Les rebelles syriens reçoivent les armes promises

La crise syrienne qui dure depuis plus de deux ans s'est définitivement propagée au Liban. Pendant ce temps l'Onu, les USA et la Russie ont terminé le deuxième cycle de négociations pour la préparation de "Genève 2", la Conférence internationale pour la Syrie, tandis que le conflit continue à prendre de l'ampleur dans la région, écrit mercredi le quotidien Nezavissimaïa gazeta.

La crise syrienne qui dure depuis plus de deux ans s'est définitivement propagée au Liban. Pendant ce temps l'Onu, les USA et la Russie ont terminé le deuxième cycle de négociations pour la préparation de "Genève 2", la Conférence internationale pour la Syrie, tandis que le conflit continue à prendre de l'ampleur dans la région, écrit mercredi le quotidien Nezavissimaïa gazeta.

Les vice-ministres russes des Affaires étrangères Mikhaïl Bogdanov et Guennadi Gatilov, la sous-secrétaire d'Etat américaine Wendy Sherman et la conseillère par intérim du secrétaire d'Etat Elizabeth Jones ont participé au nouveau cycle de négociations trilatérales avec l'émissaire de l'Onu et de la Ligue arabe Lakhdar Brahimi.

Cette réunion de préparation à Genève 2 s'est tenue dans un nouveau contexte politique. Wendy Sherman s'est entretenue avec Bogdanov et Gatilov conformément à l'accord Lavrov-Kerry. Quelques jours plus tôt, les Etats-Unis avaient décidé de livrer des armes aux rebelles syriens ; ils étudient actuellement la possibilité d'instaurer une zone d'exclusion aérienne ; et le secrétaire d'Etat John Kerry condamne la position de la Russie. Lors de la réunion des "Amis de la Syrie" samedi dernier au Qatar, il a accusé Moscou de faire escalader la guerre civile et a appelé les "Amis" à aider les rebelles. Bachar al-Assad ne jouera "aucun rôle" dans le gouvernement de transition qu'il est prévu de mettre en place à l'issue des négociations de paix, annonce le communiqué de Doha.

Commentant la tactique contradictoire de Washington, le ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov a déclaré : "Nous voudrions comprendre si les USA sont vraiment cohérents quand ils veulent réunir une conférence sur la Syrie".

Onze pays membres du groupe des "Amis de la Syrie" promettaient d'accroître leur aide - y compris militaire - au profit de l'opposition syrienne et cinq sont prêts à le faire dès à présent. La Coalition nationale des forces de l'opposition et de la révolution attend donc des armes dès la semaine prochaine. "Etant donné que nous ne pouvons pas recevoir d’armes depuis le Liban en raison de la présence du Hezbollah, ni depuis l'Irak, nous espérons recevoir ces livraisons via les frontières nord et sud de la Syrie", a déclaré à la presse turque le représentant de la Coalition de l'opposition en Turquie, Khaled Hoya. La frontière nord est celle de la Turquie et au sud se situe la Jordanie. Les rebelles souhaitent surtout recevoir des armes antichars et des systèmes de défense antiaérienne. Selon le site Damas Post, la première partie des armes qui inclut les tous derniers obus antichars, des missiles à moyenne portée, des armes d'infanterie légère et des fusils à lunette, se trouve déjà à la frontière turco-syrienne. Ces armes de production israélienne ont été envoyées par Tel-Aviv à la demande de Washington.

Les opposants syriens n'ont plus de motivation pour participer aux négociations de paix. Le général Salim Idris, commandant de l'Armée syrienne libre (ASL), a confirmé hier que les rebelles ne se rendraient pas à Genève avant le rétablissement de l'équilibre des forces. Le ministre syrien des Affaires étrangères Walid Mouallem est convaincu que pour y parvenir l'opposition devra s'armer pendant encore plusieurs années. Par conséquent, les perspectives de Genève 2 sont quasiment nulles. Le conflit syrien s'éternise et se propage dans la région sous forme de guerre religieuse.

Le Liban s'est transformé en point chaud du conflit. Après l'appel du cheikh libanais sunnite Ahmed al-Assir, les salafistes ont attaqué les militaires libanais accusés par le cheikh de coopération avec le Hezbollah chiite. Les salafistes ont attaqué plusieurs points de contrôle aux abords de Saïda et les troupes militaires à Tripoli. Ils ont également tenté de s'emparer de la route menant à Beyrouth. Les postes de tir ont été rapidement neutralisés à Tripoli mais plus d'une journée a été nécessaire pour le faire à Saïda. Le tribunal militaire a délivré des mandats d'arrêt contre le cheikh et 123 de ses partisans. Des dizaines de combattants se sont rendus mais le cheikh a réussi à fuir en Syrie. 16 militaires ont péri dans les affrontements et plus de 100 ont été blessés.

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