Les retraites en France : Sarkozy sous le couperet

© Sputnik . Ekaterina Chesnokova Nicolas Sarkozy
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Il est clair désormais que le président Nicolas Sarkozy n'entrera pas seulement dans les annales de l’histoire française grâce à son mariage avec Carla Bruni, mais également grâce à sa réforme des retraites et aux émeutes qu'elle provoque. La réforme prévoit de faire passer l’âge de la retraite de 60 à 62 ans.

Il est clair désormais que le président Nicolas Sarkozy n'entrera pas seulement dans les annales de l’histoire française grâce à son mariage avec Carla Bruni, mais également grâce à sa réforme des retraites et aux émeutes qu'elle provoque. La réforme prévoit de faire passer l’âge de la retraite de 60 à 62 ans.

Après deux reports de votes au sénat (les 15 et 20 octobre) concernant cette malheureuse réforme, la chambre haute lance la procédure accélérée de délibération dans l’espoir de faire ratifier le projet par le sénat le 22 octobre.

Même les partisans de Sarkozy recommandent un délai d'au moins une semaine supplémentaire, mais ‘’ le petit Napoléon ‘’ n’est pas homme à céder aux exigences de la foule et ne semble pas remarquer ce que se passe en France.

S’il existait un classement mondial des manifestations de protestations, à l’instar du guide Michelin, la France de Nicolas Sarkozy obtiendrait certainement trois étoiles, à savoir le maximum.

Les protestations des Gaulois qui ‘’ démarrent au quart de tour ‘’ ont même fait oublier les manifestations en Grèce de l’été dernier, or le gouvernement grec au bord de la faillite n'a pas tergiverser pour amputer les salaires de la population et à supprimer ses prestations sociales. Tandis que la future réforme des retraites de Nicolas Sarkozy a indigné et a excédé les Français à point tel que, depuis le mois de juin dernier ces derniers n’ont pas arrêté de manifester. Et à ce jour, six journées d’actions de grande envergure au total se sont déroulées afin de défendre le droit de partir à la retraite à 60 ans au lieu de 62. On manifestait de Marseille à Calais, de l'Atlantique à la frontière allemande. Les cheminots, les chauffeurs des camions-citernes et les fonctionnaires ont participé aux grèves. Par solidarité avec les adultes, même les étudiants et les écoliers (à au moins 40 ans de la retraite) se sont joints aux manifestations, probablement motivés par le slogan actuellement en vogue ‘’ La retraite avant l’arthrite ‘’, et surtout par la fameuse tradition française consistant à tout faire pour éviter d’aller au travail ou à l’école.

Qu’est-ce qui se passe réellement? Pourquoi cela n’arrive-t-il qu’en France, tandis que des réformes similaires sont déjà en cours en Grande-Bretagne, et ce sera le cas (il n'existe pas d'alternative) pratiquement dans tous les autres pays d’Europe. Par ailleurs, la Russie ne fait pas l’exception.

Les Français ont élu Sarkozy en mai 2007 avec 53% des suffrages, certes, sans pour autant chanter la Marseillaise à toute voix, mais avec enthousiasme. Aujourd’hui la cote de popularité de Sarkozy, selon certains sondages, ne dépasse pas la barre des 20%. Ah, ces Français. Ils auraient mieux fait d’écouter les promesses de Nicolas Stéphane Sarkozy de Nagy-Bocsa. Il avait non seulement promis de lutter avec fermeté contre l’immigration clandestine (ce qui plaisait et réjouit la majorité), mais également de changer la France, le caractère français, les mœurs, le mode de vie, d’apprendre aux Français à travailler efficacement, à travailler plus et à se reposer moins (les congés dans l'Hexagone sont les plus longs par rapport aux pays de l'UE) et ne pas être à la charge du système de protection sociale. Les Français ont la solide réputation en Europe d'être proches de leur portefeuille et n’ont probablement pas bien compris ce que cela signifiait à l’époque. Or cela supposait l’économie budgétaire, y compris la réforme des retraites.

Cette dernière n’est un phénomène extraordinaire. La France augmentera l’âge de la retraite de 60 ans (pour les hommes et les femmes) à 62 ans d'ici 2018. L’âge de de la retraite complète passera de 65 à 67 ans. Rien de bien révolutionnaire. La Grande-Bretagne, par exemple, envisage une mesure similaire, mais bien plus radicale. Actuellement, dans ce pays, l’âge de la retraite pour les hommes est de 65 ans, et de 60 ans pour les femmes. Les Britanniques augmenteront l’âge de la retraite jusqu’à 65 ans pour tous en 2020.

En fait, dans le contexte des mesures répressives actuellement mises en place dans les pays qui ont particulièrement souffert de la crise financière, tels que l’Islande, la Grande-Bretagne, la Grèce et l’Espagne, où les restrictions touchent non seulement les retraites futures mais également toutes les prestations sociales et privilèges actuels, les millions de Français en grève devraient avoir honte. Les Français, selon les statistiques, partent à la retraite (cessent de travailler et ne recherchent plus d’autres sources de revenus) bien plus tôt que leurs ‘’ homologues ‘’ d'Espagne, de Grande-Bretagne, d'Italie, d'Allemagne, de Grèce, des Etats-Unis et du Japon. Le trou de la caisse des retraites s’accroit très rapidement et sans les mesures annoncées elle pourrait éclater en 2015.

Certes, de la part du gouvernement, il est inadmissible de dire avec autant d'aplomb que les citoyens de la V république recevront leurs retraites avec deux ans de retard. Mais dans toute cette polémique, on semble oublier que le gouvernement versera l’argent durement gagné de ces même Français qui ont cotisé pendant 40 ans et demi. Les Gaulois considèrent à juste titre qu’ils ne sont pas responsables du manque actuel d’argent. La responsabilité en incombe à l’administration, actuelle ou précédente, peu importe. Elle devrait savoir où et comment investir les retraites pour qu’elles ne se réduisent pas à une peau de chagrin. De plus, les Français, à juste titre une fois de plus, sont particulièrement indignés par le fait qu’en période de crise, les banques aient reçu plusieurs milliards d’euros, tandis que la caisse des retraites ‘’ se desséchait ‘’.

Mais ce n’est tout de même pas une raison pour organiser des émeutes, incendier des voitures, bloquer les dépôts de carburants etc. Les Français sont loin d’être des extrémistes hostiles à toute réforme sensible.

Le problème semble plutôt émaner de l’initiateur de ‘’ la situation révolutionnaire ‘’ actuelle, Nicolas Sarkozy. Les émeutes actuelles semblent moins dirigées contre les réformes que contre Nicolas Sarkozy. Ce dernier a réussi (très rapidement d’ailleurs) à dresser contre lui la majorité des Français par la plus efficace des méthodes françaises. Il a infligé ‘’ une douche écossaise ‘’ à la France composée de l’amour ostentatoire pour le luxe et l’argent au sein de son couple (le président a commencé son mandat en augmentant son salaire de 140% et en réduisant ses impôts) et des appels à travailler plus et à se reposer moins pour tout le reste de la France. Personne n’apprécierait cela. Changer les Français, leur mode de vie, les mœurs? Apparemment, Nicolas Sarkozy n’en est pas incapable. Avoir l’allure de Napoléon et l’être réellement sont deux choses parfaitement distinctes.

Par ailleurs, Sarkozy est comparé de plus en plus souvent à Louis XVI en 1789. A cette époque lointaine, ce dernier n’avait pas réellement conscience de la situation et des raisons du soulèvement des masses. Nous connaissons la triste fin de l’histoire. Evidemment, le 23ème président de la V république ne risque pas de se faire guillotiner. Mais il pourrait subir un siège de longue durée. Et ses chances de réélection en 2012 sont nulles. Sauf si, événement improbable et saugrenu, les Français étaient expulsés du pays du vin, du fromage et du parfum et étaient  évincés par les Tsiganes de Roumanie et de Bulgarie actuellement expulsés.

Les socialistes ont déjà promis de rétablir la retraite à 60 ans dès leur arrivée au pouvoir.

Ce texte n’engage pas la responsabilité de RIA Novosti.

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