Nuage de Tchernobyl : le noeud gordien

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D’habitude les tragiques événements de Tchernobyl sont évoqués au mois de mai. Cette fois, on s’en est souvenu en septembre suite à la décision de la cour d’appel de Paris de mettre un point final à l'enquête ouverte en 2001 sur l'impact du nuage de Tchernobyl en France. La cour d'appel a accordé un non-lieu à l'ancien patron du Service central de protection contre les rayons ionisants, le professeur Pierre Pellerin, mis en examen pour «tromperie aggravée».

Rappelons qu’à l'époque de la catastrophe nucléaire, au printemps 1986, le professeur Pellerin avait assuré dans divers communiqués que le nuage s'était arrêté à la frontière française et que la santé des Français n’était absolument pas menacée. Faux, disent les écologistes révoltés par le refus de la justice de satisfaire  la demande faite par l'Association française des malades de la thyroïde et la Commission de recherche et d'information indépendante sur la radioactivité.

Pourtant l’affaire est extrêmement compliquée. C’est un véritable noeud gordien. D’une part il y a les analyses de lait de chèvre et brebis réalisées en Corse par le docteur Denis Fauconnier et qui ont fait apparaître des taux élevés d'iode 131 par litre de lait. Les experts ont observé une augmentation importante après 1986 de la proportion des troubles thyroïdiens par rapport aux autres affections endocriniennes. Mais d’autre part, la France n’est pas un pays ou il est facile de cacher une évidence. Les scientifiques n’ont pas trouvé de conséquence sanitaire mesurable au moment des faits, ce à quoi se réfère la cour.

Certains vétérans du dossier doutent aussi de la certitude du dossier d’un point de vue judiciaire. En effet, l’affaire est ancienne, les témoins ont vieilli, il est difficile de prouver quoi que ce soit. Dans ce contexte, on comprend bien l’amertume des malades de la thyroïde, la déception des associations, et il serait judicieux de ne pas en rajouter. Noël Mamère parle d’un « un déni de justice » qui prouverait la force du lobby nucléaire. Eva Joly dénonce un Etat « au-dessus des lois ». Les deux grandes figures du mouvement écologique mettent ainsi en doute l’indépendance de la justice dans la France de nos jours du fait que la décision prise n’est pas conforme à leur convictions. Est-ce du « nihilisme juridique à la française », pouvons-nous demander à cette occasion ou de la pure récupération politique ? Mais aussi, cette justice était-elle plus indépendante lorsque Mme Joly était juge ?

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