La compagnie indienne participe déjà à Sakhaline-1 (20%). Les responsables d'ONGC avaient maintes fois déclaré qu'ils avaient l'intention d'acquérir dans Sakhaline-3 la part maximale autorisée par la législation russe: 49%. Les autorités russes avaient réagi, pour l'essentiel, positivement, mais de façon évasive, sans rien promettre. A présent, la situation a changé. Sakhaline-3 comprend quatre blocs: Vostotchno-Odoptinski, Aïachski, Veninski et Ioujno-Kirinski. Le secteur Ioujno-Kirinski est l'objet le plus important. Les ressources de tous les blocs sont évaluées à plus de 600 millions de tonnes de combustible conventionnel. Le bloc Veninski est déjà exploité par Rosneft.
Deux compagnies publiques russes - Gazprom et Rosneft - luttent pour les trois autres blocs de Sakhaline-3. Une source du quotidien Kommersant dans un des ministères concernés a exprimé la certitude que la décision de transmettre Sakhaline-3 à Gazprom pouvait "être considérée comme prise". Selon cette source, Gazprom choisira ensuite lui-même des partenaires pour l'exploitation des différents blocs.
Au ministère des Ressources naturelles, on indique que le mécanisme de transfert des gisements aux nouveaux propriétaires n'a pas encore été élaboré. "Nous jugeons utile de vendre Sakhaline-3 aux enchères", précise-t-on.
Valeri Nesterov, analyste de la société d'investissement Troïka Dialog, fait remarquer que le coût de la mise en valeur des gisements s'accroît en Russie, tandis que, parallèlement, ceux-ci s'épuisent. "C'est pourquoi la politique à l'égard des participants étrangers pourrait être adoucie", estime-t-il. L'Inde qui dispose d'importantes ressources financières avait déjà manifesté son souhait d'investir dans le secteur pétrogazier russe environ 25 milliards de dollars, rappelle M. Nesterov. Toutefois, pour l'instant, les projets indiens doivent être considérés plutôt comme une perspective lointaine, dit-il.
Denis Borissov du groupe d'investissement Solid indique quant à lui que la consommation de pétrole en Inde dépasse les volumes d'extraction, sur fond d'augmentation de la demande d'une année sur l'autre, et qu'il est par conséquent peu probable qu'elle puisse satisfaire ses besoins grâce à ses propres ressources. "Dans le choix du partenaire indien pour les compagnies publiques russes, un rôle important a pu être joué par des facteurs non seulement économiques, mais aussi géopolitiques, entre autres, par la coopération entre la Russie et l'Inde dans le secteur militaro-industriel", estime l'analyste.
Cet article est tiré de la presse et n'a rien à voir avec la rédaction de RIA Novosti.