L'attentat suicide contre la base militaire de la ville daghestanaise de Bouïnaksk, au Caucase russe, a fait cinq morts et plus d'une trentaine de blessés.
Dimanche, à environ 1 heure du matin, un kamikaze en voiture piégée Jigouli a essayé de pénétrer dans le camp militaire Dalni de la 136e brigade motorisée, disloquée dans la banlieue de Bouïnaksk. La garde a essayé d'arrêter le véhicule en tirant dessus. Finalement, Jigouli a percuté une voiture militaire et s'est explosée.
Cet attentat suicide avait été précédé par deux autres, au cours de ces derniers jours. Vendredi, deux kamikazes islamistes ont actionné leur explosif devant un bâtiment de police de la ville tadjike de Khoudjand. Samedi un terroriste en voiture piégée a attaqué une colonne de l'ISAF à Kandahar, en Afghanistan. Dans le même jour dans une autre province d'Afghanistan, en Kunduz, un kamikaze en moto piégée a percuté un groupe de policiers.
Pourquoi les terroristes utilisent de plus en plus souvent la tactique d'attentat suicide? Nous avons recueilli les propos de l'expert Alexei Malachenko de la Fondation Carnegie.
"Les extrémistes ont depuis longtemps étudié les variantes les plus efficaces de coups isolés. Ils s'y préparaient en écoles spécialisées, dans les camps. Et il y a de plus en plus de gens qui sont prêts à se sacrifier. Je pense, donc, que cette situation va perdurer. D'autant plus que la lutte contre l'extrémisme fondé sur la religion signifie que nous avons affaire à des fanatiques, non pas à des bandits. Ils sont nombreux et ils élargissent toujours leurs rangs. En effet, il y a beaucoup de gens maltraités par les autorités et mordant à la propagande extrémiste. Commet leur faire face? Même les représentants des services spéciaux avouent que c'est très difficile. On peut trouver un camp où ils sont préparés mais il est extrêmement difficile d'inverser la tendance. L'essentiel y est, sans doute, le travail de renseignement. Mais là, ce n'est plus à moi de poser les questions", dit l'expert Alexei Malachenko de la Fondation Carnegie.
Entre-temps, le ministre russe de la Défense, Anatoli Serdioukov, a décrété de renforcer la sécurité antiterroriste des sites militaires dans la circonscription militaire du Sud.
