"Si vous échouez en Russie, arrêtez de vous incliner devant elle, de vous lamenter et de pleurer, il faut chercher le bonheur dans une autre partie du globe, je vous le déclare officiellement, en toute connaissance de cause", a lancé le président biélorusse lors d'une réunion économique à Minsk vendredi, a rapporté l'agence BELTA.
Jeudi le vice-premier ministre et ministre russe des Finances, Alexeï Koudrine a annoncé en marge d'une rencontre russe-biélorusse avec la participation du premier ministre Vladimir Poutine que Minsk avait rejeté la proposition de Moscou de lui accorder un crédit de 500 millions de dollars en roubles russes.
S'adressant au premier ministre Sergueï Sidorski, le président Loukachenko a dit: "Cessez de conduire vos ministres par les sentiers battus. Il faut aller ailleurs, là où on ne nous connaît pas, et vendre, peut-être dix tracteurs, une moissonneuse-batteuse, ou du sucre, à la cuillère".
Selon M.Koudrine, la Biélorussie éprouve des difficultés en matière de réserves de change.
"Hier, nous avons observé une scène intéressante: le président biélorusse, dans un climat tout à fait amical, passe en revue, avec Vladimir Poutine, les questions privées et publiques. Et c'était une discussion normale. Parallèlement, Alexeï Koudrine donne une conférence de presse (...), dans l'objectif de semer la panique en Biélorussie. En cela, il s'est entièrement solidarisé avec le rebut de notre opposition qui, avec de l'argent occidental, n'arrête d'aboyer en nous apprenant à travailler. Mais si leur économie (russe) est tellement solide, comment expliquer une récession à 10%? Notre économie est autre, mais chez nous la croissance est de 1,5%", a lancé M.Loukachenko.
Le président biélorusse a annoncé la signature d'un contrat portant sur la livraison de 40.000 t de sucre biélorusse, produit qui fait l'objet d'une procédure antidumping en Russie, au Kazakhstan.
"Alors pourquoi s'imposer à la Russie qui vous envoie des coups de pied? Ne vous comprenez pas que pour la énième fois on veut nous attirer dans un guet-apens? Car hier Vladimir Poutine a dit que la situation avait été débattue avec Koudrine dans l'avion peu avant l'atterrissage à Minsk. Et on entend après Koudrine faire des déclarations pareilles. Vous direz que cela n'était pas concerté?" a lancé le président biélorusse.