsi achète la paix sociale et distribue de l’argent aux syndicats. Maintenant, autour du PF, il y a des sites d’information indépendants et je peux vous en citer quelques uns (…) : La Table Ronde qui est animé par plusieurs bloggeurs indépendants, Agence Bretagne Presse (écrit et en breton et en français), Le Rouge et le Noir, Le Nouvel Arbitre (l’animateur est parisien), Le Bréviaire des Patriotes (…), Riposte-catholique (site d’informations essentiellement religieuses) et, en partie, Breizh Journal dans le contexte du PF, parce que Breizh Journal a écrit plusieurs articles (…). Pareil pour Scoop Itqui contient un Scoop It intitulé le PF et qui permet de connaître en temps réel les actions des Veilleurs et autres mouvements identitaires … » (…).

 

Le PF a encore bien du chemin à faire. Dressez-vous, dressez-vous ! Jusqu’à ce que les agneaux deviennent des lions. Cet appel de Robin des Bois pourrait s’adresser à n’importe quel Français, car, devant l’Apocalypse, il n’y a pas de compromis possible.

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