Producteur musical et showman, Barry Alibasov monte toujours en première ligne pour défrayer la chronique mondaine. Au nombre de ses réalisations on peut mentionner le groupe de musique rock « Integral » qui a fait son apparition en URSS à la fin des années 1960. Il a également été producteur du groupe « Na-na » qui, dans les anées 1990, a plus d'une fois raflé le prix musical « Ovation », le plus prestigieux en Russie.
Cet homme souriant et ironique d'aspect oriental, est extravagant et fantasque. En public, il prend souvent les allures d'un « fou ». Au printemps dernier Barry Alibasov a monté mine de rien une répétrition de son enterrement. Il y a convié ses collègues du groupe « Na-na » qui se sont fendus des discours ad memorem de circonstance.
Il est né en 1947 au village de Tcharskoïé au Kazakhstan de père kazakh et de mère tatare. Il n'y a pas longtemps il a gagné un procès sans précédent contre le blogueur qui l'avait traité de « travailleur immigré tataro-kazakh ». Le défendeur a été condamné à payer plus de 35 000 dollars à titre de réparation du préjudice moral, somme record pour la justice russe.
La famille de Barry Alibason était nombreuse mais aisée. Les parents travaillaient, il y avait une bonne à la maison mais tous les enfants devaient s'occuper du ménage, du potager et du bétail. C'est depuis ce temps-là que Bary a le travail domestique en horreur. Tout autour la déliquence faisait des ravages mais Alibasov n'était jamais inquiété parce qu'il jouait toujours aux soirées dansantes et jouissait à ce titre de tous les honneurs et égards. A la veille du départ de Barry qui allait étudier en ville, le caïd local a voulu lui offrir un vrai pistolet en signe de respect mais Alibasov a sagement décliné l'offre.
Dans les années 1970 il faisait partie des hippies, participait à leurs teufs paresseuses mais s'en est assez vite désintéressé. Avec le groupe rock « Intergral » il a fait le tour de toute l'Union Soviétique et sais bien ce que c'est la vie nomade et le kaléïdoscope de villes et d'admiratrices. Alibasov est un adminstrateur sévère qui réglemente rigoureusement la vie de ses administrés. On raconte qu'il pratique des pénalités exorbitants et interdit à ses musiciens bien des petits plaisirs de la vie.
Il a été marié plus d'une fois mais aucun mariage n'a duré longtemps. L'actrice Lidia Fedoseeva, la veuve de l'écrivain Vassili Choukchine avec laquelle il a fait ménage pendant quatre ans et gardé les rapports de confiance après la séparation, fait exception à ce titre. D'un de ses premiers mariages il a un fils qui s'appelle Barry comme lui.
Barry Alibason est un photographe professionnel. Il tourne également des films commandés par Gazprom pour lesquels il requiert l'anonymat.
Agé de 63 ans, Barry Alibason se positionne ces derniers temps comme philosophe populaire. Sa conception du monde qui se fonde sur la lecture des livres d'histoire des religions, est tissée de contradictions mais il n'en accepte pas moins tout ce qui s'était produit dans l'histoire de l'humanité.
« L'histoire ne commet pas d'erreurs, - dit-il. - Elle donne des leçons que nous ne devons pas manquer ».
