La déclaration du dirigeant biélorusse est pour le moins contestable. Le Code des douanes est entré en vigueur en Russie et au Kazakhstan dès le 1 juillet. Heureusement que Minsk a pu, au moins, le ratifier avant la phase finale de la formation de l'Union douanière.
Un des changements principaux pour les membres de l'union, c'est la simplification des règles du business. La libre circulation des produits des pays de l'union sera instaurée sur leur territoire douanier commun. Pour les personnes physiques, les nouvelles règles de transport du bagage, selon lesquelles les droits de douane ne sont pas prélevés sur les produits à une valeur inférieure à 1 500 euros, et d'un poids inférieur à 50 kilos.
Mais pourquoi Minsk a traîné avec la ratification du Code jusqu'au dernier moment? C'est-à-dire, jusqu'à la session du Conseil interétatique de la Communauté économique eurasienne (CEEA) qui aura lieu lundi 5 juillet dans la capitale du Kazakhstan, Astana. Le président biélorusse essayait de forcer ses partenaires à des concessions, estime l'adjoint au directeur de l'Institut des pays de la CEI, Vladimir Jarikhine:
"Loukachenko montait la pression, essayant d'imposer ses conditions de livraison d'hydrocarbures dans le cadre de l'Union douanière. Dans ce cas, la Russie et le Kazakhstan ont fait preuve de fermeté de leurs positions, prêts à réaliser l'Union douanière sans la Biélorussie, si c'était nécessaire. Et Loukachenko a compris que traîner encore dans cette question mènerait à ce que l'Union commencera à fonctionner sans Minsk, ce qui porterait un grand préjudice à l'économie biélorusse. Et après tout le bruit que Loukachenko a fait autour de la signature du Code des douanes, il va finalement venir à Astana avec le document ratifié par son parlement."
Le président biélorusse s'est en effet rendu à la capitale kazakhe. Le Conseil interétatique de la CEEA, c'est la phase finale où les dirigeants vont approuver tous les documents et traités sur l'Union douanière. Les autres membres de la CEEA suivent avec grand intérêt la mise en place de l'union parce que c'est le premier pas vers la création d'un espace économique commun qui pourrait finalement réunir tous les pays de la CEI. Quant à la Biélorussie, les experts espèrent que Minsk ne va pas réviser les traités et accords signés, une fois que l'Union commence à fonctionner.
