Les titres du 1er octobre 2012

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Le pessimisme gagne les constructeurs automobiles européens// La Russie repart à la conquête du Moyen-Orient et de l'Afrique du Nord// Le SPD défie la chancelière Merkel

Vedomosti

Le pessimisme gagne les constructeurs automobiles européens   

Le marché automobile européen chutera de 8% cette année, a déclaré Philippe Varin, patron de PSA Peugeot Citroën pendant le Mondial de l'automobile à Paris. En France, les ventes baisseront de 12%, écrit lundi le quotidien Vedomosti. "L'Europe stagne", constate M. Varin. Les ventes en Europe occidentale se sont en effet réduites de 25% depuis 2007 et, dans le sud du continent, la situation s'aggrave encore plus : en Espagne le marché a chuté de 60% - et de 45% en Italie. Selon Philippe Varin, la France a perdu 10 à 15% dans le même laps de temps, tandis que le marché allemand est resté au même niveau. "Des changements structurels sont nécessaires", affirme-t-il.

"Les années 2013 et 2014 seront très difficiles", déclare Sergio Marchionne, directeur général de Fiat et président de l'Association des constructeurs automobiles européens (ACEA). Selon lui, l'ACEA estime qu'il faut limiter la durée des contrats de travail: "Nous devons investir – nous n'avons pas d'autre solution. Le mieux que les gouvernements puissent faire, dans cette situation, c'est de stimuler la concurrence".   

D'après lui, leur capacité excédentaire est l'un des problèmes des constructeurs européens. Il est nécessaire de la réduire mais cette démarche demande une volonté politique, au niveau national et européen. "Sinon, au lieu des magnifiques voitures du Salon aujourd'hui, il ne restera d'ici cinq ans plus que d'horribles Trabant", a conclu Sergio Marchionne."Je ne sais pas s'il faut demander de l'aide aux hommes politiques, déclare Carlos Ghosn, président de l'alliance Renault-Nissan. Mais l'ACEA leur demande, au moins, de ne pas bloquer les mesures prises par les constructeurs pour stabiliser la situation. Je ne pense pas que quelqu'un osera prédire une année de croissance en Europe pour 2013. Il faut s'attendre à une longue période de rétablissement."   

Daimler a réduit ses pronostics de revenus sur Mercedes-Benz pour 2012, en raison de la chute du marché en Europe occidentale et du ralentissement de la croissance en Chine. Dieter Zetsche, président de Daimler, reconnaît que le marché européen faiblit mais espère qu'il sera possible de remonter la pente l'année prochaine.   

Par ailleurs, le ralentissement de la croissance en Chine ne préoccupe pas Carlos Ghosn: le pays se porte très bien au niveau financer et son marché est encore loin de la saturation. Même une croissance de 7% correspond à un million de nouveaux véhicules en Chine - quelqu'un doit bien les produire, déclare le PDG de Renault-Nissan. "Les Etats-Unis ne sont pas non plus une source d'inquiétude, indépendamment du vainqueur de la Présidentielle, poursuit-il. La nôtre se dirige plutôt vers l'Europe et le Japon."

Le principal problème de l'Europe, selon Carlos Ghosn, n'est pas sa capacité excédentaire ou la crise de la dette mais sa compétitivité - et il est impossible de régler rapidement ce problème fondamental. En ce qui concerne la capacité excédentaire du continent, la situation diverge fortement d'un constructeur à l'autre et c'est à eux de la régler, en fonction de leur contexte particulier.

Selon Carlos Ghosn, en 2011 et 2012, la Russie représente l'un des marchés les plus prospères pour l'alliance Renault-Nissan.

"Je suis très optimiste en ce qui concerne nos perspectives en Russie", a-t-il conclu.

Nezavissimaïa gazeta

La Russie repart à la conquête du Moyen-Orient et de l'Afrique du Nord

La discussion politique menée à l'Assemblée générale des Nations Unies s'achève aujourd'hui. Sans surprise, elle a rapidement tourné en débat sur l'avenir du conflit en Syrie. Vendredi soir, le ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov appelait la communauté internationale à s'abstenir de changements de régimes indésirables par une ingérence extérieure, écrit lundi le quotidien Nezavissimaïa gazeta.

S'adressant aux délégués et aux invités de l'Assemblée générale, le ministre russe a constaté que  les relations internationales souffraient d'un déficit flagrant de confiance. Selon lui, là est aujourd'hui le principal frein pour l'instauration de bases de sécurité dans le monde.

Pour Sergueï Lavrov, renforcer la confiance et les initiatives collectives, avec un accent sur la recherche de compromis, permettrait de régler les situations de crise partout dans le monde - en Iran, en Afghanistan, sur la péninsule de Corée et, évidemment, au Moyen-Orient et en Afrique du Nord.

"Depuis plus d'un an et demi, la situation au Moyen-Orient et en Afrique du Nord demeure un nœud dans la politique mondiale, fait-il remarquer. La profondeur des changements dans la région s'entremêle avec les problèmes-clés des relations internationales contemporaines et tout cela nécessite une approche complexe, un abandon des schémas simplifiés et idéologiques, ainsi que l'instauration de doubles standards."

Moscou est particulièrement préoccupé par l'escalade de la guerre civile en Syrie. Sergueï Lavrov a, de nouveau, appelé tous les membres du "Groupe d'action" à remplir leurs engagements pris le 30 juin pendant une réunion à Genève: selon lui, c'est le chemin le plus court pour mettre un terme à l'effusion de sang en Syrie.

Par ailleurs, avant le discours du ministre russe, le Conseil des droits de l'homme des Nations Unies a adopté une résolution condamnant les actions de l'armée syrienne dans le village de Houla en mai, ce qui montre que la communauté internationale voit très différemment la situation en Syrie. Selon le CDH, les miliciens du gouvernement y auraient tué plus de 100 personnes dont des femmes et des enfants.

Le gouvernement et l'opposition se rejettent la responsabilité du massacre. Cependant, les conclusions finales du CDH donnent raison à l'opposition syrienne.
Pas étonnant, donc, que Moscou ait immédiatement exigé une nouvelle enquête sur le massacre à Houla. Selon la représentante de la Russie au sein du CDH, Maria Khodynskaïa-Golenichtcheva, les événements tragiques dans le village syrien sont sciemment montés en épingle par les médias et pourraient servir de prétexte pour une intervention militaire.

Or, c'est ce qui préoccupe le plus la Russie. Lavrov a déclaré que les changements politiques devaient être "pacifiques et sans ingérence extérieure".  

Le partenariat de Deauville paraît à ce titre bien plus attrayant. Il s'agit d'un projet d'aide aux pays du Moyen-Orient et d'Afrique du Nord, lancé en mai 2011 pendant le sommet du G8 à Deauville. Ses participants, dont la Russie, s'étaient entendus pour allouer à la région près de 40 milliards de dollars avant 2013 pour contribuer aux "changements démocratiques et à la modernisation de l'économie".   

La mise en œuvre de ce projet a également été discutée le 28 septembre, pendant la réunion des ministres des Affaires étrangères du G8, où la Russie était représentée par Mikhaïl Marguelov, président du comité pour les affaires internationales du Conseil de la Fédération (chambre haute du parlement), représentant spécial du président russe. Il a déclaré que la Russie approuvait la réalisation de ce projet multilatéral, bien que l'incertitude et l'instabilité du milieu juridique dans les pays de la région fussent un facteur ralentissant.

Selon lui, la coopération russo-arabe a du potentiel, notamment grâce à la participation d'entreprises russes dans les grands projets d'infrastructure. A leur tour, les projets en Russie attirent aujourd'hui les capitaux des pays arabes. Autrement dit, il s'agit d'un processus mutuel.

Nezavissimaïa gazeta

Le SPD défie la chancelière Merkel

Peer Steinbrück sera candidat à la chancellerie allemande pour le Parti social-démocrate (SPD), aux élections législatives d'automne 2013. Il devient le principal rival d'Angela Merkel, chancelière et chef du CDU (Union chrétienne-démocrate), écrit lundi le quotidien Nezavissimaïa gazeta.

Peer Steinbrück est l'ex-ministre des Finances du cabinet de la "grande coalition" CDU/CSU-SPD (2005-2009), lorsqu'Angela Merkel était élue chancelière fédérale. Auparavant, il était principalement un homme politique de niveau régional et, après la défaite des socio-démocrates aux dernières élections et un passage à l'opposition, Steinbrück est devenu un "simple" député, quittant même le poste du chef adjoint du parti.

Il ne s'est pas mis à l'ombre pour autant. Au contraire, à 65 ans, il a accru son activité et sa notoriété politique par des interventions et des propositions dans le domaine de la lutte contre la crise financière. Il a progressivement adhéré au "trio" informel des dirigeants du SPD avec le leader du parti Sigmar Gabriel et le chef de sa fraction parlementaire, Frank-Walter Steinmeier. Ils étaient tous susceptibles de devenir candidats à la chancellerie et on a longtemps pesé leurs chances de succès. Le choix est finalement tombé sur Steinbrück, qui exprime les idées de l'aile droite du parti et pourrait attirer l'électorat centriste.

Le SPD et son candidat se fixent un objectif ambitieux: revenir au pouvoir et diriger le futur gouvernement fédéral. Le retour à un partenariat mineur sous l'égide d'Angela Merkel est exclu. La devise du parti est aujourd'hui: la chancellerie ou rien.

Selon un premier sondage, 58% des interrogés considèrent Steinbrück comme un bon candidat pour le SPD. Cependant, l'enquête de l'institut Emnid, publiée par Bild am Sonntag, met en garde: le règlement du "problème de la candidature du SPD" n'est qu'une prétention et non pas une garantie. A l'heure actuelle, le SPD enregistre un retard de 10% sur le CDU/CSU. Et si les élections se tenaient ce dimanche, il n'aurait obtenu que 40% de voix avec les verts, contre 42% pour la coalition CDU/CSU-FDP.

Après le fier refus du SPD de conclure des alliances avec la gauche, ainsi qu'avec les "pirates" qui pourraient également entrer au Bundestag, ses chances ne paraissent pas énormes. D'ailleurs, en termes de gestion personnelle et d'autorité, la chancelière dépasse significativement son adversaire.

Malgré tout, Merkel n'est pas tout à fait à l'abri. Bien qu'elle se soit déclarée "très contente" de la coalition actuelle, son bonheur touche à sa fin. Une prédiction faite par Peer Steinbrück à Münster ne fait pas l'ombre d'un doute: "Ce gouvernement fédéral disparaîtra dans 12 mois". Il est possible que les libéraux ne parviennent même pas à entrer au Bundestag et, même s'ils y restaient, ils n'ont plus l'espoir de former une majorité conjointe avec les chrétiens démocrates, comme c'est le cas à l'heure actuelle.

L'instabilité croissante du rapport de forces politiques rend difficile le maintien au pouvoir pour Merkel et son bloc conservateur. Une coalition avec les libéraux, en mauvaise posture, ne serait pas non plus très bien vue. La situation préélectorale du parti au pouvoir pourrait également être aggravée par les nouveaux cataclysmes de la crise de l'euro. Toutefois, l'image positive que la chancelière conserve dans le pays, couplée aux promesses de campagne et la politique européenne associée à son nom, offrent à CDU/CSU une chance réelle de rester la plus grande fraction du Bundestag après les législatives de 2013. En prétendant par la même occasion à la chancellerie pour son leader.

Dans ce cas, plusieurs scénarios seraient envisageables. Sans exclure une nouvelle grande coalition, estiment les analystes allemands.


Ces textes tirés de la presse russe n’engagent pas la responsabilité de RIA Novosti

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