Moscou, Berlin et Varsovie soutiennent le régime sans visas entre la Russie et l'UE

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Les ministres des Affaires étrangères de Russie, d'Allemagne et de Pologne se sont réunis samedi dernier à Varsovie pour identifier les axes de coopération entre les trois pays et les moyens d'installer un climat politique positif dans l’espace euro-atlantique, écrit le quotidien Nezavissimaïa gazeta du 13 mai 2013.

Les ministres des Affaires étrangères de Russie, d'Allemagne et de Pologne se sont réunis samedi dernier à Varsovie pour identifier les axes de coopération entre les trois pays et les moyens d'installer un climat politique positif dans l’espace euro-atlantique, écrit le quotidien Nezavissimaïa gazeta du 13 mai 2013.

C’est la troisième fois que Sergueï Lavrov, Guido Westerwelle et Radoslaw Sikorski se réunissent dans un format trilatéral. En 2011 les consultations s'étaient tenues à Kaliningrad puis à Berlin en 2012. A l'issue de la réunion les trois ministres ont déclaré que ce format avait fait ses preuves. Selon Lavrov, en dépit de la crise dans la zone euro, l'ensemble des échanges commerciaux entre l’Allemagne et ses deux partenaires ont dépassé 100 milliards de dollars en 2012 – soit le quart des échanges commerciaux de la Russie avec l'Union européenne.

Sikorski a souligné les avantages de l'accord intergouvernemental signé l'an dernier entre la région de Kaliningrad et les régions voisines de Pologne sur la circulation frontalière. 

Cet accord permet aux citoyens des deux pays de traverser la frontière sans avoir besoin de visa. Selon le ministre polonais, le nombre de passages a augmenté de 100% en un an, de 2 à 4 millions de personnes.

Westerwelle a déclaré que l'Allemagne était également de cet avis. Il a rappelé que le pays avait déjà fait preuve de souplesse concernant le régime sans visas pour les détenteurs de passeports de service et a constaté que l'objectif, à terme, était de supprimer les visas avec la Russie.

Toutefois, les ministres n'ont annoncé aucun délai concret pour atteindre cet objectif.

En revanche, ils ont convenu que l'Allemagne et la Pologne aideraient la Russie à recycler d'anciennes munitions dans la région de Kaliningrad. "La Fédération de Russie a refusé de détruire les munitions obsolètes par explosion - nous sommes donc intéressés par les technologies modernes dont disposent nos partenaires pour les recycler, a déclaré Lavrov.

Ce projet est dans une phase très avancée, les experts d'autres pays de l'Otan y participent.

Je pense que ce sera un nouveau pas très utile vers la démilitarisation de la région européenne."

Il a attiré l'attention de ses collègues sur le fait que la Russie réduisait le nombre d'armements et de munitions dans la région de Kaliningrad. Des centaines de chars et d'armes d'artillerie ont été retirés de la région ces dernières années.

Quelle serait la réaction de la Pologne à l'idée d'installer une base aérienne russe en Biélorussie ? Sikorski répond : "La Pologne ne souhaite pas participer à une course aux armements près de ses frontières. L'apparition d'une telle base en Biélorussie  en 2015 nous préoccupe et nous voudrions que cela ne se produise pas", a-t-il ajouté.

Il est évident que la Pologne et l'UE n'ont pas besoin de chasseurs russes supplémentaires près de leurs frontières à l'est. Lavrov a dû s'expliquer : "J'en ai déjà parlé à plusieurs reprises. Après la disparition du Pacte de Varsovie, on nous affirmait que l'Otan ne s'étendrait pas vers l'est mais l'alliance a commencé à s'élargir. On nous assurait également que des forces militaires permanentes ne seraient pas installées sur le territoire de nouveaux membres de l'Otan – tout cela a été enfreint, rien n'a été respecté. L'infrastructure militaire de l'Otan progresse réellement vers l'est, tout près des frontières russes. Nous n'en faisons pas une tragédie".

Selon Lavrov, Moscou, Berlin et Varsovie sont d'accord : la Russie et l'Otan ne sont pas ennemis – c'est fixé dans les accords adoptés au plus haut niveau.

"Dans ce sens, la Pologne et la Russie ont soutenu l'initiative de l'Allemagne pour renforcer la confiance dans l’espace euro-atlantique. Nous sommes coauteurs d'un tel document au Conseil Otan-Russie. J'espère que les autres membres du Conseil soutiendront notre initiative", a-t-il déclaré.

Dans l'ensemble, les ministres n'ont pas dramatisé et ont convenu que la prochaine rencontre se tiendrait l'an prochain à Saint-Pétersbourg.

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