Les membres du Congrès seront mis au courant de la situation en Irak

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Par Elena Chesternina, RIA Novosti
Par Elena Chesternina, RIA Novosti

Les auditions sur la situation en Irak commencent au Congrès américain. Les rapporteurs principaux sont le général David Petraeus, commandant en chef de la force multinationale en Irak, et l'ambassadeur des Etats-Unis à Bagdad Ryan Crocker. Le financement ultérieur de l'opération militaire dépend du caractère convaincant de leurs rapports : la maison Blanche a demandé aux législateurs d'allouer 147 milliards de dollars. Ce problème doit être réglé le plus vite possible, d'ici le 1er octobre, jour du début officiel de l'exercice financier 2008 en Amérique.

Un autre problème (bien plus important) se posait initialement : les délais du retrait des troupes américaines. Les opposants démocrates à l'administration actuelle qui jouent la "carte irakienne" en vue de remporter la présidentielle de 2008 insistent sur le retrait des troupes. D'ailleurs, peu avant les auditions, il est devenu clair que, même si les démocrates posaient la question des délais, ils n'auraient pas de chances de réussir, car ils n'arriveront pas à s'assurer le soutien nécessaire au congrès, même dans les meilleures circonstances.

Des fuites sur le document de 100 pages qui fait l'objet des auditions à la réunion commune spéciale du comité des forces armées et de la commission des affaires étrangères de la chambre des représentants du congrès ont filtré dans la presse américaine quelques jours avant le début officiel des auditions. Leur essence se réduit à ceci : l'accroissement de la présence militaire américaine (au début de l'année, environ 30.000 soldats et officiers ont été envoyés en renfort en Irak, ce qui a porté les effectifs du contingent américain à 168.000 hommes) a donné des "résultats positifs". Les auteurs du document citent la "normalisation de la situation dans la province irakienne d'Anbar". Il est vrai, cette normalisation est, comme ils l'ont précisé, "relative". Dans l'ensemble, "le processus de règlement politique en Irak retarde sur ce qui se produit dans le domaine de la sécurité, ce qui ne peut pas ne pas susciter l'inquiétude". Les coauteurs accusent le gouvernement irakien dirigé par Nouri al-Maliki du fait que la situation ne se développe nullement comme le voudraient les contribuables américains.

Les sondages d'opinion réalisés aussi bien en Irak qu'en Amérique attestent que MM. Petraeus et Crocker essaient d'enjoliver la situation (d'ailleurs, ce dernier s'est prononcé en 2003 contre l'intervention armée). Plus de la moitié des Irakiens déclarent que l'accroissement des forces américaines "s'est répercuté négativement sur la sécurité". En Amérique, le tableau est pire : 60% des sondés ne voient "aucune amélioration".

Néanmoins, les républicains peuvent célébrer la victoire, du moins, intermédiaire. Les démocrates qui avaient exigé jusque-là le retrait des troupes d'Irak dans les plus brefs délais ont décidé d'attendre avant de lancer une offensive décisive. Quant à Joseph Biden, président de la commission sénatoriale des affaires étrangères et candidat à la présidence, il comprend parfaitement qu'il est peu probable que sa proposition soit acceptée dans les conditions actuelles, mais promet d'insister sur les délais précis du début du retrait des troupes. Nancy Pelosi, leader de la majorité démocrate à la chambre des représentants, s'exprime plus franchement : "Nous ne recueillerons pas les 60 voix nécessaires pour contraindre la Maison Blanche à annoncer la date du retrait des troupes d'Irak". Par conséquent, les démocrates n'ont rien d'autre à faire qu'à accepter des compromis : le retrait de 4000 hommes proposé par le général David Petraeus. Certes, c'est un chiffre symbolique, mais c'est mieux que rien.

Il y a une autre variante : sans annoncer officiellement le retrait des troupes, le Pentagone réduira progressivement ses effectifs, en prolongeant la période de rotation : autrement dit, ne remplaçant pas les militaires qui ont achevé leur service par de nouveaux renforts. Les démocrates qualifieront cela de "début du retrait des troupes" et l'administration Bush, de "continuation de la politique appliquée". En fin de compte, selon les estimations des spécialistes, l'année prochaine, les effectifs des troupes américaines seront ramenés au niveau du début de 2007.

Et pourtant, cette décision de compromis n'est pas une variante susceptible de convenir aux démocrates, avant tout, à Hillary Clinton, leader de la course à la présidence. Les électeurs ne manqueront pas de lui rappeler qu'elle a changé souvent ses propres points de vue sur la campagne irakienne : en 2003, elle a voté pour l'introduction des troupes, ensuite, elle a affirmé que la guerre était certainement une erreur, mais que le retrait du contingent serait prématuré. A présent, elle se prononce pour le retrait immédiat d'Irak, en essayant de gagner les voix des électeurs las d'apprendre chaque jour le nouveau bilan des pertes essuyées. D'après les dernières données, 3.742 Américains ont été tués et plus de 27.000 autres blessés depuis le début de l'opération armée.

Les opinions exprimées dans cet article sont laissées à la stricte responsabilité de l'auteur.

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