L’AIEA A INVITE ISRAEL A SE JOINDRE AU REGIME DE NON-PROLIFERATION NUCLEAIRE

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La Conférence générale de l’AIEA est préoccupée par la faiblesse du régime de non-prolif.
La Conférence générale de l’AIEA est préoccupée par la faiblesse du régime de non-prolifération. Pour la première fois depuis 1991 ses participants ont adopté vendredi une résolution invitant Israël à se joindre au Traité de non-prolifération nucléaire et à ouvrir aux inspecteurs de l’ONU l’accès de ses sites nucléaires.
Israël se refuse à signer ce document à l’instar de l’Inde et du Pakistan. On le soupçonne pourtant d’avoir créé un arsenal nucléaire déjà en 196O. Les pouvoirs israéliens ne l’ont jamais reconnu officiellement, mais ne l’ont pas nié non plus. La résolution, initiée par les pays arabes et critiquant violemment leur position, a été appuyée par 49 pays, 45 ayant voté contre et 16 s’étant abstenus. Parmi les membres permanents du Conseil de sécurité la Russie et la Chine ont été pour, la Grande Bretagne, la France et les Etats-Unis — contre. Aussi ont-ils donné un faux signal à Israël qui n’a pas manqué d’en profiter. Son représentant a déjà déclaré que son pays déplore cette résolution et n’a pas l’intention de l’appliquer.
Le vice-président iranien Ali Akbar Salehi, qui dirige l’Organisation nationale de l’énergie atomique, a qualifié la résolution de « moment du triomphe ». Il a menacé Israël de mesures sévères, s’il ne supprime pas son arme nucléaire avant la prochaine session de la Conférence générale de l’Agence. Quoi qu’il en soit, la réaction ferme de la partie israélienne a donné des atouts supplémentaires à l’Iran aux négociations qu’il aura le 1 octobre avec les SIX – 5 membres permanents du Conseil de sécurité plus l’Allemagne. Téhéran ne manquera pas d’attirer l’attention sur la politique de « deux poids deux mesures » des Etats-Unis, de la France et de la Grande Bretagne. Pourquoi Israël peut-il s’abstenir de coopérer avec l’AIEA, alors que Téhéran qui a reçu en 2 ans plus de 2OO délégations d’inspecteurs de l’Agence est toujours considéré comme un bouc émissaire ? D’autant plus qu’à la session de Vienne l’AIEA a confirmé qu’elle n’avait pas de preuves concrètes de la création d’arme nucléaire par l’Iran. Une déclaration récente d’un représentant anonyme des services spéciaux des Etats-Unis est aussi significative à cet égard : bien que les militaires iraniens disposent sûrement d’une base d’informations, permettant d’élaborer une bombe atomique, les travaux de ce genre ne sont pas menés actuellement dans ce pays. Voici l’opinion du vice-recteur de l’Institut des relations internationales de Moscou Victor Mizine 
Le programme de création du potentiel nucléaire civil jouit d’un grand soutien parmi l’élite iranienne et dans le peuple. Il y a peu de chances que l’Iran y renonce. Des inspecteurs de l’AIEA y travaillent déjà. Il faudrait que l’Iran ratifie le protocole additionnel sur les garanties, ce qui donnerait à la communauté internationale la certitude que des travaux interdits n’y sont pas menés. Des dénouements pourraient être trouvés dans cette voie avec le rôle clé de la diplomatie russe.
Le 23 septembre les ministres des Affaires étrangères des SIX auront à New York des consultations sur le problème nucléaire iranien pour mandater leurs représentants aux négociations avec ce pays le 1 octobre, probablement en Turquie. Le fait même de la réunion ministérielle à New York traduit l’intention des 5 membres permanents du Conseil de sécurité et de l’Allemagne de mener le dialogue avec Téhéran sur la base d’une position commune. Mais le vote à l’AIEA concernant la résolution sur Israël a quelque peu assombri le fond de cette rencontre.

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