Vous êtes sur la Voix de la Russie ! Nous vous invitons à suivre la rubrique régulière « Gros plan sur le Maghreb ». Le 13 juillet 2008 la conférence à Paris instituait l’Union pour la Méditerranée (UPM), groupant 43 Etats de l’Union Européenne et pays riverains de cette mer, dont l’Algérie, la Mauritanie, le Maroc, la Tunisie. La Libye n’y a accepté que le statut de pays observateur. Douze mois se sont écoulés, mais les cinq du Maghreb ne s’y sentent pas très confortablement, du moins pour le moment. Ecoutez une note de l’auteur de la rubrique et notre observateur Alexeï Grigoriev. A la fin de ce programme vous entendrez un bref aperçu des événements de la semaine dans la région maghrébine. Nous rappelons que vous pouvez suivre cette rubrique sur le site Internet de la « Voix de la Russie » www.ruvr.ru
Les doutes que cette union supranationale puisse mettre en œuvre les buts et les tâches proclamés ont été émis déjà avant que l’auteur et le promoteur du projet, le président français Nicolas Sarkozy l’eut présenté. En fait, il a formulé l’idée dans ce sens encore qu’il était ministre de l’Intérieur de France, écrit Alexeï Grigoriev. Il en a beaucoup parlé lors de sa campagne présidentielle. Il est vrai qu’au début son dessein paraissait bien plus modeste. Nicolas Sarkozy a conçu de grouper au sein d’une union politique, économique et humanitaire les pays sud-européens – France, Italie, Espagne, Portugal et Malte, les Cinq du Maghreb et plusieurs autres Etats clés de la Méditerranée – Egypte, Israël, Liban, la Turquie. Or les leaders des principaux pays de l’UE ont soupçonné leur collègue français de presque vouloir soumettre à la France toute la vaste région géopolitique importante de la Méditerranée. Région, soit dit en passant, possédant au nord un énorme potentiel industriel et au sud, sur la côte africaine, de richissimes ressources d’hydrocarbures. Rappelons, qu’il y a encore deux ans les prix mondiaux du pétrole étaient en hausse vertigineuse, et en conséquence la proximité des champs pétroliers signifiait beaucoup. De plus, les accords, juridiquement fixés dans le cadre de l’union, promettaient des facilités considérables aux consommateurs du pétrole et du gaz naturel. Or la possibilité de se rapprocher au maximum des ressources énergétiques du sud n’était pas affichée. Le nord riche séduisait ses partenaires méridionaux moins développés par le montant de l’aide à leur développement économique et social. C’est en partie pour cette raison que, par exemple, l’Allemagne et quelques autres pays membres de l’UE se sont au début opposés à une telle union. Certaines craintes au sujet de ce que la traditionnelle assistance financière et technique de l’UE soit réorientée de l’Afrique vers le Maghreb et d’autres pays riverains de la Méditerranée émanaient aussi des Etats d’Afrique subsaharienne. Les assurances de Paris qu’une fois à l’UPM, le Maghreb deviendra en quelque sorte un pont « de développement entre l’Europe et le reste de l’Afrique ne réconfortaient pas trop la communauté africaine. On accusait même l’Europe de tentatives civilisées de recoloniser l’Afrique. Le président français a quand même réussi à convaincre les sceptiques qu’une telle union pouvait parfaitement et devait devenir le moteur de développement de tous ses futurs membres. Le nord riche fournira au sud en développement une aide financière et technologique, ce qui stimulera son industrie, et les rapports commerciaux s’étendront. Le Nord aidera le Sud à résoudre des problèmes sociaux, garantira sa sécurité. Le 1er juillet 2008 la France a pris la présidence tournante de l’UE et déjà le 13 juillet les documents instituant l’UPM étaient adoptés à Paris. Pour le président Sarkozy cela a été un grand succès diplomatique. Le premier paquet de l’UPM contenait six « projets régionaux concrets » d’un coût total estimé à plus de 2 milliards d’euros. Hélas, les projets concernant le Maghreb sont restés sur le papier. La crise économique et financière mondiale qui a éclaté dans le second semestre de l’année dernière a fait reporter sine die la mise en œuvre d’autres projets et plans. Il est significatif que littéralement à quelques jours du premier anniversaire de l’UPM la Commission Européenne a débloqué 22 millions d’euros à des projets de protection de l’environnement dans le bassin de la Méditerranée. 7,5 millions ont été affectés à la construction d’autoroutes maritimes et terrestres, 5 millions au plan solaire méditerranéen, 32 millions à la facilité euro-méditerranéenne d’investissement et de partenariat qui prête au secteur privé. Un million est allé à l’Université euro-méditerranéenne de Portoroz en Slovénie. Sans doute, les pays du Maghreb avaient droit à quelque chose de plus important de la part de Bruxelles. Les leaders maghrébins n’ont pas été satisfaits par les principes de formation des organes dirigeants de l’UPM et les adresses de leurs sièges, dont aucun au Maghreb. Les réformes de la politique de migration des pays européens n’ont, elles non plus, justifié les attentes des Maghrébins. L’effet du partenariat avec l’UE dans l’arène politique du Maghreb s’est avéré de même insuffisant. Le coup d’Etat en Mauritanie a été une épreuve sérieuse pour l’UPM, mais les principaux médiateurs dans son règlement ont été : le président du Sénégal Wade et le leader de la Libye Kadhafi. On ne peut pas dire que l’UE s’est soustraite, mais bien peu en Mauritanie ont prêté oreille à ses exigences. Pour le moment on ne remarque pas le rôle des partenaires européens du Maghreb en matière de règlement du litige opposant le Maroc à l’Algérie, notamment à propos du Sahara occidental. L’UPM aurait dû se montrer plus résolue dans la récente crise engageant l’Autorité palestinienne et Israël. Ne serait-ce que pour persuader d’autres pays membres qu’ils pouvaient compter sur une réaction et des mesures collectives lors des situations pareilles à l’avenir dans la zone de responsabilité de cette organisation régionale. En somme, le Maghreb attendait plus de son entrée à l’UPM. Peut-être, quand la crise financière ira décroissant et la situation politique dans la région sera plus calme, cette adhésion va-t-elle apporter au Maghreb des dividendes. Mais aujourd’hui il ne reste d’autre solution à ces membres qu’à attendre. Attendre des temps meilleurs.
Les doutes que cette union supranationale puisse mettre en œuvre les buts et les tâches proclamés ont été émis déjà avant que l’auteur et le promoteur du projet, le président français Nicolas Sarkozy l’eut présenté. En fait, il a formulé l’idée dans ce sens encore qu’il était ministre de l’Intérieur de France, écrit Alexeï Grigoriev. Il en a beaucoup parlé lors de sa campagne présidentielle. Il est vrai qu’au début son dessein paraissait bien plus modeste. Nicolas Sarkozy a conçu de grouper au sein d’une union politique, économique et humanitaire les pays sud-européens – France, Italie, Espagne, Portugal et Malte, les Cinq du Maghreb et plusieurs autres Etats clés de la Méditerranée – Egypte, Israël, Liban, la Turquie. Or les leaders des principaux pays de l’UE ont soupçonné leur collègue français de presque vouloir soumettre à la France toute la vaste région géopolitique importante de la Méditerranée. Région, soit dit en passant, possédant au nord un énorme potentiel industriel et au sud, sur la côte africaine, de richissimes ressources d’hydrocarbures. Rappelons, qu’il y a encore deux ans les prix mondiaux du pétrole étaient en hausse vertigineuse, et en conséquence la proximité des champs pétroliers signifiait beaucoup. De plus, les accords, juridiquement fixés dans le cadre de l’union, promettaient des facilités considérables aux consommateurs du pétrole et du gaz naturel. Or la possibilité de se rapprocher au maximum des ressources énergétiques du sud n’était pas affichée. Le nord riche séduisait ses partenaires méridionaux moins développés par le montant de l’aide à leur développement économique et social. C’est en partie pour cette raison que, par exemple, l’Allemagne et quelques autres pays membres de l’UE se sont au début opposés à une telle union. Certaines craintes au sujet de ce que la traditionnelle assistance financière et technique de l’UE soit réorientée de l’Afrique vers le Maghreb et d’autres pays riverains de la Méditerranée émanaient aussi des Etats d’Afrique subsaharienne. Les assurances de Paris qu’une fois à l’UPM, le Maghreb deviendra en quelque sorte un pont « de développement entre l’Europe et le reste de l’Afrique ne réconfortaient pas trop la communauté africaine. On accusait même l’Europe de tentatives civilisées de recoloniser l’Afrique. Le président français a quand même réussi à convaincre les sceptiques qu’une telle union pouvait parfaitement et devait devenir le moteur de développement de tous ses futurs membres. Le nord riche fournira au sud en développement une aide financière et technologique, ce qui stimulera son industrie, et les rapports commerciaux s’étendront. Le Nord aidera le Sud à résoudre des problèmes sociaux, garantira sa sécurité. Le 1er juillet 2008 la France a pris la présidence tournante de l’UE et déjà le 13 juillet les documents instituant l’UPM étaient adoptés à Paris. Pour le président Sarkozy cela a été un grand succès diplomatique. Le premier paquet de l’UPM contenait six « projets régionaux concrets » d’un coût total estimé à plus de 2 milliards d’euros. Hélas, les projets concernant le Maghreb sont restés sur le papier. La crise économique et financière mondiale qui a éclaté dans le second semestre de l’année dernière a fait reporter sine die la mise en œuvre d’autres projets et plans. Il est significatif que littéralement à quelques jours du premier anniversaire de l’UPM la Commission Européenne a débloqué 22 millions d’euros à des projets de protection de l’environnement dans le bassin de la Méditerranée. 7,5 millions ont été affectés à la construction d’autoroutes maritimes et terrestres, 5 millions au plan solaire méditerranéen, 32 millions à la facilité euro-méditerranéenne d’investissement et de partenariat qui prête au secteur privé. Un million est allé à l’Université euro-méditerranéenne de Portoroz en Slovénie. Sans doute, les pays du Maghreb avaient droit à quelque chose de plus important de la part de Bruxelles. Les leaders maghrébins n’ont pas été satisfaits par les principes de formation des organes dirigeants de l’UPM et les adresses de leurs sièges, dont aucun au Maghreb. Les réformes de la politique de migration des pays européens n’ont, elles non plus, justifié les attentes des Maghrébins. L’effet du partenariat avec l’UE dans l’arène politique du Maghreb s’est avéré de même insuffisant. Le coup d’Etat en Mauritanie a été une épreuve sérieuse pour l’UPM, mais les principaux médiateurs dans son règlement ont été : le président du Sénégal Wade et le leader de la Libye Kadhafi. On ne peut pas dire que l’UE s’est soustraite, mais bien peu en Mauritanie ont prêté oreille à ses exigences. Pour le moment on ne remarque pas le rôle des partenaires européens du Maghreb en matière de règlement du litige opposant le Maroc à l’Algérie, notamment à propos du Sahara occidental. L’UPM aurait dû se montrer plus résolue dans la récente crise engageant l’Autorité palestinienne et Israël. Ne serait-ce que pour persuader d’autres pays membres qu’ils pouvaient compter sur une réaction et des mesures collectives lors des situations pareilles à l’avenir dans la zone de responsabilité de cette organisation régionale. En somme, le Maghreb attendait plus de son entrée à l’UPM. Peut-être, quand la crise financière ira décroissant et la situation politique dans la région sera plus calme, cette adhésion va-t-elle apporter au Maghreb des dividendes. Mais aujourd’hui il ne reste d’autre solution à ces membres qu’à attendre. Attendre des temps meilleurs.