Kommersant
L'Europe repart en guerre contre la Biélorussie
Le Parlement européen a commencé hier l’élaboration d'une résolution prévoyant l'adoption de sanctions contre la Biélorussie. La résolution devrait être adoptée aujourd’hui, écrit jeudi 20 janvier le quotidien Kommersant.
Le ton de la discussion au Parlement européen a été donné par la ministre des Affaires étrangères de l’UE Catherine Ashton, qui a déclaré que les répressions qui ont suivi l’élection présidentielle en Biélorussie l’ont choquée personnellement ainsi que toute l’Europe. "Les événements en Biélorussie sont une violation directe des droits de l’Homme, des libertés fondamentales et de la démocratie. Le recours à la force contre l’opposition et les représentants de la société civile ont sapé le processus électoral. La situation est urgente, et nous devons agir sans plus attendre", a-t-elle déclaré au Parlement européen.
Mardi, les six fractions du Parlement européen ont préparé leurs propres projets de résolution sur la Biélorussie. Hier, cinq fractions ont réussi à tomber d’accord sur un texte de synthèse qui sera soumis à la discussion aujourd’hui (seule la gauche ne l’a pas signé). Dans le projet commun de résolution, les députés demandent à la Commission européenne et au Conseil de l’UE d’introduire des sanctions concernant la délivrance des visas aux fonctionnaires, juges et policiers biélorusses responsables de la falsification de la présidentielle, ainsi que de la répression et de l’arrestation des membres de l’opposition, et de geler leurs actifs dans les pays de l’Union Européenne. La version proposée de résolution n’inclut pas les sanctions économiques, mais exige d’interdire à la Biélorussie de participer au sommet du Partenariat oriental à Budapest et contient un paragraphe sur la nécessité de bloquer toute aide financière à Minsk, y compris les crédits du Fonds monétaire international (FMI) et des banques européennes.
De plus, un autre paragraphe a été ajouté au texte commun, stipulant que le "Parlement européen regrette la décision de la Russie de reconnaître l’élection et de classer les répressions dans le dossier "affaires nationales" de la Biélorussie." Cependant, une formulation aussi "soft" a déplu à beaucoup de monde. Kristiina Ojuland, membre de la fraction estonienne des libéraux démocrates, a déclaré que les actions de l’UE à l’égard de Moscou ne devaient pas être moins sévères que par rapport à Minsk, car le Kremlin exerce une influence cruciale sur le régime biélorusse.
Les experts sont convaincus qu'avec le temps, l'’Europe ne pourra que durcir sa position concernant la Biélorussie. Ce que vient conforter une information parue mercredi disant que les ambassadeurs européens en Biélorussie avaient l’intention d’ignorer l’investiture du président Alexandre Loukachenko, qui se tiendra le 21 janvier. De plus, avant l’adoption officielle des sanctions, l’Europe a commencé à frapper de sanctions les fonctionnaires biélorusses. Hier, il a été confirmé que le ministre biélorusse des Affaires étrangères, Sergueï Martynov, ne pourra pas participer à la conférence de Munich sur la sécurité les 4-6 février. L'annonce en a été faite par le président de ce forum important, Wolfgang Ischinger.
Le durcissement de la position de l’Europe à l’égard de Minsk est acclamé par l’opposition biélorusse. Le chef du Front biélorusse populaire, Alexeï Ianoukevitch, a déclaré que l’opposition appelait à adopter contre les autorités biélorusses les sanctions économiques les plus dures, en restreignant l’aide financière et la délivrance de crédits à la Biélorussie.
Nezavissimaïa gazeta
Séoul veut se doter de missiles à longue portée
Hier, Séoul et Washington ont ouvert les négociations sur le réexamen de l’accord bilatéral de 1979, en vertu duquel la Corée du Sud s’est engagée à ne pas fabriquer de missiles d’une portée supérieure à 300 kilomètres et ayant une charge utile dépassant 500 kilogrammes, écrit jeudi 20 janvier le quotidien Nezavissimaïa gazeta. En cas de levée de cette restriction, la Corée du Sud pourrait produire des missiles capables d’atteindre tout objectif sur l’intégralité du territoire de la Corée du Nord. En Corée du Sud, certains appellent à créer une arme nucléaire pour "dissuader" Pyongyang.
Les militaires sud-coréens estiment que le pays a besoin de missiles capables de toucher un objectif sur la totalité du territoire nord-coréen après avoir été lancés depuis la côte sud. Pour cela, leur portée doit être supérieure à 1.000 kilomètres, et la charge utile portée à 1 tonne.
La Corée du Nord possède déjà des missiles ayant une portée de 3-4.000 kilomètres. Afin de compenser ce déséquilibre, l’année dernière la Corée du Sud a commencé à se doter de missiles de croisière terre-terre Hyunmu-3C de production nationale. Plusieurs centaines de ces missiles devraient être déployés près de la zone démilitarisée qui sépare les deux Corées.
Selon le journal Chosun Ilbo, le nouveau missile balistique est similaire au Tomahawk américain, pèse 1,5 tonnes, est équipé d’un moteur d’avion qui permet d’atteindre une vitesse d’environ 1.200 kilomètres à l’heure et est capable de propulser une ogive de 450 kilogrammes. Les missiles Hyunmu-3C pourraient atteindre les principaux sites nucléaires de la Corée du Nord, ainsi que les bases des missiles Scud et Nodong.
Par ailleurs, les partisans sud-coréens de la création d’une bombe atomique, qui qualifient toutes les discussions sur la dénucléarisation de la péninsule de "mensonge hypocrite", se font de plus en plus souvent entendre. Ils affirment que la Corée du Nord n’abandonnera jamais l’arme nucléaire, car sans elle le régime n’a aucun avenir. C’est son principal atout pour obtenir une l’aide économique et alimentaire. Depuis 20 ans les superpuissances tentent en vain de régler ce problème, et on ne peut plus leur confier la sécurité de la Corée du Sud.
Dans ces conditions, la détention par Séoul de son propre arsenal nucléaire pourrait constituer un important facteur pour dissuader Pyongyang, voire l’inciter à ouvrir des négociations sérieuses, estiment les partisans de la création de la bombe.
Les faucons sud-coréens insistent sur le fait que s'abriter sous le "parapluie nucléaire" américain est une chose et que tenir soi-même le doigt sur le bouton de lancement en est une autre. D’autant plus que les Etats-Unis ne risqueront certainement pas d’utiliser leur arme nucléaire en riposte à l’agression de la Corée du Nord, car cela pourrait conduire à un conflit à grande échelle avec la Chine.
Toutefois, il convient d’ajouter que l’arsenal nucléaire sud-coréen serait immédiatement retiré si la tension dans la péninsule diminuait ou si le Nord et le Sud s’unissaient.
Dans une interview, l’expert de l’Institut international de recherche sur la paix de Stockholm (SIPRI), Vitali Fedtchenko a confirmé que la Corée du Sud avait une bonne connaissance du cycle du combustible nucléaire, et que si Séoul prenait une décision politique pour créer une bombe atomique, les chances de réussite du déploiement de travaux de grande envergure seraient importantes.
Novye Izvestia
La révolution du jasmin en Tunisie
Les événements en Tunisie ont atteint un stade décisif, écrit jeudi 20 janvier le quotidien Novye Izvestia. Le président Ben Ali a fuit en Arabie Saoudite. Le chef d’Etat intérimaire, le président du parlement Fouad Mbazaa, a chargé le premier ministre Ghannouchi de former un nouveau gouvernement de coalition. Le changement inattendu de pouvoir eu Tunisie, que l’on a déjà appelé la "révolution du jasmin" s’accompagne de destructions et de pillages. Les touristes étrangers quittent précipitamment le pays. Hier, un avion avec 235 citoyens russes devait atterrir à l’aéroport moscovite de Domodedovo. Encore près de 100 Russes restent en Tunisie.
La révolution en Tunisie pourrait être un exemple contagieux pour d’autres pays arabes. Les manifestations de solidarité avec les Tunisiens ont déjà eu lieu au Yémen et en Jordanie. Comme le fait remarquer la chaîne arabe Al-Jazeera, le succès de la "révolte en Tunisie" "a rendu aux arabes la conviction qu’ils peuvent obtenir justice." Cependant, on ne peut pas exclure que les islamistes radicaux cherchent à tirer profit de cette révolution. Rappelons que le président renversé Zine El Abidine Ben Ali était un fervent défenseur de l’Etat laïc, et l’opposition islamique existait clandestinement. Il est à noter que le Hezbollah, le Hamas et le Djihad islamique ont déjà félicité la Tunisie de "l’intifada grâce à laquelle le peuple a réalisé ses ambitions."
Toutefois, on parle de massacres sanglants des représentants du pouvoir renversé en Tunisie. Ainsi, Imed Trabelsi, neveu de l’épouse de l’ancien président tunisien, est décédé à l’hôpital après avoir été poignardé. Samedi, des communiqués annonçaient les arrestations des parents et des proches du président qui n’avaient pas eu le temps de quitter le pays. Pour se protéger contre les pillards, les habitants ont commencé à former des milices. A Tunis la situation est la plus grave. Les bâtiments gouvernementaux sont en flammes, la foule en colère a saccagé les palais de l’ancien président. Les magasins, les cafés et les banques sont fermés. Les militaires patrouillent la ville. De longues files d’attente de personnes voulant acheter du pain pour leurs familles se forment devant les boulangeries.
Entre-temps, les Russes se sont joints aux touristes étrangers quittant précipitamment la Tunisie. Un avion de la compagnie russe Transaero a quitté l’aéroport de Monastir à destination de Domodedovo (Moscou) avec 235 touristes à bord.
Selon le porte-parole de l’ambassade russe à Tunis, Alexandre Lenik, l’ambassade met en œuvre toutes les mesures nécessaires pour assurer la sécurité des citoyens russes: "Vendredi, les touristes ruses ont été transférés des régions sensibles du Sud vers des zones touristiques près de Sousse et Hammamet. Mais il a été recommandé aux touristes de ne pas quitter les hôtels. Mardi déjà, toutes les excursions ont été annulées."
Ces textes tirés de la presse russe n’engagent pas la responsabilité de RIA Novosti
Les titres du 20 janvier 2011
15:13 20.01.2011 (Mis à jour: 16:05 05.10.2015)

© RIA Novosti . Ruslan Krivobok
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L'Europe repart en guerre contre la Biélorussie//Séoul veut se doter de missiles à longue portée//La révolution du jasmin en Tunisie