Le président syrien Bachar el-Assad a commis une erreur fatale en renonçant à impliquer l'opposition dans les réformes politiques, a déclaré le premier ministre russe Dmitri Medvedev dans une interview à la chaîne américaine CNN.
"Le président Assad a commis une erreur lors de l'application des réformes politiques. Il devait tout faire beaucoup plus vite, en attirant à ses côtés une partie de l'opposition modérée, prête à négocier avec lui. C'est son erreur essentielle, et probablement fatale", a indiqué le chef du gouvernement russe.
"Il me semble que ses chances de se maintenir au pouvoir s'amenuisent de jour en jour. Mais je répète: c'est au peuple syrien d'en décider, et non à la Russie, ni aux Etats-Unis, ni à n'importe quel autre pays du monde", a poursuivi M.Medvedev.
Selon lui, la Syrie était à l'époque "le plus calme, le plus ouvert et le plus civilisé" des pays arabes.
"Cependant, c'était un Etat assez dur, où toute activité politique était réprimée", a-t-il reconnu.
"J'ai à plusieurs reprises téléphoné à Assad, et je lui disais: appliquez les réformes, mettez-vous à la table des négociations. A mon avis, les dirigeants syriens n'y étaient pas prêts", a constaté M.Medvedev.
Selon lui, il est nécessaire pour la communauté internationale d'assurer le processus de réconciliation en Syrie, sans quoi les violences se poursuivront dans ce pays.