Kommersant
Les projets économiques russo-israéliens manquent de soutien politique
De l'avis unanime des hommes politiques et des experts, une base économique solide fait défaut aux rapports entre la Russie et Israël qui connaissent un développement dynamique, lit-on mardi dans le quotidien Kommersant.
Les dirigeants des deux pays déclarent qu'ils sont disposés à faire preuve de bonne volonté politique pour promouvoir la coopération économique. Pour remédier à la situation actuelle, Moscou a décidé de convoquer un premier forum d'affaires russo-israélien.
Jamais encore Moscou n'a accueilli un nombre aussi impressionnant d'hommes d'affaires israéliens. En plus de Benjamin Ben-Eliezer, le ministre de l'Industrie, du Commerce et de l'Emploi, 50 représentants des compagnies spécialisées dans l'agriculture, les télécommunications et le secteur bancaire, ainsi que dans le domaine de la sécurité, des installations d'épuration de l'eau et de l'extraction des diamants sont arrivés au forum.
On a fait plusieurs tentatives pour établir une coopération économique fructueuse, cependant, chaque fois, les transactions ont échoué pour des raisons différentes, entre autres, à la suite d'une pression directe de l'administration américaine.
Les experts estiment que les échecs des années précédentes étaient dus, pour beaucoup, à l'absence de soutien énergique des dirigeants politiques de la Russie et d'Israël aux projets économiques. A présent, les parties essaient de combler cette lacune. Ainsi, un accord intergouvernemental sur la coopération dans les études et la recherche-développement industrielle a été signé hier. "L'atmosphère politique est actuellement bonne dans les rapports avec Israël, il faut en profiter, a déclaré le directeur général adjoint de la corporation Rosnano, Alexandre Lossioukov. Ce signal pour la coopération vient des hauts dirigeants de ce pays".
L'exploitation commune du gisement de gaz Tamar-1 au large d’Haïfa, évalué à 142 milliards de m3 de gaz, pourrait contribuer à la création d'une base solide de la coopération russo-israélienne à long terme. D'autres projets communs sont également à l'étude. Connu par son industrie du diamant, Israël a l'intention d'accroître ses achats de diamants à la Russie. Les compagnies qui possèdent une riche expérience en matière de sécurité comptent obtenir des contrats dans le cadre du programme Sotchi-2014.
Cependant, l'absence d'accord pour encourager la protection des investissements, élaboré par la Russie et Israël depuis déjà 15 ans, freine la coopération. Le fait est que les parties ont des approches différentes du règlement des litiges. Ainsi, on estime que les partenaires peuvent régler tous les désaccords dans les instances internationales. Moscou insiste pour que les litiges n'y soient soumis qu'avec accord des deux parties. Les Israéliens jugent cela inadmissible. Hier, les parties ont de nouveau constaté l'absence de progrès et reporté, pour la énième fois, la signature du document.
Vremia Novosteï
Poutine mécontent de la négligence des fonctionnaires
En une semaine, le président Dmitri Medvedev d’abord, et le premier ministre Vladimir Poutine ensuite, ont reconnu ouvertement que les consignes des premières personnes de l’État n’étaient pas exécutées de façon continue, lit-on mardi dans le quotidien Vremia Novosteï.
Selon les experts, c'est un problème systémique et ce n’est pas par l'activité sporadique publique des hauts fonctionnaires qu’on pourra le corriger.
Le chef du gouvernement a demandé hier au vice- premier ministre Dmitri Kozak la destitution immédiate de ceux qui sont responsables que les prix de la construction aux frais de l’Etat en Russie ne baissent pas, à la différence de l’Union Européen. Le premier ministre s’est étonné qu'avec un salaire plus bas, ainsi qu’un coût de l'énergie électrique et des matériaux moins cher, les travaux de construction en Russie sont souvent plus onéreux qu'en Europe. Sergueï Krouglik, vice-ministre du Développement régional, a été désigné comme coupable.
La négligence du pouvoir exécutif n’étonne plus personne, et même le double contrôle - du côté du président et du côté du premier ministre – ne l’aide pas. «Le problème réside dans l'inefficacité générale du système qui, surchargé de fonctions, s’est plongé dans «la routine» et ne peut définir ses priorités», dit Anton Danilov-Danilian, chef du conseil d’experts de la Delovaia Rossia (Russie d’affaires) et ancien conseiller économique de l’administration présidentielle.
La négligence est dans la nature même de la bureaucratie actuelle, estime Evgueni Iassine, directeur scientifique du Haut Collège d'économie, et ministre de l'Economie au milieu des années 1990. Pour ne pas semer la discorde dans le tandem au pouvoir, le chef du gouvernement est obligé de montrer que les ministres n’exécutent pas les consignes présidentielles, et sabotent même les instructions de leur chef direct.
«Tout cela est la conséquence logique de la réforme administrative des années 2000, qui consistait essentiellement en un jeu de chaises musicales entre différents ministères, départements et agences », rappelle Igor Nikolaïev, directeur du département d'analyse stratégique de la société FBK. Selon lui, l’essentiel n’a pas été fait: motiver le travail des fonctionnaires, dont la plupart ne voit dans cette fonction qu’une source de revenu. «En plus, la situation s'est aggravée avec la crise, quand beaucoup estimaient n’être que de passage, dit l'expert. En même temps, les fonctionnaires comprennent que trouver instantanément un remplaçant compétent n'est pas facile, et que par conséquent leur chef réfléchira avant de destituer son personnel».
Vedomosti
Une compagnie publique dit la vérité sur l'Etat russe
La compagnie publique des Chemins de fer russes (RZD) a beaucoup de griefs à avancer au système judiciaire russe: ce dernier est vénal, incompétent et aucune de ses décisions n’est mise en œuvre, lit-on mardi dans le quotidien Vedomosti.
En témoigne un mémorandum sur les investissements du monopole ferroviaire qui a lancé un road show de placement d'euro-obligations pour un milliard de dollars.
La RZD prévient les acheteurs de ses obligations que les organismes de l'Etat peuvent prendre des décisions arbitraires et être corrompus. Quant aux tribunaux qui auraient pu s'opposer à ces décisions, ils ne sont pas suffisamment indépendants vis-à-vis des forces politiques, publiques et commerciales et ils peuvent aussi être corrompus. De plus, les tribunaux manquent d'employés et de financement, les juges restent incompétents sur certains problèmes des compagnies et en droit corporatif et lorsqu'un tribunal rend une décision, il est très difficile de la mettre en œuvre.
La RZD avait déjà prévenu ses investisseurs des problèmes russes. Dans le mémorandum sur l'émission d'euro-obligations en 2006, le monopole ferroviaire avait mentionné l'application sélective du droit, le manque d’indépendance du système judiciaire et les difficultés de l'exécution des décisions, en soulignant que la corruption existait depuis longtemps en Russie. Pourtant, dans ses rapports sur les normes internationales IFRS relatives à la comptabilité, la RZD ne dévoile pas ces risques.
Les représentants de la RZD et les organisateurs des placements – les banques d'investissement Barclays Capital, JPMorgan et VTB capital – n'ont pas répondu aux requêtes du quotidien Vedomosti. Un employé de la RZD a fait remarquer que le chapitre "Risques" était écrit par des banques d'investissement et que la RZD n'avait rien à voir avec son contenu.
Les compagnies russes abordent régulièrement les imperfections du pouvoir russe dans le chapitre "Risques" en publiant leurs rapports et mémorandums. Mais les monopoles publics sont plus prudents dans leurs formules, surtout dans les documents destinés aux investisseurs internationaux. Ainsi, dans le dernier mémorandum de Gazprom (sur les obligations émises durant l'été 2009), le mot "corruption" ne figure pas. Dans son prospectus sur les euro-obligations de 2008, Transneft a écrit que la presse étrangère avait toujours souligné le haut niveau de corruption en Russie" (en reconnaissant que la corruption peut effectivement influer sur les affaires de la compagnie).
Le chapitre "Risques" est rédigé par les organisateurs de placements et les juristes qui consultent les émetteurs, le but principal de ce chapitre est de prévenir des éventuels risques judiciaires qu'un émetteur peut courir à cause des actionnaires, affirme le partenaire de Verna Capital, Dmitri Krioukov. Les investisseurs étrangers ne font pas attention à la description des risques et effectuent leur propre analyse, dit-il. "Qui plus est, tous les investisseurs étrangers lisent The Economist et The Wall Street Journal, c'est pourquoi ils se rendent compte des risques d'investissement en Russie", estime Dmitri Krioukov.
Kommersant
Rusal a défendu l'actif guinéen
Rusal a obtenu l’annulation de la décision de septembre de la cour guinéenne concernant la privatisation illégale du complexe de bauxite-alumine Friguia, lit-on mardi dans le quotidien Kommersant.
L'affaire sera portée devant l’Arbitrage international à Paris où la compagnie aura un gros avantage, constatent les juristes.
Le complexe Friguia (capacité de 2,2 millions de tonnes de bauxite et 700000 tonnes d’alumine, inclue une mine bauxite, une usine d’alumine, un chemin de fer et autres infrastructures) a été acheté par Rusal en 2006 pour 19 millions de dollars, 400 millions de dollars supplémentaires ont été investis dans son développement. Après l'arrivée au pouvoir en Guinée de la junte militaire en décembre 2008, le nouveau gouvernement a contesté les droits de Rusal sur Friguia.
La cour d'appel guinéenne a annulé la décision du tribunal de première instance concernant la privatisation illégale par Rusal du complexe bauxite-alumine Friguia, a annoncé la société russe. La cour a établi que cette affaire devait être portée devant l’Arbitrage international de Paris, les cours locales ne possédant pas de la juridiction nécessaire en ce qui concerne une société étrangère.
Mahmoud Thiam, ministre guinéen des Mines et de l'Énergie, toujours en poste après le changement de gouvernement, a annoncé que la cour ne supprimait pas les prétentions financières à Rusal: «La société doit toujours 860 millions de dollars à la Guinée, ainsi qu’une compensation pour le préjudice subi par le gouvernement guinéen pendant la conclusion de la transaction».
L’annulation de la décision judiciaire est sans doute une bonne nouvelle pour la société, dit Denis Nouchtaev, analyste de la compagnie d'investissement Metropol. Friguia est un actif important de Rusal car le complexe produit 12% de la consommation totale d'alumine de la société, en plus il a un prix de revient bas.
Il est évident que les relations entre le pouvoir et la société russe commencent à s’améliorer depuis le changement de gouvernement, constate Vadim Zaïtsev du département des études africaines de l'Académie des Sciences de la Russie. Andreï Karelski, associé majoritaire du cabinet d'avocat «Karelski et partenaires» a des doute sur le fait que le gouvernement guinéen obtienne l’annulation de la privatisation auprès de la cour internationale: Rusal est une grande société, qui est presque sortie de la crise et a réglé le problème de ses dettes, c'est pourquoi les pouvoirs locaux doivent être intéressés par la présence d'un tel investisseur dans le pays. La société aura un gros avantage auprès de la cour internationale, estime M. Karelski: Rusal peut compter sur un véritable procès sans conflit d’intérêts. Le nouveau chef d’État guinéen, qui sera élu cet été, décidera définitivement si la Guinée persiste à vouloir supprimer la privatisation, ajoute M. Zaïtsev.
Ces textes tirés de la presse russe n'engagent pas la responsabilité de RIA Novosti.