Russie - Etats-Unis: vers des rapports plus pragmatiques (Vremia novosteï)

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MOSCOU, 27 avril - RIA Novosti. Les premiers cent jours de la présidence de Barack Obama ont fait sortir les relations russo-américaines de l'ombre où elles se trouvaient au cours des dernières années de l'administration de Georges W. Bush, lit-on lundi dans le quotidien Vremia novosteï.

Il n'existe pourtant d'évaluation univoque du réchauffement ni en Russie, ni aux Etats-Unis. On ne peut parler actuellement que de tendances manifestes.

Premièrement, le ton de la nouvelle administration est tout à fait différent. La part idéologique de sa rhétorique reste peu importante. Les Etats-Unis préfèrent pour le moment se concentrer sur la résolution des questions pratiques, ce qui est le plus évident dans leur politique envers la Chine et la Russie. Le silence de Washington face au deuxième procès Khodorkovski constitue un exemple éloquent de la nouvelle approche.

Deuxièmement, on distingue la volonté des Etats-Unis d'éviter une querelle avec la Russie. La réaction inerte de la Maison Blanche et du Département d'Etat à l'expulsion de la base américaine du Kirghizstan, ainsi que l'absence de commentaires cinglants face au bruit suscité par les manoeuvres de l'OTAN en Géorgie contrastent avec le style de l'ancienne administration.

Finalement, l'administration estime que la Russie est utile au cours de la résolution d'un nombre de problèmes réellement importants (l'Afghanistan, l'Iran, le renforcement du régime de la non-prolifération des armes nucléaires), c'est pourquoi il est souhaitable d'améliorer le climat général des relations.

La liste des priorités de la Maison Blanche ne comprend pas les questions qui ont joué le rôle le plus destructif au cours des dernières années: l'élargissement de l'OTAN et le déploiement de l'ABM en Europe. Obama n'envisage pas de forcer ces projets, ce qui permet de diminuer dans une certaine mesure les tensions entre Moscou et Washington.

Il ne faut cependant pas considérer cette retenue comme une marque de faiblesse. L'administration modifie considérablement sa tactique, ce qui est naturel compte tenu de son héritage monstrueux. L'objectif du renforcement du leadership américain reste toutefois immuable, ce qui exclut des accords et des échanges concernant les "domaines d'intérêt", alors qu'une position plus souple et ajustée permet aux Etats-Unis de créer une ambiance moins hostile pour atteindre ces objectifs.

L'approche pragmatique et peu idéologisée possède cependant un revers: Washington pourrait conclure qu'il a surestimé les capacités de Moscou de contribuer à la résolution des problèmes américains. Une baisse de l'intérêt envers Moscou pourrait rétablir la situation de l'époque de Georges W. Bush, où le problème essentiel n'était même pas l'animosité des Etats-Unis, mais leur indifférence absolue envers l'opinion de la Russie.

Par Fedor Loukianov, rédacteur en chef de la revue "Rossia v globalnoï politike" (La Russie dans la politique globale)

Cet article est tiré de la presse et n'a rien à voir avec la rédaction de RIA Novosti.

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