Rossiiskaïa gazeta
Al-Assad a stoppé l’opération militaire contre l’opposition
Qui a gagné la bataille pour le pouvoir qui dure depuis un mois entre le président syrien Bachar al-Assad et l’opposition? Formellement, la victoire a été remportée par le chef de l’Etat : il a annoncé la cessation de l’opération militaire contre les opposants au régime, écrit vendredi le quotidien Rossiiskaïa gazeta. Comme l’affirment les médias syriens, l’armée et la police poursuivent les membres des groupes criminels qui ont été chassés de la ville de Lattaquié, théâtre de troubles. Dans une autre ville syrienne, à Deir Ezzor, tous les protestataires ont été éliminés.
Malgré la pression internationale, l’adoption de sanctions et les diverses déclarations sévères non seulement de l’Occident mais également du monde arabe, al-Assad a, au moins provisoirement, pris le contrôle de la situation. Il a même accepté l'arrivée d'une mission de l’ONU en Syrie pour évaluer la situation humanitaire.
Comment le président syrien, dont ses voisins israéliens disaient de manière très catégorique qu’il ne tiendrait pas plus de 2-3 semaines, a-t-il réussi à rester au pouvoir? Indéniablement, l’armée a joué un rôle primordial dans la répression de la révolte qui a frappé beaucoup de villes sunnites : contrairement à l’Egypte ou à la Tunisie, les militaires syriens n’ont pas "fraternisé" avec l’opposition. Ils ont réagi de manière très efficace contre les manifestations de l’opposition sans hésiter faire usage de leurs armes.
Les futures actions de Bachar al-Assad semblent prévisibles. Après avoir manié le "bâton" contre l’opposition, il est prêt à utiliser la "carotte". En réponse à l’appel du secrétaire général de l’ONU à commencer le processus de réformes, al-Assad a énuméré les changements qu’il mettrait en œuvre au cours des prochains mois, "y compris la révision de la constitution et les élections parlementaires". En échange, le gouvernement syrien exigera la levée des sanctions adoptées contre le pays.
Néanmoins, la question de savoir si les manifestations de masse de l’opposition cesseront avec le retrait des troupes reste ouverte. Il ne faut pas exclure que le refus d’al-Assad d’utiliser la force armée sera interprété par l’opposition comme un succès dans la lutte antigouvernementale, et comme un signe de faiblesse du gouvernement qui a cédé sous la pression de la communauté internationale. Or, en Orient les dirigeants faibles sont toujours renversés.
Kommersant
Eilat: Israël accuse l'Egypte de mal contrôler sa frontière
Les attentats perpétrés jeudi dans les environs de la station balnéaire israélienne d’Eilat ont fait au moins 7 morts et près de 30 blessés, écrit vendredi le quotidien Kommersant. La réponse d’Israël ne s’est pas faite attendre : dans la soirée l’aviation a massivement attaqué la bande de Gaza. Les attentats d’hier pourraient également inciter Israël à revoir ses relations avec l’Egypte voisine qui, selon les affirmations des Israéliens, contrôle mal la frontière dans la péninsule du Sinaï.
Le premier incident est survenu sur une route déserte près de la frontière israélo-égyptienne
à midi, heure locale. Au point de contrôle de Netafim des inconnus ont ouvert le feu sur un bus assurant la liaison entre les villes de Beersheva et Eilat. Les témoins avancent deux versions des faits. Selon la première, trois hommes en voiture ont dépassé le bus et ont ouvert le feu sur lui, ainsi que sur d’autres véhicules. Cependant, le conducteur du bus affirme que le feu a été ouvert par des individus en uniforme militaire égyptiens se trouvant au poste frontalier égyptien.
Quelques minutes plus tard, dans les environs d’Eilat également, un 4x4 militaire a explosé sur une mine. Une demi-heure plus tard, des inconnus ont tiré un missile antichar sur un autre bus, en touchant également un véhicule qui se trouvait à proximité. Selon les informations d’hier soir, les attentats ont fait 7 morts et près de 30 blessés plus ou moins graves.
Suite aux attentats, les autorités israéliennes ont considérablement renforcé les mesures de sécurité : des hélicoptères de combat ont décollé, la frontière avec l’Egypte a été fermée et les forces de sécurité ont fermé tous les accès menant à Eilat. L’opération contreterroriste a rapidement porté ses fruits : les services spéciaux ont réussi à retrouver la trace d’au moins sept terroristes et à les éliminer après une courte fusillade. Au total, selon les estimations des observateurs, jusqu’à 20 terroristes ont participé aux attaques.
Les autorités israéliennes ne nomment pas directement les responsables de la préparation et de la mise en œuvre des attentats. Hier, le ministre israélien de la Défense Ehud Barak a seulement déclaré que les pistes menaient à la bande de Gaza, et a promis de ne pas laisser les attentats impunis. Il a également déploré l’affaiblissement du contrôle de la péninsule du Sinaï après le changement de gouvernement en Egypte. La riposte contre Hamas a été immédiate. Dans la soirée l’armée de l’air israélienne a massivement bombardé la bande de Gaza.
Les autorités égyptiennes ont fermement réfuté les hypothèses sur leur implication dans les attentats. "Les criminels auraient difficilement pu traverser une frontière protégée. De plus, on exclut l’éventualité d’une attaque des sites depuis le territoire égyptien en raison de l’éloignement des lieux des attentats", a déclaré sur le portail d’information Masrawy une source anonyme du ministère de la Défense.
Vedomosti
Echec de l'orbitalisation du satellite russe Express-AM4
Le satellite russe Express-AM4, lancé la nuit dernière du cosmodrome Baïkonour, n’a pas été mis en orbite, écrit vendredi le quotidien Vedomosti. Le satellite a été lancé à l'aide de la fusée porteuse Proton-M dotée du bloc d’accélération Briz-M, dont le dysfonctionnement est à l'origine de l'échec. Le booster s’est allumé à quatre reprises, comme prévu, et lors du cinquième allumage, Briz-M et Expresse-AM4 ont disparu. Les spécialistes de l’agence spatiale russe Roskosmos (responsable du tir) et du Centre spatial Khrounitchev (concepteur du Proton-M et du Briz-M) ont essayé hier d’établir la liaison avec le satellite, a déclaré Roskosmos. Ils sont parvenus à localiser Briz-M et à obtenir des informations techniques depuis le bloc d’accélération. Toutefois, jusqu’à hier soir, Roskosmos n’avait pas annoncé la perte définitive du satellite.
Le porte-parole de Roskosmos Alexeï Kouznetsov n’a pas répondu aux appels téléphoniques, et le porte-parole du Centre Khrounitchev Alexandre Bobrenev n’a pas pu répondre aux questions de Vedomosti. Une source de l’industrie spatiale déclare que la défaillance d’hier ressemble à l’incident de février 2006 qui s'est produit lors du lancement du satellite arabe Arabsat-4 A.
A l’époque, il devait être mis en orbite également par un lanceur Proton-M équipé d'un booster Briz-M. Mais pendant une des phases d’allumage, le bloc d’accélération a fonctionné moins longtemps que prévu, et le vaisseau spatial n’a pu être mis en route. La commission spécialement créée établira les causes de l’incident d’hier, déclare la source. Selon elle, la commission aura probablement des questions à poser à Vladimir Nesterov, directeur général du Centre Khrounitchev.
Sergueï Pekhterev, directeur général de la société Reistelekom, compare l’échec du lancement du satellite Express-AM4 à la catastrophe de la centrale hydroélectrique
Saïano-Chouchenskaïa. Selon lui, d’importants opérateurs et organisations comptaient utiliser ce satellite. L’incident d'Express-AM4 freinera le développement du secteur pour 2-3 ans, et l’indemnisation de l’assurance ne sera d'aucune aide : la construction et le lancement d’un nouveau satellite prendront plusieurs années, estime Sergueï Pekhterev.
Le satellite aurait pu permettre d’installer des réseaux dans les régions éloignées, qui sont peu nombreuses mais ne possèdent pas d’autres moyens de communication, estime le directeur marketing de l’opérateur Retnnet Alexeï Kiptchatov. Selon lui, la majorité de la population russe vit de manière compacte près des voies ferrées et l’incident du satellite n’aura aucun impact sur elle, mais le Nord et d’autres régions éloignées seront confrontées à des problèmes de communication.
Ces textes tirés de la presse russe n'engagent pas la responsabilité de RIA Novosti
