Revue de la presse russe du 1er juin

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Russie-UE : une question de principe/ La BCR réduit son taux de refinancement/ L'Ukraine a cessé de craindre les services de renseignement russes/ Attaque israélienne: grave violation du droit international

Rossiïskaïa gazeta

Russie-UE : une question de principe

 

Les dirigeants de la Russie et de l'UE se rencontrent pour la première fois depuis l'entrée en vigueur du traité de Lisbonne et des changements institutionnels en Europe qui en ont découlé, écrit mardi le quotidien Rossiïskaïa gazeta.

La délégation de l'UE au sommet de Rostov-sur-le-Don (à 958 km au Sud de Moscou) est conduite par le président du Conseil de l'Europe, Herman Van Rompuy, accompagné du président de la Commission européenne, José Manuel Barroso, bien connu des dirigeants russes, ainsi que de Catherine Ashton, vice-présidente de l'UE.

Moscou considère le nouveau format de la délégation de l'Union européenne comme un fait positif. "Cette configuration stable permet d'espérer que l'Union européenne mettra en œuvre les accords débattus lors du sommet d'une manière plus conséquente", a fait remarquer le vice-ministre russe des Affaires étrangères, Alexandre Grouchko.

On verra s'il est ainsi dans six mois, lors du prochain sommet, alors qu'à Rostov-sur-le-Don les délégations continueront à débattre des questions qui les intéressent. La Russie entend, par exemple, poser crûment la question du passage au régime sans visas avec l'Europe, élaborer un programme pour ce processus et fixer des dates concrètes. Les fonctionnaires russes sont certains qu'il n'y a pas d'obstacles techniques à l'abrogation des visas.

L'Europe a son propre point de vue sur ce problème. Il n'est pas dépourvu de composante politique dans la mesure où les pays de l'UE ne se prononcent pas tous fermement pour l'annulation des visas avec la Russie. Qui plus est, l'Union européenne a des griefs à avancer à la Russie sur la façon dont est appliqué l'accord sur l'allégement du régime de visas en vigueur depuis 2007."Pour l'instant, nous attendons la création de conditions favorables pour l'introduction du régime sans visas, a déclaré Fernando Valenzuela, représentant de l'Union européenne en Russie. J'estime qu'on peut faire beaucoup en vue de simplifier le régime de visas, pour que les voyages réciproques de nos citoyens soient plus faciles et commodes".

Le travail sur un nouvel accord de coopération Russie-UE (accord de base) se poursuit depuis plusieurs années. Les négociations avancent lentement, reconnaissent les deux parties. Des lenteurs sont également observées dans les des domaines commercial et économique. Cela est dû, premièrement, à une certaine incertitude concernant l'adhésion de la Russie à l'Organisation mondiale du commerce. Deuxièmement, le domaine énergétique est traditionnellement une pierre d'achoppement.

L'initiative russe de conclure un nouveau traité de sécurité européenne, ainsi que les problèmes internationaux feront également l'objet de discussions. Le respect des droits de l'homme en Russie est également un sujet traditionnel des sommets Russie-UE, à nouveau d’actualité avec la mort du juriste Sergueï Magnitsky dans une maison d'arrêt.

 

Vedomosti

La BCR a réduit son taux de refinancement à 7,75%

 

La Banque centrale de Russie (BCR) baisse à partir du 1er juin son taux de refinancement et les taux pour certaines opérations d’un quart de point de pourcentage, a annoncé lundi soir le département des relations extérieures et publiques de la BCR. Le taux de refinancement est abaissé de 8% à 7,75%. C'est déjà sa quatrième réduction depuis le début de l'année lorsqu'il était au niveau de 8,75%, écrit mardi le quotidien Vedomosti.

Cependant, la BCR a laissé le taux fixe de dépôt overnight au niveau de 2,5%. La plus grande réduction concerne le taux des dépôts dits "d'une semaine": d'emblée d’un demi de point de pourcentage à 2,75%.

En mai 2010, les taux annuels d'inflation ont continué à baisser. Selon un communiqué de la BCR, à la date du 25 mai, l'inflation était de 5,7%, mais les risques de sa montée significative restent faibles dans les mois à venir. Cependant, les risques d'instabilité de l'activité dans le domaine des crédits et de la croissance économique restent importants, ce qui rend opportune la décision de soutenir l'activité économique, estime la BCR.

Cette dernière estime que le niveau actuel des taux d'intérêts peut être conservé dans les mois à venir.

Cet événement était prévisible: ces dernières semaines, l'inflation était au niveau minimal de 0,1%, en ce moment, elle est de 5,7% contre 8,6% pour la même période de 2009, fait observer Nikolaï Podgouzov, analyste de Renaissance Capital. Tous les efforts déployés par la BCR visent à stimuler le financement du secteur réel de l'économie. Mais elle prévient que c'est l'achèvement de la phase active de la réduction des taux. Les taux resteront bas au moins jusqu'à 2011 et une nouvelle réduction au quatrième trimestre de 2010 n'est pas exclue, résume Nikolaï Podgouzov.

La nouvelle baisse du taux de refinancement est modérément négative pour le cours du rouble et positive pour le marché des valeurs en raison des attentes d'un accroissement insignifiant des liquidités intérieures, estime Sergueï Souverov, vice-président de la Deutsche bank. En même temps, la dynamique du rouble est déterminée bien plus par la situation sur les marchés monétaires mondiaux, l'état de la balance des paiements, la politique de la BCR et le niveau du déficit budgétaire. De plus, les intervenants sur le marché estiment que la réduction du taux d'escompte est probablement la dernière pour cette année, ajoute-t-il.

 

Izvestia

L'Ukraine a cessé de craindre les services de renseignement russes

 

Le bureau de contre-espionnage du service de sécurité de l'Ukraine (SBU) a cessé de surveiller les agents de renseignement russes. Selon les journalistes de Kiev, ce geste de “bonne volonté“ est une initiative des autorités ukrainiennes, écrit mardi le quotidien Izvestia.

De plus, le SBU et le Service fédéral de Sécurité russe (FSB) ont signé un accord prévoyant le retour des agents de renseignement russes sur le territoire de l'Ukraine (à commencer par Sébastopol). Andreï Kojemiakine, député à la Rada (parlement ukrainien) et ancien vice-président du SBU, a expliqué au correspondant d'Izvestia la façon dont les services spéciaux des deux pays vont coopérer.

Il existe des lois concernant la sécurité nationale et le SBU qui réglementent l'activité des services de renseignement. La coopération avec des services de renseignement étrangers, y compris russes, est une pratique courante pour le SBU.

La coopération entre les services de renseignement concerne essentiellement la lutte contre le crime organisé international, le trafic de stupéfiants, la migration clandestine et la traite d’êtres humains. Il y a aussi d'autres domaines liés à la sécurité nationale et à la protection de la souveraineté du pays qui relèvent du service de contre-espionnage chargé de protéger les secrets d'État, a déclaré A. Kojemiakine. Cela concerne notamment les avancées technologiques  et l'information économique. Le contre-espionnage assure également la sécurité de l'information et empêche aux services de renseignement étrangers de se mêler des affaires nationales. Il agit conformément aux lois, et cette situation restera inchangée.

A. Kojemiakine a également déclaré ne pas savoir si les représentants du FSB étaient partis. Aujourd’hui leur situation est légalisée. L'activité des employés du FSB en Ukraine ne se limitera pas seulement à Sébastopol. Les sites de la flotte de la mer Noire sont situés à Balaklava et près d'Evpatoria. Selon le député, l’important pour l’Ukraine n’est pas le nombre d'agents du FSB qui ont travaillé et travaille sur son territoire. Un seul agent du service de renseignement agissant en toute légalité et sans couverture a la possibilité de remplir sa mission. L'Ukraine a donc considérablement simplifié la tâche au Service fédéral de sécurité.

À la question de savoir s’il y a eu des provocations de la part des services de renseignement russes lors de la révolution orange, A. Kojemiakine a répondu : « Il n’y a eu aucun acte de sabotage de la part des services de renseignement. De plus, nous coopérions avec les Russes. Il ne pouvait être question de sabotage. Nous avions passé un accord pour ne pas mener ce genre d'activités sur le territoire d'un pays-ami. Et cet accord a été respecté ».

 

Vzgliad

Attaque israélienne: grave violation du droit international  

 

L'attaque des militaires israéliens contre la « flottille de la paix », qui a fait plusieurs dizaines de morts, a provoqué l'indignation de la communauté internationale, écrit mardi le quotidien Vzgliad.

Les actions d'Israël ont été condamnées par le secrétaire général de l'ONU, ainsi que par les dirigeants d’un grand nombre d'États. Le ministère russe des Affaires étrangères les a qualifiées «  de grave violation des normes juridiques et internationales en vigueur ».

Anatoli Kolodkine, président de l'association russe du droit international de la mer, a expliqué au journal Vzgliad qu’il est interdit d’enfreindre le blocus si ce blocus est légitime. Tout porte à croire qu'Israël considérait cette flottille comme une violation du blocus de la bande de Gaza. De plus, les Israéliens auraient pu soupçonner que les navires transportaient un chargement non humanitaire. Or, dans ce cas, ils ne pouvaient les arrêter qu'en s'assurant que c'était un chargement militaire. S’il s’agissait d’un chargement humanitaire, il ne fallait pas ouvrir le feu. Mais il y a relativement peu d'informations sur ce sujet et tous les faits n'ont pas été vérifiés, précise l’expert.

Les actions d'Israël ont conduit à la mort de plusieurs personnes. De plus, Israël aurait dû employer des méthodes différentes. Les navires auraient pu être arrêtés à l'aide de navires militaires afin de vérifier le chargement. Ayant soupçonné un transport d’armement ou une tentative d'enfreindre le blocus, il reste  inacceptable de prendre le navire à l'abordage en mer. Les seuls soupçons d'Israël ne peuvent justifier une telle action, car ce n'est pas une opération anti-pirate.

Israël pourrait en endosser la responsabilité. Le Conseil de sécurité de l'ONU pourrait faire une déclaration ou la Turquie pourrait formuler une requête auprès de la Cour internationale de l'ONU, au Tribunal international du droit maritime.

De plus, le navire naviguait sous le pavillon turc dans les eaux internationales. Ce qui signifie que les personnes se trouvant à bord avaient le droit à l’autodéfense. Théoriquement, ils auraient pu croire que c’était une attaque de pirates.

Les motifs de saisie du navire peuvent être les suivants: le navire mène des actions de piraterie; le navire pratique la traite d'esclaves; le navire diffuse illégalement des émissions télé ou radio; le navire est suspecté de trafic de stupéfiants; le navire n'a pas de nationalité, de pavillon etc. Or, le navire turc ne présentait aucune de ces caractéristiques, a souligné Anatoli Kolodkone.

 

Ces textes tirés de la presse russe n'engagent pas la responsabilité de RIA Novosti.

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