MOSCOU, RIA Novosti
Nezavissimaïa gazeta/Vremia novosteï
L'Ouzbékistan pourrait accueillir une base militaire des Etats-Unis
La déclaration du chef d'état-major général des Forces armées russes Nikolaï Makarov indiquant que les Etats-Unis projetaient la création de bases militaires au Kazakhstan et en Ouzbékistan, a été démentie le lendemain par les diplomates américains, lit-on jeudi dans les quotidiens Nezavissimaïa gazeta et Vremia novosteï.
Les observateurs ont cependant été surpris par la mollesse de la réaction américaine à cette alarme du haut commandant russe et par le fait qu'elle émanait de responsables moins hauts placé que du côté russe. Ils ont également noté que Tachkent et Astana n'ont donné aucun démenti.
Les experts sont d'accord pour dire que le général Makarov ne s'est pas fondé sur des rumeurs. "Les Etats-Unis sont intéressés à élargir leur présence dans la région. Et le chef d'état-major général des l'armée russe n'a pas fait une grande découverte", a fait remarquer Rafik Saïfouline, analyste politique et ancien conseilleur du président ouzbèke.
Selon lui, le choix de l'itinéraire dans le cadre du plan préélectoral de Barack Obama - envoyer 20.000 militaires en Afghanistan - est limité: soit la Russie, soit l'Ouzbékistan. "Moscou et Tachkent ne refuseront sans doute pas la proposition de Washington", souligne M. Saïfouline. Le Pentagone a besoin d'un point de transbordement: la base de l'OTAN de Termez, qui abrite le groupement allemand, ne supportera pas de charge supplémentaire.
M. Saïfouline estime que le déploiement d'une base militaire en Ouzbékistan fait actuellement l'objet de négociations: "Des pourparlers sont en cours, mais cela ne signifie pas du tout que la décision est déjà prise". "Il est difficile de prédire la réaction des autorités ouzbèkes même si les Etats-Unis sont prêts à payer plus, car Tachkent attend en janvier le président russe Dmitri Medvedev", a-t-il ajouté.
Islam Karimov ne pourra pas parler avec son homologue russe avant le mois de janvier: le président ouzbèke a refusé de prendre part au sommet informel des chefs des Etats membres de l'OTSC, qui se déroulera les 19-20 décembre à Astana. "L'Ouzbékistan n'a pas encore envoyé d'avis de démission de l'OTSC ou de suspension de son statut de membre, mais nous examinons déjà les deux possibilités, car elles sont très probables", a déclaré à Nezavissimaïa gazeta une source à l'OTSC.
Ces derniers temps, l'Ouzbékistan a limité sa participation à l'OTSC et signé la plupart des documents de l'organisation non sans avoir formulé un certain nombre de réserves.
Gazeta.ru
Russie-OPEP: vers une assistance mutuelle
La Russie contribuera à la mise en oeuvre de la décision de l'OPEP sur une réduction de l'extraction de pétrole de 2 millions de barils par jour dès le 1er janvier 2009, lit-on jeudi dans le quotidien Gazeta.ru.
Il est peu probable que la limitation de la production entraine une hausse des prix de l'or noir, mais les exportateurs de pétrole pourraient soutenir la création d'une OPEP gazière, qui pourrait voir le jour dès la semaine prochaine à Moscou.
La diminution de l'extraction pourrait changer l'équilibre de l'offre et de la demande sur le marché pétrolier international, mais cela n'arrivera pas tout de suite, explique l'analyste de la société d'investissements Aton, Viatcheslav Bounkov: "Nous ne verrons pas d'impacts réels de cette réduction avant le deuxième trimestre 2009. C'est exactement le temps nécessaire à la réalisation du processus technique de réduction de l'extraction par tous les pays du cartel et à la réaction du marché international à cette démarche".
La question-clé de cette situation reste cependant celle d'une adhésion éventuelle de la Russie à l'OPEP. Le chef de la délégation russe, le vice-premier ministre russe Igor Setchine a déclaré lors de la réunion de l'OPEP à Oran que l'octroi à la Russie du statut d'observateur permanent permettrait une coordination plus étroite, mais les experts estiment que Moscou deviendra membre du cartel dans un avenir proche. "Le pétrole à des prix abordables sera un problème crucial l'année prochaine", estime Alexandre Razouvaev de Sobinbank. "La perspective d'un baril à moins de 50 dollars suscite l'inquiétude, et un baril à moins de 30 dollars fait déjà peur".
Selon lui, la participation de la Russie à l'OPEP contribuera à la création d'un mécanisme de contrôle de l'application des décisions sur la réduction de l'extraction. Le cartel contrôle actuellement environ 40% de l'extraction mondiale et pourrait augmenter sa part à 45% grâce à la Russie.
"Selon les informations du marché, les pays de l'OPEP ont posé la condition suivante: ils soutiendront la Russie dans la création de l'OPEP gazière si la Russie adhère au cartel". Il est probable que cet OPEP gazière soit créée dès le 23 décembre à Moscou lors du forum des pays exportateurs de gaz. La Russie a invité les pays exportateurs de pétrole à prendre part à cette réunion. M. Setchine a déjà annoncé que l'on savait déjà plus au moins "quels documents seraient signés à Moscou", et ajouté que "ce travail est similaire à celui de l'OPEP".
Kommersant
Crise: les PME, maillon faible de l'industrie pétrolière, pourraient mettre la clé sous la porte
Les PME pétrolières russes, qui assurent 4% de la production nationale d'or noir, accusent des pertes importantes depuis plusieurs mois et se rapprochent d'une cessation de paiement, lit-on jeudi dans le quotidien Kommersant.
D'ici fin de la semaine, elles envisagent de réclamer au ministère des Finances et au Trésor public un report de l'impôt sur l'extraction des minéraux utiles, qu'elles doivent verser avant le 25 décembre. Sans soutien de l'Etat, ces entreprises produisant plus de 400.000 barils par jour disparaîtront probablement l'année prochaine.
Il existe en Russie plus de 150 petites et moyennes compagnies pétrolières et gazières qui fournissent au total plus de 20 millions de barils de pétrole par an (401.000 barils par jour), soit environ 4% de la production russe. L'OPEP, pour sa part, demande à la Russie de réduire l'extraction de 200.000 à 300.000 barils par jour afin d'enrayer la dégringolade des prix de l'or noir.
La directrice générale de l'Association des petites et moyennes entreprises pétrolières (Assoneft) Elena Korzoun indique que les compagnies enregistrent des pertes depuis quelques mois en raison de la chute des prix du pétrole et du système fiscal en vigueur. Elles devront verser près de 105 millions de dollars pour le mois de novembre. Compte tenu de l'impossibilité de contracter un crédit dans les conditions actuelles, les "petits pétroliers" demandent au gouvernement des crédits non-hypothécaires de trois mois afin de couvrir des trous dans les caisses. Selon Assoneft, plusieurs compagnies sises à Orenbourg, dans la région de Samara, au Tatarstan et dans la république des Komis ont d'ores et déjà cessé l'extraction.
L'analyste de la société d'investissements Solid, Denis Borissov considère lui aussi que les petites compagnies sont le maillon faible de l'industrie pétrolière dans le contexte actuel de crise. Mikhaïl Zanozine, expert de la banque Uralsib, estime que les organes fiscaux pourraient consentir à un report de paiement de l'impôt sur l'extraction des minéraux utiles par les petites entreprises pétrolières en tant que "mesure de secours urgente ". Celles-ci ne doivent cependant pas compter sur un soutien gouvernemental considérable à long terme, les grandes compagnies pétrolières, qui transfèrent plus d'argent vers les caisses de l'Etat, étant selon lui prioritaires.
En outre, si les petites entreprises cessaient l'extraction, les grandes compagnies pourraient entamer un processus de consolidation visant à s'approprier de certains actifs qui ne sont pas rentables aujourd'hui, souligne M. Zanozine.
Ces articles sont tirés de la presse et n'ont rien à voir avec la rédaction de RIA Novosti.