Tout a commencé par la démarche de l’internaute égyptienne Aliaa Elmahdy, dont l’action est à présent soutenue par une cinquantaine de jeunes israéliennes.
Les journaux, les chaînes de télévision et les blogueurs du monde entier polémiquent sur l’action des 50 jeunes filles venues de tout Israël pour se faire photographier toutes nues avec cet écriteau: «Amour sans frontières». Aucun dessous érotique, mais uniquement le désir d'égalité des sexes. Par leur démarche les féministes israéliennes sont solidaires de l’Egyptienne Aliaa Elmahdy.
La photo qui a fait scandale
L’étudiante de 20 ans à la faculté du journalisme de l’Université américaine du Caire a posé nue et posté cette photo sur son journal en ligne. Plus de 3 millions d’internautes l’ont déjà vue. Elle se dit être «non religieuse, libérale, végétarienne et égyptienne individualiste» et sur sa page Facebook, elle revendique le droit de se faire «l'écho des cris contre une société de violence, de racisme, de sexisme, de harcèlement sexuel et d'hypocrisie».
Tout en rendant hommage à l’effet de cette démarche, le politologue et président de l’Institut du Proche-Orient, Evguéni Satanovski, se montre pessimiste.
Le leurre des révolutions démocratiques
«Tout d’abord, il n’y a aucunes révolutions démocratiques au Proche-Orient. Il y a un certain nombre de putschs, qui risquent de porter au pouvoir les islamistes, qui ne vont pas accorder trop d'importance au féminisme, au mouvements chrétiens et à tous les autres changements structurels dans la société, qu’on appelle démocratiques, si l’on parle de démocratie à l'occidentale.
Ensuite, le féminisme au Proche et au Moyen Orient est en principe condamné tout comme les minorités sexuelles. L’Occident a mis un millénaire pour arriver à l’égalité des sexes. A ce jour le Proche-Orient se trouve sur ce plan dans le Moyen-Âge européen. Pour cette raison nous ne pouvons pas parler de droits des femmes.»
L’action de protestation de la jeune Egyptienne a provoqué une vague de publications dans les médias occidentaux.
Le printemps arabe parviendra-t-il ou non changer les bases sociales ? Mais un objectif est tout de même atteint : on s’est mis à parler des droits des femmes.
