Revue de la presse russe du 19 mars

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MOSCOU, RIA Novosti

Nezavissimaïa gazeta

Expert: la Géorgie recevra elle aussi un morceau du gâteau de Sotchi

Promettant une large aide financière et humanitaire à la Transnistrie, la Russie a reçu le consentement du leader de la république non reconnue Igor Smirnov pour s'asseoir à la table des négociations avec le président moldave Vladimir Voronine, lit-on mercredi dans les colonnes du quotidien Nezavissimaïa gazeta.

Alexeï Malachenko, expert du Centre Carnegie de Moscou, fait remarquer que la Russie ne souhaite pas irriter la Moldavie à un moment où elle est "relativement bien disposée" envers elle.

En outre, l'analyste a catégoriquement exclu la possibilité pour le Kremlin de reconnaître les républiques autoproclamées: "Rien de tout cela n'aura lieu. Sans le problème du Kosovo, il n'y aurait pas tout ce bruit autour de la reconnaissance".

Selon M. Malachenko, "la participation de l'Abkhazie à la préparation des Jeux olympiques sera discrètement légalisée". "Mais, quand la première vague suscitée par les débats à la Douma (chambre basse du parlement russe) passera, la Géorgie recevra également un morceau du gâteau de Sotchi. Il faudra le faire d'une manière ou d'une autre, car les Jeux olympiques sont une chose fragile", résume-t-il.

La recherche de compromis entre Moscou et la Géorgie commencera à l'étape suivante, estime l'analyste politique. "J'ai l'impression que toutes les démarches de la Douma avaient été concertées à l'avance avec Tbilissi", explique Alexeï Malachenko.

D'après lui, le processus d'élargissement de l'OTAN qui a également joué son rôle dans tout ce bruit au sujet des Etats non reconnus ne s'arrêtera pas. Il faut s'y adapter et y réagir de façon adéquate. Cependant, la réaction de Moscou est infantile, comme si la Douma ne comprenait pas que le monde change. "La Douma est une espèce d'aboiement nécessaire au Kremlin, comme une sorte d'accompagnement musical, mais qui ne résout rien du tout".

Vedomosti

Le FSB étend son activité à l'étranger

Le gouvernement a accordé au FSB (Service fédéral de sécurité) le droit d'effectuer tous les types d'opérations en devises prévues par la loi sur la réglementation et le contrôle des devises, lit-on mercredi dans le quotidien Vedomosti.

Le service est investi du droit d'effectuer les opérations en devises nécessaires à son activité à l'étranger, par exemple, d'ouvrir des comptes dans des banques étrangères, a fait savoir Ivan Khamenouchko, partenaire de la compagnie juridique Pepeliaev, Goltsblat & Partners. En plus du ministère des Finances, ce droit est également accordé au ministère de la Défense pour entretenir les troupes russes à l'étranger et verser leurs pensions aux retraités militaires qui y résident, indique une source au sein du ministère de la Défense.

Une source proche du FSB estime que le principal service secret russe a besoin de ce droit pour étendre son activité légale à l'étranger. Les échanges de délégations s'intensifient dans le cadre de la coopération antiterroriste, des exercices communs sont organisés, et le FSB accroît ses achats de matériel spécialisé à l'étranger: tout cela demande un financement légal.

Quant aux opérations financières illégales, le FSB est déjà investi de pouvoirs en la matière par la législation sur les opérations de recherche, a déclaré la source au quotidien Vedomosti.

Les services secrets étrangers ont également des représentants légaux hors de leurs frontières: ainsi, le FBI est représenté en Russie par un conseiller juridique. L'ambassade américaine n'a pas souhaité donner de précisions sur le financement de son activité.

La décision du gouvernement est un symptôme de plus de l'extension de l'activité du FSB à l'étranger, estime Andreï Soldatov, expert du centre Agentoura. Le FSB a mis en place depuis longtemps son propre service de renseignement extérieur qui étend lui aussi son activité légale à l'étranger. Ainsi, il y a deux semaines, le Comité national antiterroriste qui emploie des membres détachés du FSB a pris l'initiative de créer ses représentations dans les ambassades à l'étranger en vue de lutter contre la menace pesant sur les citoyens russes résidant dans des pays à risque, tout cela demande un financement, affirme l'expert.

Kommersant

ABM en Europe: Moscou prêt à se résigner

Des concessions de la part de Washington pourraient "minimiser les préoccupations" de la Russie sur l'ABM, a admis le chef de la diplomatie russe Sergueï Lavrov à l'issue des pourparlers à Moscou avec la secrétaire d'Etat américaine Condoleezza Rice et le chef du Pentagone Robert Gates, note mercredi le journal Kommersant.

Ces changements dans la position du Kremlin sont liés à la promesse des Etats-Unis de fixer par écrit leurs engagements consistant à ne poser aucun missile intercepteur dans des puits en Pologne, priver le radar déployé en République tchèque de la possibilité de suivre des cibles sur le territoire russe, mais aussi donner aux Russes l'accès aux installations du système ABM. En outre, les Américains se disent prêts à ne pas passer en force sur la question de l'intégration de la Géorgie et de l'Ukraine à l'OTAN.

Cela fait bien longtemps que les hôtes américains n'avaient pas vu leurs homologues russes se montrer aussi aimables envers eux. Lundi tard dans la soirée, rencontrant les journalistes américains, Robert Gates se disait déjà étonné de l'accueil bienveillant que leur avaient réservé, à lui et Condoleezza Rice, MM. Poutine et Medvedev. D'après le chef du Pentagone, l'entretien avec Vladimir Poutine a permis de lever l'incompréhension entre Moscou et Washington.

La principale exigence de la Russie consiste à ce que les Etats-Unis fixent par écrit toutes les propositions qu'ils avaient eux-mêmes avancées en octobre dernier. Premièrement, les ouvrages du bouclier antimissile ne seront pas mis en exploitation (par exemple, les missiles intercepteurs ne seront pas placés dans les puits) avant que les Etats-Unis n'obtiennent la confirmation que l'Iran possède des missiles balistiques capables d'atteindre l'Europe. Deuxièmement, le radar contrôlant les tirs de missiles n'aura pas la possibilité d'observer des cibles se trouvant sur le territoire russe. Troisièmement, les spécialistes russes doivent obtenir l'accès aux sites ABM en République tchèque et en Pologne.

Les présidents Poutine et Bush pourront entériner les ententes intervenues en matière de bouclier antimissile ainsi que le "document final" conjoint dès début avril, lors de leur rencontre prévue au cours du sommet de l'OTAN à Bucarest. Pour l'administration américaine, il est extrêmement important que ce sommet soit un succès. C'est pourquoi, selon le quotidien Kommersant, outre les concessions concernant le bouclier antimissile, Washington est prêt à faire d'autres compromis. Et notamment, à ne pas passer en force sur la question de l'octroi d'un plan d'action pour l'adhésion à l'Alliance de l'Atlantique Nord à la Géorgie et à l'Ukraine.

La Maison Blanche estime que l'adhésion d'anciennes républiques soviétiques à l'OTAN restera une priorité pour le prochain président américain, c'est pourquoi la Géorgie et l'Ukraine pourront être invitées à l'Alliance lors du prochain sommet. Quant à George W. Bush, il a aujourd'hui des problèmes bien plus urgents à résoudre.

Kommersant

Gazprom va explorer trois gisements en Bolivie

Le monopole russe du gaz a reçu la possibilité d'effectuer la prospection géologique de trois gisements en Bolivie en signant un accord en ce sens avec la compagnie pétrogazière publique Yacimientos Petroliferos Fiscales Bolivianos (YPFB), lit-on mercredi dans le quotidien Kommersant.

Gazprom estime que ces petits gisements de gaz ne sont pour elle qu'un premier pas dans la mise en valeur du sous-sol bolivien. Mais les analystes considèrent que les investissements dans ce pays présentent trop de risques en raison du coût élevé de la prospection géologique et de la situation politique instable.

Gazprom ne cite pas même la somme approximative de ces investissements dans l'exploration des trois champs (Sunchal, Acero et Carohuaicho) situés dans le département de Tarija, mais, selon Stanislav Tsygankov, directeur du département de l'activité économique extérieure du monopole du gaz, il est question de milliards de dollars.

En été 2006, le président de l'YPFB avait déclaré que Gazprom envisageait d'investir environ 2 milliards de dollars dans l'industrie du gaz de la Bolivie. Mais le monopole n'avait alors pas confirmé cette information, déclarant de manière évasive qu'il n'y avait encore aucun projet concret. A présent, Gazprom ne manifeste son intérêt plus seulement pour les gisements de gaz. Comme l'a fait savoir une source du quotidien Kommersant à Gazprom, le monopole étudie également des projets d'extraction du pétrole et dans le secteur de l'électricité.

Les experts considèrent avec prudence les plans du géant gazier russe. Vitali Krioukov du groupe d'investissement Kapital fait remarquer que la plupart des gisements boliviens sont presque épuisés et ne présentent aucun intérêt. "Il se peut que Gazprom s'intéresse aux ressources futures de la Bolivie, mais, pour assurer leur extraction, il faut effectuer d'importants investissements dans la prospection. Bien plus, l'utilité de la mise en valeur de ces ressources est douteuse en raison de leur quantité insignifiante et des risques géologiques élevés", indique l'analyste.

Il faut y ajouter des risques politiques. Le 1er mai 2006, le président bolivien Evo Morales avait annoncé la nationalisation de toutes les ressources d'hydrocarbures. Gazprom figurait parmi les premières compagnies à arriver dans ce pays après la nationalisation. Cependant, un nouveau conflit y a éclaté: entre le centre fédéral et quatre départements (provinces), dont celui de Tarija. Les régions désapprouvent la nouvelle constitution bolivienne et le versement des recettes provenant de l'exportation d'hydrocarbures au budget fédéral.

D'ailleurs, selon Konstantin Tcherepanov de la banque d'investissement CIT Finance, Gazprom "sait bien ce qu'elle fait, et la compagnie se rend compte de tous les risques éventuels". L'analyste estime que le monopole du gaz ne se hâtera probablement pas d'investir des sommes importantes dans les projets boliviens et que son activité en Bolivie dépendra de l'efficacité du premier projet. S'il s'avère rentable, Gazprom pourrait mettre en valeur d'autres ressources énergétiques en Bolivie et envisager de construire des gazoducs dans ce pays, estime M. Tcherepanov.

RBC Daily

L'Europe de l'Est attise les tendances antirusses

Le gouvernement tchèque envisage d'augmenter les effectifs du service de renseignement du pays en raison de la menace émanant de la Russie, annonce mercredi le quotidien RBC Daily.

Les experts se déclarent étonnés par les décisions de Prague, qui s'apprête à protéger le secteur énergétique tchèque contre son principal fournisseur de pétrole et de gaz.

L'hystérie est-européenne au sujet des "agresseurs russes" et les complexes liés à "l'occupation soviétique" sont loin d'être quelque chose de nouveau, mais cette fois-ci, si la population tchèque est certaine de "l'agressivité" de la Russie, ceci contribuera à promouvoir une série de projets impopulaires dans le pays, comme le déploiement du bouclier antimissile américain (ABM).

Les effectifs des agents de renseignement devront être élargis de quelques dizaines de personnes, même s'il est encore difficile de comprendre comment un accroissement aussi modeste pourra protéger le pays contre la "menace venant de l'Est".

Moscou a toujours rejeté les accusations selon lesquelles il utiliserait la "matraque énergétique". En effet, les Etats européens ne peuvent sans doute pas reprocher aux compagnies énergétiques russes le non-respect des conditions des livraisons de pétrole et de gaz. Bien que les thèmes de la neutralisation de la dépendance vis-à-vis de la Russie et de la création de nouveaux itinéraires de livraison de pétrole et de gaz sans la participation de la Russie soient examinés lors de nombreux sommets et entretiens entre les ministres de l'énergie de l'Union européenne, il n'y a, jusqu'à présent, aucune raison réelle de s'inquiéter.

Les experts font ressortir l'illogisme manifeste de la décision du gouvernement tchèque. "Je ne vois aucun lien entre le fait que la Russie "joue de ses muscles énergétiques", à ce qu'on prétend, et les activités du service de renseignement tchèque. Quelqu'un doit avoir une imagination trop développée", a indiqué à RBC Daily Zdzislaw Lachowski, expert de l'Institut international de Recherche sur la Paix de Stockholm.

Qui plus est, l'accord entre Gazprom et la compagnie tchèque Transgas, assurant la fourniture de produits énergétiques dans le pays, est valable jusqu'à 2035, et la Russie n'a jamais rattaché les divergences entre Moscou et Prague concernant le radar américain à la question des livraisons énergétiques vers la République tchèque.

Les Etats d'Europe de l'Est ont des tendances paranoïaques artificiellement attisées au sujet de Moscou, tendances qui n'ont aucune explication raisonnable. Le document est appelé à ranimer les tendances antirusses dans la société tchèque, afin de simplifier la mise en oeuvre de projets peu connus et mal compris de la population, tels que le déploiement du radar américain, explique Sergueï Mikheïev, directeur adjoint du Centre des technologies politiques.

Ces articles sont tirés de la presse et n'ont rien à voir avec la rédaction de RIA Novosti.

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