Conférence de Singapour: Pékin prône la compréhension mutuelle

© RIA Novosti . Marina Lystseva / Accéder à la base multimédiaSingapour
Singapour - Sputnik Afrique
S'abonner
Les Etats-Unis ne quitteront pas l’Asie et ne deviendront pas une puissance isolationniste; il ne faut pas mettre les pays de cette région en position de devoir choisir entre les Etats-Unis ou la Chine; tout le monde en Asie est tenu de respecter les intérêts des partenaires et apprendre les uns des autres: de telles pensées, telles des balles de tennis, volaient de l’un à l’autre interlocuteur lors du dialogue sur la sécurité connu sous le nom de Shangri-La.

Les Etats-Unis ne quitteront pas l’Asie et ne deviendront pas une puissance isolationniste; il ne faut pas mettre les pays de cette région en position de devoir choisir entre les Etats-Unis ou la Chine; tout le monde en Asie est tenu de respecter les intérêts des partenaires et apprendre les uns des autres: de telles pensées, telles des balles de tennis, volaient de l’un à l’autre interlocuteur lors du dialogue sur la sécurité connu sous le nom de Shangri-La. Il n’est pas question d’un lieu imaginaire et inaccessible dans les montagnes du Tibet ou de l’Altaï, mais d’un endroit bien plus accueillant: l’hôtel éponyme dans l’arrondissement le plus pittoresque (et le plus chère) du Singapour.

La conférence des ministres de la Défense, avant tout des pays d'Asie mais pas seulement, s’y est tenue ce week-end pour la dixième fois déjà. Et chaque année il devient de plus en plus clair que le Shangri-La, "le Munich asiatique", acquiert un poids international et un jour fera de l’ombre à Munich (la conférence annuelle similaire de sécurité principalement de l’Europe y organisée en février). Au moins parce que la sécurité en Asie est une question bien plus sérieuse pour le monde de demain que la sécurité au Moyen-Orient lui-même. C’est ce dont a parlé lors de la conférence à Singapour le héros du jour, le ministre américain de la Défense Roberts Gates. Le vice-premier ministre Sergueï Ivanov, qui représentait la Russie, parlait de la confiance.

Gates part, mais les Etats-Unis ne disent pas adieu

Roberts Gates qui part à la retraite a visité le Shangri-La pour la dernière fois en tant que ministre, et le premier ministre malaisien Mohammed Najib, qui a inauguré la conférence, lui a souhaité une heureuse retraite. D’autre part, on qualifie Gates de bon candidat républicain à la présidence, mais il est inutile de se projeter si loin.

A Singapour, tout le monde voulait entendre Gates évoquer le thème qui n’a pas seulement été le principal sujet de la conférence. En réalité, il s’agit du principal thème des relations internationales dans un avenir prévisible: la Chine. Plus précisément, la rivalité américano-chinoise. Est-ce une réalité, aura-t-elle lieu ou non? Le fait est que tout ce qui se produit sur d’autres continents pourrait n’être que la conséquence de cette réédition de l’ancienne rivalité américano-soviétique.


Les déclarations marquent par une ou deux phrases bien placées ou sont complètement oubliées. Dans le cas du ministre américain, la première de ces phrases a été entendue à bord de son avion: "Nous n’essayons pas de freiner la Chine, elle était une grande puissance pendant des milliers d’années, et elle le demeurera." Et la seconde: qu’en dépit des "réalités adverses", telles que les longues guerres en Irak et en Afghanistan (c’est-à-dire le futur retrait des Etats-Unis de cette région), Gates est prêt à parier 100 dollars qu’au cours des dix prochaines années les engagements des Etats-Unis envers cette région ne feront qu’augmenter.

Il reste à comprendre le lien entre la première et la seconde phrase. Car il est clair que l’influence de la Chine croît. Elle ne deviendra pas une puissance mondiale à court terme, mais en Asie la parole de Pékin depuis dix ans pèse plus que celle de Washington. Et dans sa politique chinoise l’administration de Barack Obama passait au cours des dernières années d’un extrême à l’autre: de la proposition de gouverner le monde tous les deux à la confrontation implacable et l’invitation de tous ceux qui ont des problèmes avec Pékin (par exemple, dans la mer de Chine méridionale) à s’allier avec les Etats-Unis.

La Chine propose une meilleure compréhension mutuelle

Le ministre chinois de la Défense Liang Guanglie a également tenu un discours à Singapour et y a rencontré Gates et d’autres homologues. Ses principales thèses sont les suivantes: comprendre les intérêts stratégiques des uns des autres, ne pas les contrarier, ne pas inviter des pays tiers dans une alliance où ils seraient des adversaires.

Beaucoup d’autres choses ont été remarquées dans ce discours long et rempli de faits. Par exemple, la constatation du fait que la Chine est actuellement le premier "casque bleu" de la planète, à en juger par le nombre des soldats chinois de l’ONU et des opérations menées par ces derniers.

Mais ce sont des détails. Le principal concerne le fait que Pékin propose de fonder un système de sécurité en Asie basé sur les accords et la compréhension mutuelle des deux premières puissances du monde.

Dans ce sens, la Chine souscrit à l’opinion du groupe de dix pays (l’ANASE), situés à l’épicentre du Pacifique. Leur politique consiste à éviter toute confrontation entre ces deux puissances, et surtout les tentatives de faire adhérer les pays moins importants d’Asie aux deux camps, chinois et américain. Le discours de Najib parlait précisément de ceci: la Chine est notre partenaire, et les Etats-Unis sont nos partenaires également. Nous ne devons prendre partie pour personne.

La Russie d’accord avec la Malaisie

Il est clair que la Russie n’est pas un acteur clé dans le système de sécurité d’Asie en élaboration, mais un acteur important et mystérieux à sa manière. Ce n’est certainement pas un ennemi ou un concurrent des Etats-Unis. Par ailleurs, ce pays partage la plus longue frontière du monde avec la Chine.

Le site de la conférence a publié l’article de l’expert en sécurité de Londres Oksana Antonenko, qui décrit de manière claire et explicite les questions que les pays de cette région voudraient poser à la Russie.

Pour y réponde, Moscou n’a pas envoyé à Singapour le ministre russe de la Défense, mais le vice-premier ministre russe Sergueï Ivanov, un homme qui parle depuis longtemps de ces sujets et à Munich, et à Singapour. Son discours relativement bref à Shangri-La, à dessein ou pas, a collé à l’idéologie exposée par le premier ministre malaisien et a décrit la situation en Asie souhaitée par Moscou en tant qu’équilibre multilatéral des forces. Sergueï Ivanov a déclaré que la Russie voudrait voir les pays de l’Association des nations de l’Asie du Sud-Est (ANASE) en tant que principale locomotive de ce processus. En le souhaitant, dans son discours, on pouvait percevoir des références directes aux discours de Najib, de Liang, sans aucune contradiction avec la déclaration de Gates.

Dernière chose. Des pays qui n’ont pas de lien direct avec l’Asie ont participé à la conférence. Cas particulier: la Grande-Bretagne. On se demande, comment précisément la Grande-Bretagne pourrait participer aux affaires de l’Asie sans y appartenir géographiquement. L’Atlantisme (l’alliance avec les Etats-Unis) a aidé le pays à survivre dans deux guerres mondiales (et de perdre l’empire avec le statut de la première superpuissance), mais les nouvelles réalités du monde pourraient perfectionner cette construction porteuse de la politique étrangère de la Grande-Bretagne.


L’opinion de l’auteur ne coïncide pas forcément avec la position de la rédaction

Fil d’actu
0
Pour participer aux discussions, identifiez-vous ou créez-vous un compte
loader
Chat
Заголовок открываемого материала