Législatives en Israël: à qui la victoire?

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Par Maria Appakova, RIA Novosti
Par Maria Appakova, RIA Novosti

Après la publication des résultats préliminaires des élections législatives qui ont eu lieu le 10 février en Israël, deux partis ont simultanément proclamé leur victoire. L'écart entre le parti au pouvoir Kadima et le parti d'opposition Likoud n'est que de 1%, ce qui correspond à un siège à la Knesset. Tout dépend désormais de la capacité à former une coalition gouvernementale en obtenant une majorité parlementaire (au moins 61 voix), et non de savoir qui a recueilli le plus de voix.

Les résultats des élections montrent qu'Israël a effectué un brusque virage à droite et qu'il doute de la possibilité d'un règlement pacifique fondé sur des compromis, et, de fait, sur des concessions, des conflits l'opposant aux Palestiniens et à d'autres voisins arabes. Mais dans le même temps, les Israéliens n'y renoncent pas tout à fait. Ils aspirent à la paix et à la sécurité, mais ne peuvent pas donner une réponse univoque à la question de savoir comment il convient d'y parvenir.

Cinq partis: Kadima, Likoud, Avoda, Yisrael Beiteinu (Israël notre maison) et Shass seront les principaux acteurs à la Knesset.

Conformément à la tradition politique israélienne, le président accorde au leader du parti ayant recueilli la majorité des voix le droit de former le gouvernement. En l'occurrence, c'est à Tzipi Livni que reviendra la première tentative, mais Benyamin Netanyahu est libre de travailler parallèlement dans ce domaine. Livni a du pain sur la planche. A l'automne 2008, après avoir remplacé le premier ministre Ehoud Olmert au poste de leader de Kadima, elle avait déjà eu l'occasion de former une coalition gouvernementale et de la conduire, mais cette tentative avait échoué. A l'heure actuelle, ses chances sont encore moindres: par rapport aux législatives précédentes de 2006, Kadima n'a pas progressé et son partenaire de coalition Avoda a perdu environ six sièges parlementaires. Dans le même temps, le Likoud, parti d'opposition, a plus que doublé son nombre de sièges. Néanmoins, Tzipi Livni a des chances de réussite. Pour ce faire, il lui faudrait recevoir le soutien non seulement d'Avoda, mais également l'appui des trois partis arabes (qui ont au total obtenu onze sièges - ce qui est presque impossible) et rallier le Shass à sa cause. Mais les uns comme les autres ne sont pas des alliés fiables. Ce n'est donc pas un hasard si Tzipi Livni a appelé les leaders des principaux partis politiques israéliens à constituer un gouvernement d'unité nationale. Il s'agirait d'une alliance entre Kadima, le Likoud et Avoda. Ensemble, ils pourraient créer un gouvernement centriste et éviter une dépendance envers les petits partis, dont Yisrael Beiteinu (qui a certes devancé Avoda mais dont le statut reste toutefois secondaire). Autrement dit, envers des partis dont l'avis est pris en compte, avec lesquels on négocie mais dont on se débarrassera à la première occasion.

Mais pour l'instant, Avoda n'a pas donné son consentement exprès en vue de son adhésion à la coalition gouvernementale. En ce qui concerne le Likoud et Netanyahu, qui a considérablement amélioré ses positions, celui-ci n'a aucune raison de renoncer à ses chances de devenir premier ministre en adhérant à une coalition menée par Tzipi Livni. Mais s'il la conduit lui-même, c'est une autre affaire. En attendant, il essaiera de constituer une coalition de partis de droite, bien que ceux-ci, tout comme Kadima, puissent échouer à obtenir une majorité parlementaire. Afin de devenir premier ministre, Netanyahu doit rallier à sa cause soit Avoda soit le Shass. Mais il est peu probable que les deux partis intègrent la coalition qui comportera le parti d'extrême droite Yisrael Beiteinu. Pour Avoda, cela correspondrait à renoncer à son idéologie, et pour le Shass, à trahir l'ensemble de ses déclarations électorales. A la veille des élections, le rabbin Ovadia Yossef, leader spirituel du Shass, avait déclaré que tout vote pour le parti de Lieberman (Yisrael Beiteinu) "renforçait Satan". Cependant, le Shass a déjà plus d'une fois démontré sa capacité à marchander et à renier ses propres déclarations.

Le grand jeu qui a commencé en Israël tient en quelque sorte du bazar oriental, même si l'Etat hébreu n'a en réalité que deux alternatives: soit un gouvernement stable composé du Likoud, de Kadima et d'Avoda, soit un gouvernement rassemblant de petits partis et devant accepter d'innombrables compromis, et dont la stabilité sera en permanence menacée. La seconde variante signifiera que l'Etat piétinera, notamment en matière de règlement pacifique. Dans les deux cas, peu importe qui occupera le poste de premier ministre, Tzipi Livni ou Benyamin Netanyahu.

Les opinions exprimées dans cet article sont laissées à la stricte responsabilité de l'auteur.

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