La Russie pourrait acheter un porte-hélicoptère occidental (Rossiïskaïa gazeta)

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MOSCOU, 5 août - RIA Novosti. La presse occidentale a annoncé que les négociations sur la construction par les chantiers navals français de navires porte-hélicoptères pour la flotte russe touchaient à leur fin, lit-on mercredi dans le quotidien Rossiïskaïa gazeta.

L'idée-même de l'achat de porte-hélicoptères français de classe Mistral a été évoquée par le commandant en chef des forces navales russes Vladimir Vyssotski au cours du salon Evronaval en octobre 2008. Le coût d'un navire se chiffre à 700 millions d'euros. Il est capable d'embarquer 16 hélicoptères, 470 soldats d'infanterie, 70 voitures et 40 chars.

Rossiïskaïa gazeta a été le premier journal à annoncer cette nouvelle à sensation qui n'a cependant pas eu de grand retentissement, car personne ne l'a prise à l'époque au sérieux. En effet, pourquoi la Russie (qui a construit auparavant des porte-avions, des porte-hémiptères et des croiseurs nucléaires), doit-elle investir des centaines de millions d'euros dans l'industrie militaire occidentale en commandant des navires de guerre? Le complexe militaro-industriel russe est-il aussi puissant que l'industrie de défense de l'URSS? Apparemment, non.

La construction du sous-marin nucléaire Iouri Dolgorouki à Severodvinsk traîne en longueur depuis 13 ans, et on ne sait pas toujours au juste quand il entrera en service. Le chantier naval de Saint-Pétersbourg ne parvient pas depuis 12 ans à mener à bien la création d'un sous-marin de type Lada. Ce dernier a été déjà mis à l'eau, mais l'étape finale des tests dure depuis les trois dernières années. Un délai trop long pour un sous-marin ordinaire, n'est-ce pas? Il y a 100 ans, l'empire russe a mis en chantier le Gangout, le plus grand navire de ligne de l'époque. Le vaisseau entièrement équipé est entré en service cinq ans après.

C'est pourquoi, s'il s'agit d'un renouvellement qualitatif du parc des navires de guerre russes, la commande de porte-hélicoptères à l'Occident est aujourd'hui tout à fait justifiée. Les Occidentaux construiront un vaisseau très moderne plus rapidement et moins cher que les Russes. De plus, l'état-major des forces navales russes espère obtenir une licence de construction des porte-hélicoptères prévoyant l'octroi à la partie russe de technologies modernes. Si Moscou atteint ces objectifs, il s'agira d'une véritable renaissance des constructions navales russes. La question se pose de savoir si cela est possible. Il est risqué d'entamer de grands projets coûteux dans un contexte de crise financière. Qui plus est, on ne peut pas être sûr que les compagnies occidentales, ayant bâti un navire moderne pour la Russie, lui transmettront tous les secrets de sa construction. Il est également probable que les chantiers navals russes ne seront pas en mesure d'assimiler ces technologies.

En outre, le porte-hélicoptères constitue un aérodrome flottant, tandis que la Russie manque d'hélicoptères navals modernes. Le meilleur appareil de ce type - le Ka-29 - est âgé de plusieurs décennies, alors que sa fabrication a été arrêtée il y a longtemps. La variante idéale pour ce navire prometteur de débarquement serait l'hélicoptère rapide Ka-92. Malheureusement, ce dernier n'existe que sous forme d'esquisses. Et la réalisation de ce projet coûtera autant que la construction du navire, son délai étant naturellement imprévisible. Bref, le cas similaire pourrait être similaire à celui du Iouri Dolgorouki: il existe sous-marin nucléaire lanceur d'engins qui n'a toujours rien à lancer.

C'est pourquoi l'idée de commander des navires de guerre dans les pays de l'OTAN (la partie russe considère également les chantiers navals néerlandais et espagnols comme des prestataires éventuels) a ses avantages et ses défauts. Et l'initiative ne nuit pas à la sécurité nationale. Au contraire, des commandes militaires aussi importantes ne feront que consolider la confiance mutuelle entre la Russie et l'Alliance.

Selon certaines informations, la situation autour de la commande du porte-hélicoptères pourrait s'éclaircir cet automne. En attendant, les négociations entre les représentants des forces navales russes et les prestataires potentiels occidentaux sont très actives malgré la discrétion des participants.

Ce texte tiré de la presse russe n'engage pas la responsabilité de RIA Novosti.

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