Les députés du parlement de Kiev ont approuvé le projet de construction des nouveaux hôtels dans la capitale. D’après le projet, un hôtel serait construit sur le territoire du complexe commémoratif Babi Iar où les hitlériens ont tué pendant la Seconde guerre mondiale plus de 150 mille personnes de différentes nationalités.
A la demande de l’UEFA, Kiev doit construire plusieurs hôtels pour accueillir en 2012 le Championnat d’Europe de football. Le conseil municipal de Kiev a approuvé les sites de construction des nouveaux hôtels qui occuperaient pour la plupart des jardins et des zones boisées de la capitale. Les écologistes ont déjà sonné l’alarme : la ville dominée par le béton rendrait un mauvais service aux générations futures.
Cependant, l’un des nouveaux hôtels « Babi Iar » suscite une grande inquiétude. Le nouvel hôtel de 760 pièces serait construit près du ravin où gisent les ossements des victimes des exécutions massives, pendant l’occupation de Kiev par les troupes hitlériennes.
Les occupants allemands ont distribués en septembre 1941 les avis en ordonnant aux juifs de se réunir dans une place pour déménager. Ceux qui étaient venus ont été transportés au ravin de Babi Iar et exécutés aux mitrailleuses. Tziganes, prisonniers de guerre et partisans les ont suivis. Donc plus de 150 mille personnes y ont été exécutées, beaucoup de corps y ont été brûlés sur place. Le complexe commémoratif de Babi Iar a été érigé après la guerre. Mais les actuels parlementaires de Kiev ont la mémoire courte. Les avantages des investissements se sont avérés plus chers et plus attrayants que les principes de la morale et le respect des défunts.
Les vétérans de guerre, les défenseurs des droits de l’homme, des hommes politiques à l’étranger et en Ukraine se sont indignés des projets des députés de la Rada de Kiev. Plusieurs parlementaires ont renoncé à leur décision en déclarant qu’ils ne s’étaient pas aperçus, sur la longue liste des sites de construction, de la rue qui mène à Babi Iar. Le maire de Kiev Leonid Tchernovetski a tâché de régler le scandale. Il a remis en question les sites de construction en soulignant que personne n’allait construire quoique ce soit à Babi Iar. Il est toutefois difficile à le croire. Car cette démarche reflète l’actuelle politique de révision du passé ukrainien adoptée par les autorités du pays. L’hetman Mazepa et le chef de file des nationalistes Stepan Bandera ont récemment été réhabilités et les unités SS de la division « Galitchina » ont été mis sur un pied d’égalité avec les vétérans soviétique de la Seconde guerre mondiale, alors que la grande famine « Golodomor » a été déclarée le génocide exclusif du peuple ukrainien. La révision radicale de l’histoire aurait provoqué sans doute le dernier scandale.
Il ne fait pas de doute que les supporters de football refuseraient d’habiter et de se restaurer dans l’hôtel avec une vue sur le cimetière. Les hommes d’affaires ukrainiens sont d’accord avec cela. Voici l’avis de Nikolaï Evdokimenko, président du conseil d’administration de l’Association hôtelière de l’Ukraine.
"Les hôtels doivent être construits au centre-ville pour que les gens puissent se reposer effectivement. Il ne serait pas bien de les construire près du cimetière".
Sergueï Roudyk, vice-président de l’administration municipale de Kiev, a assuré la presse qu’on cherche un nouveau site de construction pour l’hôtel.
"Je pense qu’on pourra trouver à Kiev de la place pour construire l’hôtel et pour se préparer à l’Euro-2012, sans porter atteinte à la mémoire de ceux qui sont tragiquement morts pendant la guerre".
Le Championnat d’Europe de football 2012 est bien sûr un évènement international d’envergure et Kiev fera tout son possible pour assurer son succès. Les Ukrainiens trouveraient, nous le croyons, un compromis entre le business et l’honneur dans le but d’impressionner l’Europe.