Sarkozy et Merkel au chevet de la zone euro

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L’Europe est en attente angoissée. Les experts font allusion à ce qu’une recette de salut de l’endettement sera prescrite dans les heures qui viennent. Les médecins sont la chancelière allemande Angela Merkel et le président français Nicolas Sarkozy.

« Il est dès à présent clair que seules des réformes dures sont propres à faire redémarrer l’économie européenne du niveau zéro, voire négatif. Pour cette raison il faut prendre des mesures exceptionnelles, au lieu de noyer d’argent les pays débiteurs », insiste l’économiste Igor Nikolaïev.

De nombreux milliards d’aide n’ont pas d’effet positif. On aidait la Grèce, un an après la situation s’est encore aggravée. Et à en juger d’après les indicateurs économiques de la Grèce, une chute de plus de 6 % de l’économie signifie que les perspectives de remboursement des dettes deviennent toujours plus floues.

« Accroître le fonds de stabilité financière est le scénario qui convient le mieux », considère l’analyste Alexeï Viazovski.

Si le taux d’intérêt pour les obligations d’Italie à rembourser dans dix ans augmente et approche le niveau psychologique de 7 %, au-delà duquel, comme l’estiment de nombreux économistes, il devient difficile au gouvernement de refinancer ses engagements, alors cette situation obligera les fonctionnaires européens à prendre des décisions dures et impopulaires. Parmi elles, la création du marché des dettes européennes. Cela permettra de répartir les risques d’un seul pays à toute la zone euro.

«  La France soutient cette variante, et on en comprend les raisons : étant le plus gros pays détenteur des obligations d’Etat de Grèce, d’Espagne et d’Italie, elle vit déjà près d’une semaine sous la menace de révision à la baisse de sa notation souveraine. Même si ces titres commencent à se négocier, les pays débiteurs vont rembourser eux-mêmes les dettes qui existent déjà, considère Hans Michelbach », leader du bloc CDU/CSU en Allemagne.

Certains pays doivent consolider leurs économies. Il convient de même d’affermir le pacte de stabilisation avec des sanctions pour divers pays, et « le frein de l’endettement » serait pour certains Etats un bon gage pour leur essor futur.

L’analyste Alexeï Viazovski fournit des contre-arguments :

« Le problème de la zone euro ne réside pas dans les pays périphériques, mais en ce que les fonctionnaires européens n’ont pas réussi à mener à bout les processus d’intégration. Ainsi, la monnaie unique a été adoptée. Une démarche très compétente et économiquement fondée, qui a accru la compétitivité des marchandises et a encouragé le commerce dans la zone euro. Par contre, le marché unifié des dettes d’Etat, des obligations européennes, n’est toujours pas apparu ».

Pour le moment il n’est pas clair où ce processus va-t-il évoluer. Il reste à savoir si les Européens accepteront que cette main forte applique des réformes économiques, ne prenant en compte ni leur opinion, ni leurs besoins.

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