«UN REGARD SANS FRONTIERES»: Après les explosions

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« Dans une capitale sous le choc, après ce sinistre retour du terrorisme qui porterait la marque
« Dans une capitale sous le choc, après ce sinistre retour du terrorisme qui porterait la marque des rebelles du Caucase du Nord, l'inquiétude se fait remarquer sur les visages dans le métro… » C’est ce qu’on peut lire ou entendre aujourd’hui dans les médias français commentant les récents attentats de Moscou, attentats qui ont fait 39 morts et fait plus de 70 blessés, dont plusieurs se trouvent toujours dans un état critique, selon un dernier bilan.
« Les attentats n’ont pas été revendiqués, signale France-Info, mais les autorités russes les ont immédiatement attribués aux rebelles islamistes du Caucase. Pourtant, fin janvier, un super-gouverneur, connu pour sa fermeté, avait été nommé à la tête de cette région. De quoi susciter colère et incompréhension de la part de la population », remarque la radio.
Pour le jounal « Le Monde », le Caucase russe est loin d’être pacifié : « malgré deux guerres et la mort des dizaines de milliers de Tchétchènes, le cordon des petites républiques musulmanes du sud de la Fédération (Tchétchénie, Ingouchie, Daghestan, Kabardino-Balkarie) est devenu un cloaque où s'affrontent et coopèrent à la fois les forces de l'ordre, les élites locales et la guérilla islamiste ». À ce propos, Pierre Avril, dans « Le Figaro », suggère de ne pas prendre à la légère les déclarations du Tchétchène Dokou Oumarov après l'attentat du Nevski Express, qui avait causé la mort de 26 personnes. « A plusieurs reprises, écrit le journaliste, ce rebelle islamiste avait affiché sa volonté de déplacer le djihad au cœur de la Russie. Avec ces attaques, sa prophétie s'est parfaitement réalisée ».
Cela dit, aucune piste ne permet aujourd'hui de dire qu'il est derrière ces attentats, constatent tous les médias français en prêtant leur attention autant aux explosions mêmes qu’à leurs conséquences éventuelles pour la politique russe. Le quotidien « 20 minutes » cite les propos de Vladimir Poutine : « les terroristes seront anéantis», et ceux de Dmitri Medvedev : « la lutte contre le terrorisme va continuer sans hésitation en Russie ». Le ton musclé des deux dirigeants est dicté, selon plusieurs journaux, par l’importance du drame mais aussi par le choix du lieu de l’explosion, hautement symbolique. Ils y voient un défi des terroristes aux autorités, étant donné que le siège du FSB (Service fédéral de sécurité) est situé près de la station Loubianka.
Or pour la plupart des commentateurs, ce double attentat suicide, en plein cœur de Moscou, et notamment au pied de l’immeuble du FSB, signifie l’insuccès de la politique du pouvoir fédéral dans la région du Caucase. Notamment, selon Hélène Despic-Popovic de « Libération », les attentats du métro de Moscou, imputés au terrorisme islamiste, ont effacé l’illusion d’une Russie qui aurait renoué avec la stabilité grâce à une politique autoritaire mais éclairée. Marie Jégo, au journal « Le Monde », constate que « la guerre dans le Caucase du Nord n'est pas terminée. »


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