Revue de la presse russe du 14 mars

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MOSCOU, RIA Novosti

Gazeta.ru/ Moskovski komsomolets

La Douma bredouille une réponse à l'indépendance du Kosovo

Les députés de la Douma (chambre basse du parlement russe) ne se sont finalement pas risqués à reconnaître l'indépendance de l'Abkhazie, de l'Ossétie du Sud et de la Transnistrie, alors que la réponse qu'ils ont donnée à l'indépendance du Kosovo est pour le moins ambiguë, lit-on vendredi dans les quotidiens Gazeta.ru et Moskovski komsomolets.

Les participants aux débats parlementaires ont adopté des recommandations en évitant toute allusion à la souveraineté, mais ont demandé au gouvernement russe d'ouvrir des missions diplomatiques dans les républiques.

"La résolution est rédigée de façon à laisser aux autorités russes un champ de manoeuvre, pour que chacun puisse l'interpréter comme il le souhaite, a fait remarquer Alexeï Vlassov, vice-directeur du Centre d'étude des processus sociopolitiques dans l'espace postsoviétique. Il était clair que les parlementaires n'adopteraient pas une résolution susceptible de pousser le Kremlin à reconnaître ces trois Etats".

Selon l'expert, les députés ont toutefois montré que le Kremlin était intéressé, à moyen terme, par une extension des contacts.

Les optimistes estiment que la reconnaissance de l'indépendance prendrait six mois, les pessimistes évoquent la variante de Taïwan supposant l'existence de représentations économiques, alors que presque personne ne reconnaîtra ces Etats, indique Alexeï Vlassov.

"On ne peut adopter une attitude envers les républiques non reconnues sans tenir compte de la situation aux frontières de la Russie, explique Mikhaïl Alexandrov, chef du département du Caucase de l'Institut des pays de la CEI de l'Académie russe des sciences. L'OTAN se rapproche vertigineusement de nos frontières, et ces territoires sont une sorte d'instrument de pression. Voilà pourquoi Moscou ne fait pas de démarches résolues concernant l'Abkhazie et l'Ossétie du Sud. Si la Russie les reconnaît, rien ne retiendra plus le désir de la Géorgie d'adhérer à l'OTAN".

"D'autre part, souligne Mikhaïl Alexandrov, la Russie ne peut pas refuser de reconnaître le Kosovo tout en reconnaissant l'Abkhazie et l'Ossétie du Sud. Dans ce cas, toute la diplomatie russe s'effondrerait. Moscou ne reconnaîtra probablement pas formellement ces républiques dans un avenir proche, en préférant l'extension de la coopération économique. Nous sommes déjà en présence des premiers pas dans ce sens: la Russie est prête à impliquer l'Abkhazie dans la construction des ouvrages olympiques à Sotchi".

Nezavissimaïa gazeta/Vremia novosteï

L'ABM américain s'étend toujours davantage

Des informations faisant état de consultations secrètes entre Washington et Ankara sur le déploiement de radars sur le territoire turc ont été diffusées jeudi, notent vendredi les journaux Nezavissimaïa gazeta et Vremia novosteï.

Si ces informations sont confirmées, ceci compliquera les négociations russo-américaines prévues pour les 17 et 18 mars à Moscou dans le format "deux plus deux", et ne manquera pas de constituer une nouvelle source de tension entre la Russie et les Etats-Unis.

Le bouclier antimissile (ABM) est l'un des plus importants problèmes abordés lors de ce genre de rencontres. Moscou insiste sur le fait que les projets américains de déploiement forcé de la base antimissile européenne, sous prétexte de se protéger contre la menace émanant de l'Iran, sont injustifiés. Les spécialistes russes estiment que Téhéran ne disposera pas, dans une perspective à moyen terme, de missiles d'une portée suffisante pour pouvoir menacer les Etats-Unis et l'Europe, et que l'objectif réel de ce système consiste à contrer le potentiel russe de dissuasion nucléaire.

Si la troisième région de positionnement [américaine] est créée, le radar en République tchèque balaiera le territoire russe jusqu'à l'Oural et les missiles intercepteurs, qu'il est prévu d'installer en Pologne, seront à même de représenter une menace pour l'arsenal russe.

Les experts ne cachent pas leur scepticisme face aux perspectives de la rencontre à Moscou entre la secrétaire d'Etat américaine Condoleezza Rice, le chef du Pentagone Robert Gates, le chef de la diplomatie russe Sergueï Lavrov, et le ministre russe de la Défense Anatoli Serdioukov. "Les consultations consistent en un processus d'éclaircissement par les parties de leurs positions et en une recherche de variantes de compromis, mais pour l'instant, on a l'impression que l'administration républicaine fait tout pour empêcher que le successeur de George W. Bush à la Maison-Blanche puisse faire machine arrière".

Le premier vice-président de l'Académie russe de sécurité, de défense et d'ordre juridique Viktor Essine explique pour sa part: "Si ces systèmes sont destinés à se protéger contre les missiles iraniens, il serait sans doute plus raisonnable pour le Pentagone de déployer en Turquie ses systèmes THAAD, qui sont actuellement dans la phase des essais en vol. Ce sont eux qui sont capables d'abattre des missiles en phase initiale de vol".

Vedomosti

Norilsk Nickel accroît ses ressources de matières premières

Le groupe minier et métallurgique russe Norilsk Nickel (Nornickel) a obtenu le droit de mettre en valeur le terrain d'Iisk-Tagul, riche en nickel et situé dans la région d'Irkoutsk (Sibérie orientale), qu'il exploitera avec l'anglo-australien BHP Billiton, fait savoir vendredi le quotidien Vedomosti.

Les intérêts du holding russe ont été représentés aux enchères par la Compagnie de nickel du Saïan oriental. Le prix de départ ayant été fixé à 110 millions de roubles (près de 3 millions d'euros), Norilsk Nickel, premier producteur mondial de nickel, bien placé également pour les platinoïdes et le cuivre, déboursera presque sept fois plus: 726 millions de roubles (près de 20 millions d'euros).

Selon les conditions de la licence, un combinat d'enrichissement minier doit être construit d'ici 12 ans sur le terrain d'Iisk-Tagul. La licence est délivrée pour 25 ans. Les réserves prouvées et probables de nickel du géant russe s'élèvent actuellement à 6 millions de tonnes (données JORC, au 31 décembre 2006), et ses réserves prospectées et déterminées à 10,6 millions de tonnes.

On suppose que le terrain d'Iisk-Tagul recèle 7,5 millions de tonnes de nickel (contenu moyen - 0,5%), 3,5 millions de tonnes de cuivre (0,2%) et 750 tonnes de métaux du groupe du platine (0,5 à 2,5 g/t).

On attendait, parmi les prétendants, Severstal et certaines structures de BasEl, mais ils ne se sont pas présentés aux enchères. Un représentant de BasEl contacté par le journal s'est borné à indiquer que la compagnie n'avait pas participé aux enchères "pour des raisons commerciales".

L'actif acheté relativement peu cher par Norilsk Nickel lui permettra d'extraire dans 10 ans 50.000 à 100.000 tonnes de nickel par an, fait remarquer l'analyste d'UBS Alexeï Morozov.

Norilsk Nickel pourrait transmettre cette licence à la coentreprise créée avec la compagnie BHP Billiton il y a quelques années, estime Denis Morozov, directeur général du géant russe du nickel. En tout cas, la prospection du gisement sera effectuée et financée en commun par les deux compagnies. Cela demandera environ trois ans et 2,5 milliards de roubles (près de 68 millions d'euros). De plus, Norilsk Nickel aura accès aux technologies de BHP Billiton, fait remarquer Denis Morozov.

Kommersant

Guerre du gaz Moscou-Kiev: Timochenko remporte une bataille...

Les ententes intervenues entre Gazprom et Naftogaz Ukraïny entérinent la récente victoire tactique de Ioulia Timochenko, indique vendredi le quotidien Kommersant.

L'intermédiaire UkrGazEnergo disparaît du schéma des livraisons de gaz à compter du 1er mars, RosUkrEnergo suivra son exemple d'ici quelques mois. Mais en échange de cette concession, Gazprom a prévenu qu'il nivellerait les prix du gaz russe et centrasiatique dès 2009. Résultat, la fermeté des principes politiques de leur première ministre reviendra aux consommateurs ukrainiens à 3,3 - 6,6 milliards de dollars supplémentaires.

La Russie a satisfait toutes les exigences de la chef du gouvernement ukrainien, Ioulia Timochenko: la société UkrGazEnergo (appartenant à parts égales à RosUkrEnergo et Naftogaz Ukraïny) a été exclue du schéma des livraisons et le pays achètera du gaz centrasiatique bon marché jusqu'à la fin de l'année. Mikhaïl Kortchemkine, directeur d'East European Gas Analysis, estime que Ioulia Timochenko a remporté ce combat entre la Russie et l'Ukraine mais que "la guerre ne fait que commencer": elle sera consacrée à la lutte pour les contrats pour 2009. A l'heure actuelle, Gazprom s'est tout simplement assuré un transit normal via l'Ukraine jusqu'à la fin de l'année et des recettes record grâce aux exportations vers l'Europe, souligne l'expert.

Janos Petöfi, directeur général de Magyar GT, a qualifié la victoire de l'Ukraine "d'exclusivement politique". Selon lui, Gazprom a à présent le champ libre sur le marché ukrainien, même en y occupant seulement 10%.

En outre, ajoute M. Petöfi, le monopole n'a plus aucune raison de retenir artificiellement la croissance du prix du gaz pour l'Ukraine. Les pays d'Asie centrale, principaux fournisseurs initiaux pour l'Ukraine, aident déjà activement Gazprom à justifier sa brusque croissance. Au cours des négociations de mardi, Gazprom a soutenu l'établissement des prix du gaz centrasiatique au niveau européen, frais de transport déduits, dès 2009. Des sources du Kommersant au sein de Turkmengaz ont alors indiqué que le pays [le Turkménistan] souhaitait être payé entre 250 et 270 dollars les mille mètres cubes à la frontière avec l'Ouzbékistan. Jeudi, le président de Kazmounaïgaz Ouzakbaï Karabaline a fait savoir que le Kazakhstan envisageait d'augmenter les prix à la frontière russe de 60-70% par rapport à l'année dernière, pour atteindre jusqu'à 200-210 dollars les mille mètres cubes.

Dans ce cas-là, le gaz pour l'Ukraine coûtera en 2009 entre 240 et 300 dollars les mille mètres cubes, et ce, sans même prendre en compte la marge de Gazprom. C'est-à-dire que les consommateurs finaux devront payer entre 3,3 et 6,6 milliards de dollars supplémentaires si les importations se maintiennent à hauteur de 55 milliards de mètres cubes. M. Kortchemkine est lui aussi d'avis que l'année prochaine, Gazprom augmentera les prix du gaz pour l'Ukraine: d'après l'expert, le pays ne pourra éviter ceci qu'en augmentant la part du monopole russe sur son marché intérieur.

Ces articles sont tirés de la presse et n'ont rien à voir avec la rédaction de RIA Novosti.

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