LA VISITE DE JOE BIDEN : PRECISION DES PARAMETRES DE « REDEMARRAGE » DES RAPPORTS ENTRE LES ETATS-UNIS ET LA RUSSIE

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La Russie va faire « redémarrer » ses rapports avec les Etats-Unis, mais pas aux dépens des relations avec ses partenaires traditionnels.
La Russie va faire « redémarrer » ses rapports avec les Etats-Unis, mais pas aux dépens des relations avec ses partenaires traditionnels. C’est ainsi qu’a réagi le président russe Dimitri Medvedev aux propos du vice-président américain Joseph Biden à Kiev et à Tbilissi,tenus dans le cadre de sa visite la semaine dernière.
Le chef de l’Etat russe a noté que de même les rapports des Etats-Unis avec des pays, dans lesquels ils voient leurs partenaires stratégiques ne devaient pas souffrir. « Je ne crois pas comme correct, si les rapports avec la Russie « redémarrent » aux dépens de quelques autres pays, a dit M. Medvedev. Nous avons besoin des rapports de travail normaux, amicaux avec les Etats-Unis. Qu’ils soient mutuellement avantageux, c’est le principal. Or cela ne veut pas dire qu’ils doivent entraîner une détérioration des relations russes avec d’autres Etats, ou américaines avec certains autres pays, s’agit-il de l’Ukraine ou de la Géorgie ».
Par là même Moscou a donné à comprendre qu’elle réagissait avec calme à la visite du numéro deux américain dans l’espace postsoviétique. Personne, d’ailleurs, ne s’attendait à ce que le redémarrage des rapports annoncé influe sur les points de repère en politique extérieure de la Russie et des Etats-Unis. Surtout que la différence est grande entre la position de l’administration Bush et la politique actuelle de son successeur, ne serait-ce que concernant la Géorgie. A Washington on se rend quand même compte de ce que la Russie a été forcée de réagir en août 2008, même si on évite de le reconnaître publiquement. Si avant, en parlant de l’intégrité territoriale de la Géorgie, la Russie reconnaissait l’Ossétie du Sud et l’Abkhazie comme entités de ce pays, après la tentative du régime de Saakachvili de lancer le génocide de ces peuples, la Russie s’est portée à leur défense et a reconnu leur droit à la souveraineté.
Intervenant à Tbilissi, M. Biden a dit que son pays entendait poursuivre la coopération militaire avec la Géorgie, ainsi que soutenir sa ligne sur l’adhésion à l’OTAN. En commentant ces propos, le ministre russe des AE Sergueï Lavrov a dit :
Tous ceux qui fournissaient des armements au régime de Saakachvili ont tiré des conclusions nécessaires. Quant à ceux qui continuent de parler de la nécessité d’en livrer à nouveau à ce régime, font, sans doute, une grave erreur. Quant à l’OTAN, les promesses, données à la Géorgie au sommet de l’Alliance atlantique en avril 2008 qu’elle intégrerait les structures de l’OTAN, ont été, à notre regard, l’un des facteurs ayant encouragé M. Saakachvili à entreprendre son aventure insensée. Et j’espère que des conclusions nécessaires soient tirées sur ce plan.
En commentant la déclaration du chef de l’Etat russe, faite à l’issue de la visite de M. Biden, notre expert Mikhaïl Alexandrov a noté :
La Russie a laissé entendre qu’elle aussi n’entendait pas redémarrer ses rapports avec les Etats-Unis au détriment de ses pays partenaires et amis. Il s’agit, je pense, de l’Iran, du Venezuela et de plusieurs autres pays, avec lesquels les rapports des Etats-Unis ne sont pas très bons. Se montrant diplomatique, la Russie ne l’a pas mis en épingle lors de la visite de M. Obama à Moscou.
Mais après la visite et en réaction aux propos tenus par le n°2 dans l’administration à Washington, la déclaration du président Medvedev paraît à sa place et opportune, est persuadé notre expert.
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