Lors de la récente visite à Moscou du président Hugo Chavez les parties ont convenu "selon toute vraisemblance, de passer des contrats sur l'achat de missiles sol-air portables Igla, d'avions de transport militaire Iliouchine-76 et de char T-90", a affirmé l'expert.
Il n'y a pas longtemps, a-t-il rappelé, sous la pression des Etats-Unis, les Vénézuéliens n'avaient pu signer un contrat avec SAAB sur l'achat de missiles portables suédois: "Il est donc logique que Caracas espère combler cette perte en Russie".
Caracas rencontre d'importantes difficultés dans l'entretien des Lockheed-130 qui équipent l'armée vénézuélienne, en raison d'un embargo américain. La Russie possède plusieurs Il-76 disponibles qu'elle envisageait de vendre à la Chine mais le contrat n'est pas entré en vigueur, a rappelé Roman Poukhov.
Les chars russes T-90 pourraient intéresser Caracas car ils présentent le meilleur rapport qualité/prix au monde.
Un porte-parole d'Uralwagonzavod (Oural), premier constructeur de chars russes, contacté par RIA-Novosti, a annoncé qu'un T-90 coûte près de deux fois moins cher que leurs meilleurs analogues étrangers.
"Le T-90 dépasse, en termes de performances - puissance de feu, manoeuvrabilité, protection et vitesse - les chars européens et américains", a-t-il expliqué. Pourtant, au cours des années à venir, l'usine remplira d'autres commandes étrangères. "Les commandes sont exécutées dans un ordre de priorité qui ne saurait être perturbé", a-t-il expliqué.
La coopération technico-militaire russo-vénézuélienne pourrait se chiffrer au cours des dix ans à venir à 5 milliards de dollars, a encore estimé Roman Poukhov.
Pour Caracas, la Russie est à ce jour, selon lui, une source irremplaçable pour une vaste gamme d'armements modernes. "Le marché européen est lui pratiquement fermé. D'abord, c'est un marché très onéreux. Certaines composantes des armes européennes sont fabriquées aux Etats-Unis, et les Américains interdisent leurs ventes au Venezuela", a expliqué l'expert.
Selon différentes sources indépendantes, le montant des contrats passés entre la Russie et le Venezuela depuis 2005 pourrait se situer entre 2 et 4 milliards de dollars. Caracas a acheté 24 chasseurs Su-30 MK2, plus d'une cinquantaine d'hélicoptères Mi-17V, Mi-35M, Mi-26T, 12 batteries de missiles sol-air Tor-M1, ainsi que 100.000 fusils d'assaut Kalachnikov. En 2006, les deux pays ont signé un contrat à part sur la construction au Venezuela d'une usine de kalachnikov et de cartouches 7,62 mm.