Désarmement: en visite à Moscou, Obama peinera à éluder l'ABM

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Un des enjeux centraux de la visite en Russie du président américain Barack Obama et de ses négociations avec son homologue russe Dmitri Medvedev est la signature d'un accord-cadre censé servir de base à un nouveau Traité de réduction des armes offensives stratégiques (START).
MOSCOU/WASHINGTON, 6 juillet - RIA Novosti. Un des enjeux centraux de la visite en Russie du président américain Barack Obama et de ses négociations avec son homologue russe Dmitri Medvedev est la signature d'un accord-cadre censé servir de base à un nouveau Traité de réduction des armes offensives stratégiques (START).

Les présidents Medvedev et Obama, dont les deux pays cumulent 90% de l'arsenal nucléaire mondial, avaient convenu lors de leur première rencontre à Londres début avril 2009 de tout mettre en oeuvre pour faire progresser les négociations dans le domaine du désarmement, le traité START actuel expirant le 5 décembre 2009.

Signé le 31 juillet 1991, START engageait chacune des parties à limiter à 6.000 unités le nombre d'ogives nucléaires et à 1.600 celui des vecteurs. En 2002, un traité supplémentaire sur la réduction des potentiels stratégiques offensifs (SORT) a été signé à Moscou. Il limitait le nombre des charges nucléaires déployées à 1.700-2.200 unités de part et d'autre. Ces niveaux devaient être atteints vers décembre 2012.

La Russie a déjà annoncé qu'elle était prête à s'engager à ramener son arsenal à 1.500 charges.

M.Medvedev estime toutefois qu'une réduction substantielle des armements offensifs ne peut être obtenue que si les Etats-Unis lèvent les préoccupations de Moscou concernant le déploiement de leur bouclier antimissile (ABM) en Europe, un projet qui selon lui menace la Russie et l'équilibre stratégique de la région.

Suite à l'arrivée au pouvoir de M.Obama, la Maison Blanche a à plusieurs souligné être en train de revoir le programme de déploiement de l'ABM, lancé par l'administration Bush.

Toutefois, ce tournant n'a pas pour but de complaire la Russie: selon les représentants de l'administration américaine, il convient d'évaluer la nécessité de créer un tel système, son efficacité et son bien fondé économique.

Dans une interview accordée aux médias italiens à la veille de l'arrivée de son homologue, le président Medvedev a indiqué que les armements stratégiques offensifs n'existaient pas de manière isolée, mais en corrélation avec les moyens destinés à les intercepter.

"Si nous parlons limitations, nous devons être conscients de la corrélation qui existe avec les moyens visant à contrer ces tirs, avec les équipements de défense antimissile", a déclaré le numéro un russe, qui s'est dit confiant dans la capacité de Moscou et Washington à arriver à un "dénouement rationnel".

Fritz Ermart, un ancien haut responsable de la CIA, estime toutefois que M. Obama en visite dans la capitale russe cherchera à éluder cette question pour des raisons politiques.

"Si le déploiement d'éléments de l'ABM n'est pas gelé, alors il n'y aura pas de traité START. Mais si Obama fait cette concession, il aura de gros problèmes politiques. Il va chercher des moyens stratégiques d'éviter de lier les deux questions", a déclaré M. Ermart lors d'un duplex Moscou-Washington organisé par RIA Novosti.

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