Au cours de sa visite à Bruxelles, elle a présenté le projet de gazoduc White Stream, qui pourrait passer sous les mers Caspienne et Noire puis se diriger vers l'Ukraine et l'Europe. Selon la chef du gouvernement ukrainien, cette variante sera bien meilleur marché et plus efficace que Nabucco.
L'itinéraire du gazoduc Nabucco, d'une longueur initialement prévue de 3.300 kilomètres et d'une capacité de 31 milliards de mètres cubes, commence en mer Caspienne, passe par l'Azerbaïdjan, la Géorgie, sous la mer Noire puis se dirige vers la Turquie, la Bulgarie, la Roumanie, la Hongrie et l'Autriche. Le coût minimal de la construction est estimé à 5 milliards d'euros, dont la majeure partie devrait déjà être déboursée cette année par l'Union européenne. Le projet réunit l'autrichien OMV, le bulgare Bulgargaz, le roumain Transgaz, le hongrois MOL et le turc Botas.
La variante ukrainienne prévoit également de débuter la construction du gazoduc en mer Caspienne mais propose après la Géorgie de le diriger vers la Crimée et seulement ensuite vers l'Europe. La capacité de ce pipeline est également prévue à hauteur de 30 milliards de mètres cubes.
Iouri Boïko, vice-président du comité parlementaire pour le secteur énergétique, se montre sceptique envers cette nouvelle idée. "L'Ukraine n'a pas procédé à une évaluation sérieuse de ce projet, et qui plus est, le concept même de création du White Stream a été rendu public pour la première fois hier", explique-t-il. M. Boïko craint que la réaction des pays tiers, eux aussi impliqués dans la lutte pour les ressources énergétiques de la Caspienne, ne puisse avoir des conséquences négatives à long terme pour l'Ukraine.
"L'Ukraine est un pays avec une situation politique instable et qui, du point de vue de l'Europe, n'est pas un pays transitaire fiable après les événements de 2006", note Valeri Nesterov, analyste de Troïka Dialog. La politique mondiale actuelle se fonde, selon lui, sur le principe de la sécurité énergétique et l'UE n'économisera pas, dans une perspective à court terme, au détriment de la stabilité énergétique.
Le plus probable est qu'en cas d'approbation de ce projet, l'Ukraine devra s'attendre à des mesures sévères de la part de la Russie et des pays participant au projet Nabucco, avertit Alexandre Kouznetsov, analyste de la compagnie d'investissement Prospekt. La motivation de Mme Timochenko n'est pas claire, selon lui, car après la mise en oeuvre du projet White Stream, le gaz reviendra plus cher à l'Ukraine. Les pays asiatiques pourront augmenter le prix du combustible qui pourra alors atteindre le prix mondial, estime l'expert.
Cet article est tiré de la presse et n'a rien à voir avec la rédaction de RIA Novosti.