Les nouvelles sanctions de l’ONU contre l’Iran n’auraient pas pour résultat la suspension de son programme nucléaire. Elles ne pourraient qu’aggraver la confrontation, estime Mohamed El Baradei, directeur général de l’Organisation internationale d’énergie atomique (AIEA). D’après lui, on pourrait régler le problème au moyen des négociations américano-iraniennes sans conditions préalables. Selon El Baradei, le président américain Barack Obama a déjà compris que les négociations avec l’Iran sont la seule solution possible.
Le patron de l’AIEA se prononce avec conséquence pour régler au moyen diplomatique le problème iranien. Téhéran a déclaré dès le début qu’il mène ses recherches nucléaires à des fins purement pacifiques, avant pour satisfaire ses besoins en énergie électrique.
Les Etats-Unis soupçonnent l’Iran d’élaborer secrètement l’arme de destruction massive. Mais ce pays ne possède pas en ce moment suffisamment d’uranium. Voilà pourquoi il ne s’agit pas dans un proche avenir de la création par Téhéran d’une bombe atomique. Les déclarations anti-américaines et anti-israéliennes régulières du leader iranien attisent la situation. En fait ce n’est qu’une rhétorique alors que les intérêts de Washington et de Téhéran coïncident même pour certains problèmes régionaux, a noté Lidia Koulechova, experte d’Iran, dans une interview à notre correspondant.
"Les Etats-Unis considèrent l’Iran comme la menace principale pour sa politique au Proche et au Moyen Orient, de même qu’une menace pour la politique de leurs alliés, en particulier d’Israel. D’autre part, ils souhaitent se mettre d’accord avec l’Iran. Parce que leurs intérêts dans certaines régions, comme l’Irak et l’Afghanistan, coïncident dans une certaine mesure. L’Iran est aussi contre les Talibans et ne souhaite pas la division de l’Irak".
Lidia Koulechova a noté que Washington penche pour se mettre d’accord avec Téhéran sans conditions préalables. Sous George Bush, l’Amérique a menacé l’Iran d’une agression armée, comme en Irak et en Afghanistan. On espère que le nouveau président américain conjure une nouvelle guerre. Beaucoup considèrent que le prix Nobel de la paix, remis à Barack Obama, est une sorte d’avance en vue d’appuyer ses aspirations pacifistes.
On est convaincu à Moscou que les sanctions contre Téhéran n’ont point de sens. Or il est difficile d’en convaincre les Etats-Unis et les autres membres du groupe de 6 médiateurs internationaux aux négociations avec l’Iran. Les parties ont convenu début octobre à Genève que les inspecteurs de l’AIEA soient admis à la deuxième usine iranienne d’enrichissement d’uranium. Les consultations internationales reprendraient lundi. Les représentants de la Russie, des Etats-Unis, de la France et de l’Iran se réuniront au quartier général de l’AIEA à Vienne. Ils discuteront des livraisons de carburant pour le réacteur de recherches iranien qui est utilisé pour la fabrication d’isotopes médicaux. Par ailleurs ce sont les entreprises de Russie et de France qui en fabriquent les composantes à partir de l’uranium appauvri.