L’image du bouclier antimissile en Europe quelque peu ternie

L’image du bouclier antimissile en Europe quelque peu ternie
L’image du bouclier antimissile en Europe quelque peu ternie - Sputnik Afrique
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Les activités des Etats-Unis en vue de déployer un système de défense antimissile en Europe s’intensifient. Or l’efficacité de ce système si largement vantée par Washington a suscité des doutes de la part des experts du Pentagone.

Les activités des Etats-Unis en vue de déployer un système de défense antimissile en Europe s’intensifient. Or l’efficacité de ce système si largement vantée par Washington a suscité des doutes de la part des experts du Pentagone. Selon eux, ce système ne permettra pas aux missiles intercepteurs américains de détruire les missiles de l’adversaire peu après leur lancement.

Les informations au sujet de l’inefficacité du bouclier antimissile européen sont apparues sur fond de l’absence de progrès dans le dialogue russo-américain concernant la conception d’un système global de défense antimissile. Comme on le sait, Washington ne change pas de stratégie, en planifiant vers 2020 d’installer, rien que dans les bases en Pologne et en Roumanie, plus de 400 missiles intercepteurs. Le projet des Etats-Unis de créer une troisième région de positionnement en Europe Centrale et de l’Est a suscité une vive réaction à Moscou. Le déploiement des bases avancées à proximité immédiate des frontières russes, réduit, au regard des experts militaires, l’efficacité du potentiel de dissuasion nucléaire russe sans pour autant pouvoir protéger contre des tirs éventuels des missiles russes, considère Alexandre Perenjiev, expert à l’Association des politologues militaires.

De toute façon, le bouclier antimissile qui sera déployé en Europe avant 2013-2014 ne garantira pas la sécurité, par exemple, contre nos missiles, qui seront en mesure de le franchir.

« La situation à propos du bouclier antimissile européen est à bien des égards basée sur les rapports entre la Russie et les Etats-Unis et est extrêmement politiquement engagée », estime le politologue Mikhaïl Neijmakov.

Ici on entrevoit une certaine analogie avec le programme  « Guerre des étoiles » de Ronald Reagan, lorsque le moment psychologique de pression sur l’URSS a prévalu sur le programme en question. On comprend qu’aucun missile iranien ne peut menacer l’Europe. Encore moins les missiles russes. Cela veut dire que la situation touchant le bouclier antimissile européen est un élément de pression sur la Russie.

Déjà en novembre 2010, le chef de l’Etat russe Dmitri Medvedev a proposé lors du sommet OTAN-Russie à Lisbonne de concevoir un système sectoriel de défense antimissile avec une participation de la Russie. Ainsi, en tenant compte de possibles trajectoires de missiles iraniens, il a été proposé d’installer des missiles intercepteurs russes près de Rostov-sur-le-Don commandés depuis la station radar près d’Armavir. Moscou n’a toujours pas obtenu de réponse à son initiative. En Occident, on se contente d’assurer que le bouclier antimissile européen ne viserait pas la Russie. D’ailleurs, on ne le fait qu’en parole, en refusant de fournir des garanties juridiques par écrit. Vu cette obstination de Washington, la récente supposition de Dmitri Medvedev que l’année 2020 peut marquer un « point de non-retour », risquant de provoquer une nouvelle course aux armements, semble tout à fait réelle. Bien que la moins souhaitée. Ne vaut-il pas mieux de se mettre d’accord à propos d’un système qui arrangera tous les membres responsables de la communauté internationale, y inclus, bien sûr, la Russie. Peut-être, qu’en ce cas les questions de l’efficacité du bouclier global antimissile passera du domaine de publicité et de politique extérieure dans celui de solutions concrètes.

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