La Russie se retire du protocole de Kyoto

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Le protocole de Kyoto n’a pas satisfait les attentes de la Russie. Moscou a annoncé son désengagement pour la deuxième période de la réalisation du protocole. En cinq ans d'existence de ce traité, tous les Etats ayant signé et ratifié le protocole ont réussi à réduire les émissions des gaz à effet de serre. Certains en ont même profité pour en retirer des bénéfices. Pourquoi le protocole n’intéresse plus la Russie ? La Voix de la Russie a posé cette question à plusieurs experts.

Les conclusions auxquelles parviennent les experts divergent. D’une part, les émissions de gaz ont été réduites, la vente des quotas a permis au budget d’obtenir des revenus supplémentaires. D’autre part, les volumes prévus n’ont pas été réalisés, fait remarquer Vladimir Tchouprov, directeur du programme énergétique de Greenpeace Russie.

« Malheureusement, la Russie ne fait pas partie des Etats qui ont su pleinement profiter des avantages du protocole de Kyoto. Au fond, nous avons acheté notre billet très cher mais nous n'avons pas pris le train ».

Cependant, la Russie a su mettre en oeuvre des technologies énergétiques efficaces et utiliser des sources d’énergie renouvelables, précisent d’autres experts. Un tiers des projets réalisés dans le cadre du protocole de Kyoto est lié au secteur pétro-gazier ainsi qu’aux projets de traitement du gaz associé au pétrole. C’est la participation au traité qui a permis de résoudre ces problèmes, est convaincu Alexandre Avertchenkov, consultant à la représentation russe du Programme des Nations unies pour le développement (PNUD).

« Nos entreprises ont gagné des centaines de millions, peut-être même un milliard de dollars en réduisant les émissions. C’est pourquoi il est faux de dire que le protocole de Kyoto ne nous a rien donné. La Russie a bien réalisé ce projet. Elle a apporté sa contribution au règlement du problème climatique et a développé des solutions organisationnelles nouvelles, voire des technologies innovantes. C’était justifié tant économiquement qu’écologiquement ».

Le Japon et le Canada ont déjà refusé de respecter les engagements stipulés par le protocole de Kyoto de 2013 à 2020 (seconde période). La Russie a suivi pour les considérations d’ordre politique, estime Alexeï Kokorine, coordinateur du programme des changements climatiques du World Wildlife Fund (WWF).

La Russie fera donc une pause jusqu’en 2020, lorsqu’un nouveau traité viendra remplacer le protocole actuellement en vigueur. La Russie ne dénonce donc pas le traité mais renonce à tous les avantages que celui-ci comporte. Par ailleurs le ministère russe de l’Environnement a lancé l'étude de son propre plan de réduction des émissions des gaz à effet de serre pour les sept années à venir. T

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