Le Protocole du traité START: qu’entend-on par armements stratégiques?

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Le traité de réduction des armements stratégiques offensifs (START) signé le 8 avril 2010 à Prague comprend deux documents: le Traité proprement dit de 12 pages et le Protocole de 138 pages expliquant les termes employés dans le traité et déterminant les procédures d’application et de contrôle du respect de ses dispositions.

Le traité de réduction des armements stratégiques offensifs (START) signé le 8 avril 2010 à Prague comprend deux documents: le Traité proprement dit de 12 pages et le Protocole de 138 pages expliquant les termes employés dans le traité et déterminant les procédures d’application et de contrôle du respect de ses dispositions.

La majeure partie du document est destinée aux spécialistes, mais son premier chapitre définissant les termes du Traité est bien plus intéressant. En fait, c'est aujourd'hui le seul code légalisé de définitions à employer quand on parle d’armements stratégiques nucléaires.

Prenons le terme de « base de missiles balistiques intercontinentaux » (ICBM). Le nouveau traité START ne mentionne pas de restrictions sur les régions dans lesquelles sont déployés les systèmes de missiles mobiles terrestres (de type Topol, Topol-M, RS-24 "Yars"). L'article IV du Traité stipule que les rampes de lancement des missiles intercontinentaux ne doivent être installées que dans les bases d'ICBM. Dans le Protocole, le terme de « base d'ICBM » appliqué au cas de rampes de lancement mobiles signifie « région où se trouvent une ou deux zones de stationnement avec un ouvrage d'entretien ».

A la différence du traité START-I, cette définition ne détermine ni la surface de la région, ni le nombre de zones de stationnement, ni le nombre de dispositifs qui peuvent se trouver simultanément en dehors de ces régions.

Comment déchiffrer aujourd'hui les principaux éléments de la triade nucléaire ?

On entend toujours par missile balistique intercontinental un missile balistique de stationnement terrestre de portée d'au moins 5500 km. La distance de 5500 en tant que caractéristique ne doit rien au hasard, c'est la plus courte distance entre le territoire de la Russie et la partie continentale des États-Unis (à l’exception de l'Alaska).

Un bombardier lourd est défini comme un bombardier d'un rayon d'action d'au moins 8000 km et/ou doté de missiles de croisière de longue portée (600 km minimum). Ce rayon d'action d'un bombardier de 8000 km ayant décollé depuis la Russie permet, avec un seul ravitaillement en vol, d'atteindre une cible située sur le territoire des États-Unis (ou vice versa) et de revenir. Cette définition date des années 1970, époque des premières négociations entre l'URSS et les États-Unis sur la limitation des armements stratégiques. Au cours de ces négociations, des discussions très dures avaient porté sur le bombardier Tu-22M3 d’une distance franchissable de 7000 km. Les États-Unis insistaient pour qu'il soit considéré comme bombardier lourd et ils n'acceptèrent de ne pas le considérer comme tel qu'après l'engagement de l'URSS de ne pas doter le Tu-22M3 de perche de ravitaillement en vol et de ne pas l'utiliser pour les lancements de missiles de croisières de plus de 600 km de portée.

Le Protocole entend par missiles balistiques embarqués sur sous-marins les missiles d’une portée de plus de 600 km lancés depuis un sous-marin. Cette diminution de la portée par rapport au missile balistique intercontinental est parfaitement logique puisque la mobilité et l'invisibilité du sous-marin lui permettent de se rapprocher très près du littoral et lui assurent des capacités stratégiques même s'il est doté de missiles de portée bien inférieure à celle d’un missile balistique intercontinental.

Les missiles de croisière de longue portée ont les mêmes capacités, mais le traité signé, de même que les documents précédents sur les armements stratégiques offensifs, n'attribue le rôle des armes stratégiques qu'aux missiles de croisière lancés depuis des avions. En faisant abstraction du Protocole, il convient de noter que le déploiement de missiles de croisière sur la mer est actuellement limité par l'entente intervenue entre l'URSS et les États-Unis en 1991 sur le retrait réciproque des armes nucléaires tactiques des navires et des sous-marins de la Marine. Cette définition s'étendait aux missiles de croisière de longue portée dotés d'ogives nucléaires: S-10 Granat pour l'URSS et BGM-109A Tomahawk, pour les États-Unis. En même temps, les missiles de croisière modernes de stationnement maritime peuvent jouer un important rôle stratégique même s'ils sont dotés de charges conventionnelles, mais les propositions réitérées de la Russie de limiter ce type d'armements maritimes n'ont pas encore trouvé de soutien.

Ce texte n'engage que la responsabilité de l'auteur.

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